Contrefaçon de Ferrari : la police espagnole interpelle un vendeur qui proposait une fausse 360 Spider à 30 000 euros
En Espagne, une Ferrari 360 Spider rouge affichée à 30 000 € a éveillé les soupçons de la police. Derrière cette offre trop belle pour être vraie se cachait une réplique particulièrement soignée.
En faisant défiler les annonces d’une plateforme de véhicules d’occasion, une Ferrari à 30 000 euros, en l’occurrence une 360 Spider rouge, a fait tiquer les enquêteurs espagnols. Un cabriolet Ferrari à ce prix-là, c’est le tarif d’un SUV, pas d’une icône de Maranello. La police nationale a flairé le piège : derrière le rêve accessible se cachait une fraude, démantelée en mai près d’Alicante.
Repérée en avril par la brigade de cybercriminalité de Murcie, l’annonce promettait un exemplaire en "Rosso" à un prix dérisoire. Or ce modèle vaut normalement plusieurs dizaines de milliers d’euros de plus. Les policiers ont ouvert une enquête, remonté jusqu’au vendeur à Elche et placé le véhicule sous surveillance, jusqu’à le voir rouler à El Altet. Restait à comprendre comment un tel faux pouvait paraître si crédible.
Une Ferrari 360 Spider qui ne collait pas au marché
Sur le marché de l’occasion, une Ferrari 360 Spider reste très recherchée. Même les exemplaires au kilométrage élevé dépassent en général les 70 000 €, et les modèles peu roulés grimpent facilement au-delà de 100 000 €. Voir le prix quasiment divisé par deux, photos flatteuses à l’appui, a suffi à alerter les services chargés des fraudes automobiles.
La police nationale espagnole surveille les sites de vente en ligne. Les agents ont obtenu les données du compte vendeur, identifié un homme domicilié à Elche puis monté une filature. Le 8 mai, le faux cabriolet rouge a été localisé près de l’aéroport d’Alicante, à El Altet. Le contrôle routier s’est terminé par la saisie du véhicule et l’interpellation du conducteur, conduit ensuite au commissariat.
De loin un vrai cabriolet, de près une réplique sophistiquée
À l’œil nu, rien ou presque ne trahissait la supercherie : écussons Ferrari sur les ailes, logos Scuderia, drapeaux italiens, lignes de la 360 Spider. Une fois la voiture expertisée, les policiers ont découvert une carrosserie en fibre de verre posée sur le châssis et la monocoque acier d’un véhicule d’une autre marque. La structure répondait aux exigences du contrôle technique, ce qui avait permis au faux bolide d’obtenir une immatriculation apparemment irréprochable.
Pour les autorités, le problème ne venait pas de la sécurité routière, mais de l’usage sans autorisation des marques et du design Ferrari. En reproduisant à l’identique le look d’un 360 Spider, avec Cavallino Rampante, typographie et couleurs officielles, le propriétaire s’expose à des poursuites pour contrefaçon et atteinte aux droits de propriété industrielle. La voiture a été placée sous séquestre, l’homme arrêté puis remis en liberté dans l’attente de la fin de l’enquête, la justice devant encore décider du sort de cette réplique trop fidèle.
Acheter une supercar en ligne sans se faire piéger
L’affaire d’Elche rappelle qu’une supercar "trop abordable" doit immédiatement interroger : écart de prix énorme, vendeur pressé, refus d’un contrôle indépendant.
Avant de craquer pour une supposée Ferrari "pas chère", mieux vaut vérifier l'historique, le numéro de châssis et les papiers auprès d’un spécialiste ou d’un réseau officiel.














