Il pensait rouler en Ferrari F430, mais sa voiture cachait un secret qui allait lui coûter cher

Publié le 28 octobre 2026 à 18:00
Retour aux sources - Ferrari F430 (2004) : ce petit truc en plus...

À Asti, une Ferrari F430 un peu trop parfaite a attiré l’attention de la Guardia di Finanza. Derrière cette Toyota MR2 maquillée, une affaire de contrefaçon explosive.

À Asti, dans le nord de l’Italie, une Ferrari rouge a fini compressée au fond d’une casse selon rainews.it. Ou plutôt ce qui ressemblait à une Ferrari F430 : sous la carrosserie se cachait en réalité une Toyota MR2 entièrement métamorphosée. La justice italienne a tranché : ce clone de supercar relevait de la contrefaçon, pas du simple tuning.

L’affaire intrigue parce que la transformation avait été poussée très loin, jusque dans les proportions de la carrosserie et l’ambiance à bord, pour coller au style d’une F430 signée Pininfarina. Elle révèle surtout jusqu’où les autorités et Ferrari vont pour protéger l’image du Cavallino Rampante, quitte à envoyer à la presse un signal très spectaculaire.

Une fausse Ferrari F430 construite sur base de Toyota MR2

À l’origine, la voiture est une Toyota MR2 Coupé à moteur central, un petit modèle japonais bien plus modeste qu’une supercar italienne. La coque a été refaçonnée pour copier les lignes d’une Ferrari F430 produite entre 2004 et 2009, avec passages de roue élargis, nouveaux boucliers, doubles sorties d’échappement et écussons Ferrari rivetés un peu partout.

Ferrari F430 (2004) © YANN LEFEBVRE / ERAS

Il y a quelque chose de très actuel quand on la regarde, de presque moderne.

Les signes distinctifs ne s’arrêtaient pas là : jantes spécifiques, pinces de freins peintes, capot avant et arrière modifiés, volant typé Ferrari… Lors d’une expertise, des techniciens de Ferrari ont confirmé que l’ensemble formait une imitation complète d’un modèle protégé. Sur cette base, une procédure pénale pour contrefaçon de marque a été ouverte contre le propriétaire.

Du contrôle routier à la casse : le parcours judiciaire de la MR2-F430

Tout commence en novembre 2022, lors d’un banal contrôle de la Guardia di Finanza à Asti. Les agents du Nucleo di Polizia Economico-Finanziaria s’étonnent des papiers d’une Ferrari censée être beaucoup plus récente et découvrent que le châssis correspond en réalité à une Toyota. La voiture est alors placée sous séquestre pénal et immobilisée dans un dépôt.

Une série d’expertises est menée, jusqu’à la décision du Tribunal d’Asti qui prononce la confiscation définitive. Fin juin 2025, la MR2-F430 est envoyée dans une casse, où la démolition a lieu en présence de représentants de Ferrari et des enquêteurs. Pour les autorités, l’objectif est de défendre le Made in Italy et de dissuader d’autres clones trop convaincants.

Répliques de supercars : où s’arrête le tuning, où commence la contrefaçon ?

L’histoire de cette MR2 déguisée montre la ligne rouge : imiter vaguement le style d’une sportive reste du personnalisation, reproduire un modèle précis avec ses logos fait basculer dans la contrefaçon de marque. En Italie, ces situations relèvent notamment de l’article 473 du Code pénal et de règles européennes sur la propriété intellectuelle.

La Toyota MR2, petit coupé japonais, sert depuis longtemps de base à des répliques artisanales de Ferrari F355 ou 360 Modena, parfois saisies elles aussi. L’affaire envoie un message aux amatrices de tuning : jouer avec la carrosserie reste possible, mais coller le nom, les blasons et les lignes exactes d’une icône peut coûter une voiture entière, voire des poursuites.

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