Partie d'une épave à 350 euros, cette Buick Riviera est désormais estimée plus cher qu'une Bugatti neuve

Publié le 10 juillet 2026 à 07:30
Partie d'une épave à 350 euros, cette Buick Riviera est désormais estimée plus cher qu'une Bugatti neuve

Pendant près de six ans, un préparateur canadien a transformé une vieille Buick Riviera en une création de 900 ch, aujourd'hui plus précieuse que bien des hypercars.

Une vieille Buick Riviera achetée 400 dollars dans les années 2000 qui finit estimée à 3 millions de dollars, soit près de 2,6 millions d'euros : l'histoire a tout du projet de garage improbable. Ce coupé de 1963/1964, devenu le projet baptisé Rivision, vaut aujourd'hui plus qu'une Bugatti neuve, qu'une Ferrari ou qu'une Lamborghini, après environ 22 000 heures de transformation.

Derrière ce grand écart, il y a un Canadien, le préparateur JF Launier, patron de l'atelier JF Kustoms en Colombie‑Britannique. Parti d'une base achetée presque au prix de la ferraille, il a misé bien plus que son temps sur ce projet personnel. Le but n'était pas seulement de faire un showcar, mais d'imaginer la Riviera rêvée des années 60, capable d'aller chercher les hypercars modernes.

Une Buick Riviera à 350 euros et un pari de toute une vie

Au départ, la voiture est une simple Buick Riviera de 1963/1964. Elle a été dénichée pour environ 400 dollars, soit à peine 350 euros. Une somme qui correspond à peu près à un jeu de pneus pour une berline neuve. JF Launier décide pourtant d'en faire son chef‑d'œuvre. Il investit plus de 300 000 dollars (près de 260 000 euros) en pièces et matériaux, contracte un prêt hypothécaire sur sa propre maison puis un autre sur celle de ses parents, et consacre à ce chantier des dizaines de milliers d'heures, étalées sur près de six ans.

Plus qu'une restauration, Launier imagine un concept‑car, comme si Buick avait osé une Riviera encore plus radicale en 1964. Ligne de grand coupé de luxe, performances de supercar et charme d'américaine des sixties : Rivision doit montrer, à elle seule, le niveau de son petit atelier.

22 000 heures de métal martelé pour réinventer la silhouette

Sur la carrosserie, presque rien n'est resté d'origine. La Rivision est élargie d'environ 15 centimètres. Les ailes plus pleines musclent la posture sans tomber dans la caricature. L'arrière adopte un profil "boattail" inspiré d'une Riviera de 1971, avec une lunette arrière en pointe. Chaque panneau de tôle a été formé à la main, sans scan 3D ni modélisation informatique.

Sous la peau, le châssis tubulaire est entièrement spécifique. La position de conduite est plus basse. Les trains roulants sont prévus pour la piste. Roues en aluminium usiné, pare‑chocs, capots, sellerie, planche de bord : presque chaque pièce visible a été redessinée pour ce seul exemplaire.

Un V8 biturbo de près de 900 ch, plus cher qu'une hypercar

Le cœur de la Rivision est un V8 LS de 6,0 litres en fonte. Le bloc est installé à l'avant, mais il est alimenté par deux turbocompresseurs logés à l'arrière. Sans la suralimentation, le moteur délivre déjà environ 500 ch. Avec la suralimentation, la puissance grimpe à près de 900 ch. La vitesse de pointe frôle les 175 mph, soit plus de 280 km/h.

Cette mécanique n'est pas qu'un exercice de style. La voiture a déjà parcouru plus de 2 000 km. Elle participe également à des épreuves d'autocross et a remporté le très convoité Ridler Award au Detroit Autorama. Aperçue aussi dans l'émission Rust Valley Restorers, cette Buick artisanale encore plus exclusive qu'une hypercar de série s'est imposée comme l'une des stars absolues de la culture custom.

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