Occasion - Renault 19 16V (1995) : une sportive analogique à redécouvrir
Longtemps éclipsée par les stars des GTI, la Renault 19 16V de 1995 revient dans le viseur des passionnés. Entre moteur rageur et contraintes modernes, le dilemme mérite réflexion.
La plupart des regards sont déjà braqués sur les 205 GTI, Clio Williams et Golf GTI, avec des cotes qui s’envolent. Dans l’ombre, la Renault 19 16V reste une alternative plus discrète en occasion, surtout en millésime 1995. Compacte familiale à la base, vraie sportive une fois grimée en 16 soupapes, elle coche beaucoup de cases pour qui cherche une youngtimer nerveuse mais encore abordable.
Renault 19 16V : pourquoi elle revient sur le radar ?
On parle ici d’une compacte de 137 ch, boîte mécanique 5, zéro écran et quasi aucune aide électronique : une sportive presque entièrement analogique. En face, la rareté augmente, la corrosion fait son tri, et les nouvelles règles de circulation compliquent le quotidien des essences des années 90. Résultat : acheter une Renault 19 16V demande un peu de méthode… mais le jeu peut en valoir la chandelle. À sa sortie, la 19 16S puis 16V a été éclipsée par la plus sexy Clio 16S/Williams et par les stars du moment comme la 309 GTI 16 ou la Golf GTI. Son style très sage, presque banal, n’a pas aidé. Pourtant, sous la carrosserie de familiale, on retrouve le même 1.8 16 soupapes F7P que la Clio, des performances proches et un vrai tempérament de GTI, avec en prime plus d’espace à bord. La vague youngtimer a changé la donne. Pendant que les icônes 80‑90’s s’arrachent à prix d’or, la 19 16V reste sous‑cotée à équipement équivalent. Les guides d’achat la placent encore en dessous des GTI rivales pour un état similaire, alors que son agrément n’a pas grand‑chose à leur envier. Les beaux exemplaires d’origine commencent toutefois à être chassés par les collectionneurs, ce qui pousse les tarifs des autos propres et peu kilométrées.
Renault 19 16V : fiche technique et sensations très 90’s
En 1995, on est sur la phase 2 restylée, avec moteur 1,8
l F7P catalysé de 1 764 cm³, 137 ch à 6 500 tr/min. Avec
un peu plus d’1,1 tonne seulement, la 19 16V signe un 0‑100 km/h
autour de 8,5 s et frôle 212 à 215 km/h. Le moteur
reste assez timide sous 3 500 tr/min, puis s’anime franchement : il
faut aller chercher la zone rouge et jouer de la
boîte, typique des 16 soupapes atmosphériques. Le châssis
repose sur un train avant pseudo McPherson et un
essieu arrière à 4 barres, avec quatre freins à disques et des
pneus en 195/50 R15. La motricité est remarquable,
le comportement très sûr mais capable de s’ouvrir au jeu avec un
arrière qui "lève la patte" en appui. Le confort reste supérieur à
bien des GTI de l’époque. À bord, sièges baquets
proches de ceux d’une Clio Williams, mais
plastiques durs, bruits parasites et électricité d’humeur
changeante rappellent l’âge de l’auto.
Sur le marché, les estimations historiques sont
dépassées dès qu’une 19 16V se présente en état collection. Un bel
exemplaire de 1995, cinq portes, moins de 113 000km, a ainsi été
proposé récemment au Royaume‑Uni pour 7 995 £,
soit un peu plus de 9 540 €, avec ailes et bas de caisse refaits,
alternateur, démarreur et courroie de distribution neufs. Pour une
voiture de plus de 30 ans, ce genre de dossier de
factures détaillé compte autant que le kilométrage. Le
moteur F7P peut arriver fatigué vers 200 000 km si
vidanges, distributions et refroidissement n’ont pas été
suivis.
Les points noirs sont bien connus : rouille sur bas de caisse, ailes arrière, passages de roue, longerons, plus quelques soucis de faisceau, lève‑vitres ou centralisation. Une visite sur pont et un contrôle technique récent sont indispensables avant de signer. Autre contrainte : une essence de 1995 est non classée Crit’Air, donc de plus en plus exclue des ZFE et des journées de circulation différenciée. La 19 16V devient alors une youngtimer de week‑end idéale pour qui dispose d’un garage hors grande métropole, plutôt qu’une voiture de tous les jours. Si vous êtes intéressés, l'annonce est à retrouver ici.














