Installer un moteur d'Opel dans une Ferrari ? Un passionné allemand a osé l'impensable

Publié le 28 octobre 2026 à 08:30
Mis à jour le 28 octobre 2026 à 12:04
ferrari f355

En Allemagne, une Ferrari F355 GTS a troqué son V8 de Maranello pour un cœur Opel. Derrière ce choix radical se cachent cinq ans de travail et une polémique tenace.

Ce qui ressemble à une mauvaise blague de parking souterrain existe réellement : en Allemagne, une vraie Ferrari F355 GTS roule avec un moteur Opel. Sous la verrière typique du V8 italien se cache désormais un quatre cylindres turbo de 2,0 litres venu d’une Astra, préparé pour délivrer autour de 600 chevaux. Une hérésie pour les puristes, un fantasme pour les fans de préparation.

La base n’est pas une réplique kitsch, mais un F355 GTS authentique, l’un des coupés-cabriolets V8 les plus emblématiques des années 90, recherché en boîte manuelle. Cet exemplaire avait été lourdement accidenté, mais son V8 3,5 litres atmosphérique d’environ 381 ch était resté intact. Le propriétaire a pourtant décidé de l’écarter, jugeant la puissance "trop sage" et la préparation turbo sur base Ferrari trop coûteuse et délicate à fiabiliser.

Une Ferrari sauvée de la casse, transformée en laboratoire roulant

Le choix a aussi été guidé par la réalité de l’entretien. Sur un F355, la courroie de distribution impose de sortir le moteur tous les trois ans, une opération longue et chère. Pour un passionné de mécanique qui voulait rouler fort et souvent, l’idée d’un groupe Opel robuste et facilement réparable avait donc du sens, surtout à une époque où la cote du F355 était encore bien plus basse qu’aujourd’hui.

L’auto a été confiée à Vmax Performance, préparateur installé à Borken depuis 1997, connu à l’origine pour son travail sur les Opel sportives. L’équipe avait déjà monté un moteur "LET" de plus de 800 ch dans une BMW M3 E30, ce qui a rassuré le propriétaire sur la faisabilité d’un tel swap dans une Ferrari à moteur central.

Sous le capot, un Opel Z20LET très loin de la configuration d’origine

Le cœur de ce swap Opel Z20LET n’a plus grand-chose à voir avec un simple moteur d’Astra turbo. La base est un bloc C20LET renforcé, coiffé d’arbres à cames spécifiques et de soupapes agrandies. Pour encaisser les forces en usage circuit, la lubrification passe par un système de carter sec, une solution habituellement réservée aux voitures de course.

Un gros turbo Garrett GT3588R souffle dans l’ensemble, avec une puissance visée entre 600 et 700 ch, soit presque le double de la cavalerie Ferrari d’origine, et un potentiel annoncé encore supérieur avec d’autres configurations. Le quatre cylindres reste accouplé à la boîte manuelle et à la ligne d’échappement du F355, non sans dégâts au début : deux boîtes auraient rendu les armes avant que la mise au point n’aboutisse à un ensemble fiable.

Cinq ans de chantier en Allemagne, et une polémique qui ne retombe pas

Le projet a pris environ cinq ans, entre les premiers démontages et la voiture roulante. Les grandes étapes ont été racontées à l’époque sur des forums spécialisés comme TechTurkey, par un propriétaire se présentant sous le pseudo "Samy", puis sont restées en sommeil pendant plus d’une décennie. Récemment, la publication de photos sur une page Facebook dédiée aux préparations extrêmes a relancé l’intérêt pour cette F355 pas comme les autres.

Les réactions restent tranchées. Certains passionnés Ferrari parlent d’un sacrilège, rappelant que le V8 de Maranello, capable de grimper au-dessus de 8000 tr/min, fait une grande partie du charme du modèle. D’autres saluent au contraire l’idée d’avoir sauvé de la casse un châssis de F355 GTS en lui offrant une deuxième vie, plus puissante que jamais, avec un moteur d’Opel qui prouve qu’un "downgrade" sur le papier peut se transformer en véritable démon d’efficacité.

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