Il pensait avoir fait une bonne affaire en achetant une Porsche 911 Targa, mais la réalité le rattrape
En 2023, un patron néerlandais paie 150 000 € pour une Porsche 911 Targa d’occasion. Quand les premiers bruits suspects surgissent, une affaire explosive arrive jusqu’au tribunal.
En 2023, le directeur d’une société pétrolière néerlandaise s’offre enfin sa sportive de rêve : une Porsche 911 Targa d’occasion chez le marchand Streetcars, près de Bois‑le‑Duc selon quotenet.nl. La Targa noire de 2018 est facturée 150 000 €, usage pro et perso, présentée comme une voiture sûre, en parfait état, presque au niveau d’un modèle neuf.
Les premiers trajets refroidissent vite l’enthousiasme : toit qui craque, freins qui raclent, climatisation qui siffle. L’acheteur découvre aussi que la voiture a eu plus de propriétaires qu’annoncé. Inquiet, il se tourne vers des centres officiels Porsche aux Pays‑Bas ; dans leurs bases, la Targa apparaît comme schadeauto, gravement accidentée aux yeux de la marque.
Une Porsche 911 Targa presque neuve, vendue au prix fort
Le contrat signé le 29 septembre 2023 lie RF Solutions B.V., la société de l’acheteur, à Streetcars. Le prix, pour un modèle affiché autour de 190 000 € neuve, reste très proche du neuf et reflète un niveau de marché élevé. Avec en plus douze mois de garantie, l’homme estime acheter une 911 haut de gamme parfaitement utilisable au quotidien, pas une ex‑épave remise à flot.
© Porsche
Porsche 911 Targa (2020)
Sur le papier, l’historique semble propre, avec peu de propriétaires selon le vendeur. Sur la route, c’est une autre histoire : toit vitré et mécanisme qui grincent, raclement métallique au freinage, sifflement persistant de la climatisation. Ce décalage entre fiche commerciale et sensations pousse l’acheteur à exiger une inspection complète de la voiture.
L’expertise révèle une schadeauto : la 911 est une ex‑épave
Chez Porsche Centrum Eindhoven puis Porsche Centrum Maastricht, les techniciens consultent le dossier électronique de la Targa. Depuis avril 2020, la voiture y est classée schadeauto après un accident si lourd qu’elle est enregistrée comme irrémédiablement endommagée. Dans le jargon Porsche, ce code proche du written‑off anglo‑saxon signifie que ce coupé‑cabriolet n’entre plus dans le circuit normal des occasions.
Un rapport indépendant de Dekra complète le tableau : épaisseurs de peinture inégales, durite de liquide de refroidissement cabossée, collier de soufflet d’arbre de transmission desserré, support moteur droit défectueux. Les données fiscales néerlandaises révèlent aussi un reste de BPM, la taxe d’immatriculation, de 5 755 € seulement contre 26 763 € à l’origine, indice typique d’une importation d’auto sinistrée.
Vente annulée, remboursement : ce que la justice attend des vendeurs
Selon la décision de la Rechtbank Oost‑Brabant rendue le 14 janvier 2026, la Targa livrée n’était pas conforme au contrat selon le droit néerlandais. Livrer une auto issue d’un accident grave, que le constructeur a sortie de son périmètre de garantie et dont il ne garantit plus l’intégrité, revient à remettre un bien radicalement différent de la sportive promise.
Le tribunal écarte la clause d’exonération de Streetcars, prononce la résolution de la vente, ordonne le remboursement intégral du prix et impose 10 768,22 € de frais de procédure, tout en refusant 3 328,20 € d’assurance et de taxe routière. Pour un prochain achat de sportive, l’affaire donne une feuille de route : exiger un historique constructeur, passer par un expert indépendant, se méfier d’un dossier flou même quand le prix semble cohérent. Le dirigeant néerlandais, lui, a déjà tourné la page : le jugement précise qu’il roule depuis 2024 dans une autre Porsche.














