Une Porsche 911 oubliée en Espagne retrouve une seconde jeunesse après 14 mois de travail
Longtemps oubliée en Espagne, cette Porsche 964 blanche a trouvé refuge dans un atelier de Hambourg. Quatorze mois plus tard, elle en ressort métamorphosée en projet singulier.
Au départ, ce n'était qu'une Porsche 911 type 964 un peu oubliée en Espagne. Dans l'habitacle, quelque chose attire pourtant l'œil : un drapeau espagnol. Ramenée ensuite à Hambourg, la voiture va changer de vie dans le David Atelier. De cette base fatiguée naîtra Jorge, un projet sur mesure complètement repensé.
Pendant plus de quatorze mois, l'atelier démonte la 964 pièce par pièce pour une restauration complète Porsche 964. Carrosserie mise à nu, mécanique déposée, chaque vis, joint et rondelle passée au crible. L'objectif tient en trois mots : neuf ou mieux. Résultat, la 964 garde son âme classique, mais presque tout ce qui ne se voit pas a changé.
D'Espagne à Hambourg, la 964 blanche qui devient Jorge
La base du projet est une Porsche 964 Carrera 2 blanche, propulsion, en état moyen après sa vie espagnole. Une fois arrivée à Hambourg, elle passe au banc de contrôle, du flat‑six jusqu'au dernier élément de garniture. La coque est corrigée puis préparée pour une nouvelle robe verte. Ce n'est plus un simple rafraîchissement, mais un véritable nouveau départ pour le châssis.

Chaque pièce suit le même protocole : conserver, restaurer ou améliorer seulement si le gain est réel. L'idée n'est pas de transformer la voiture en copie de 964 RS ni en pistarde extrême. Jorge doit rester un coupé pur et communicatif, capable d'encaisser ville comme longs trajets tout en demeurant classique dans l'esprit et plus moderne dans l'exécution.
Moteur, boîte et châssis pour une 964 utilisable tous les jours
Le moteur d'origine, un flat‑six 3,6 litres, est intégralement ouvert puis revu. Culasses retravaillées, soupapes plus grandes et arbres à cames différents modifient sa respiration. La gestion électronique suit pour exploiter ces pièces sans trahir la façon dont le moteur prend ses tours. Au final, Jorge développe autour de 300 ch, nettement plus qu'en sortie d'usine.
La boîte manuelle reçoit un différentiel autobloquant à 40 % et une commande raccourcie. Un volant moteur spécifique, plus léger sans être extrême, rend le flat‑six plus vif tout en restant agréable. Le châssis s'appuie sur des combinés filetés KW V3 avec système HLS hydraulique, réglables et capables de relever la voiture de quelques centimètres. Freins dimensionnés avec des pièces Porsche récentes, jantes BBS Le Mans et pneus Michelin Pilot Sport complètent le tableau dynamique.
Intérieur noir et vert : le sur‑mesure discret de Jorge
L'habitacle a été redessiné pour s'accorder à la nouvelle teinte vert bouteille. La partie supérieure reste noire, la partie inférieure passe au vert, avec une sellerie surpiquée en losanges. Un tapis à boucle vert recouvre plancher et coffre avant pour relier les volumes. Les sièges baquets Recaro Pole Position reprennent ce thème, leurs coques arrière peintes couleur carrosserie.
La banquette arrière disparaît, les panneaux de porte se simplifient et l'ambiance se concentre sur le conducteur. Un pommeau de levier en bois, clin d'œil aux Porsche historiques, fait office de signature. Vue de l'extérieur, Jorge reste sobre, mais un œil averti devine qu'il ne s'agit plus d'une 964 de série.














