Ferrari : des Japonais trouvent une solution inattendue pour rouler en Ferrari à moindre coût
À Tokyo, des jeunes et des retraités se partagent désormais le volant d'une Ferrari. Reste à comprendre comment ce système d’abonnement automobile redéfinit l’accès au luxe.
À Tokyo, croiser une Ferrari dans les rues n’a rien d’exceptionnel. Ce qui l’est plus, c’est de savoir qu’au volant, ce n’est pas forcément un milliardaire, mais parfois un trentenaire ou même un étudiant qui n’a jamais acheté la voiture. Derrière ce tour de passe-passe se cache un service japonais de copropriété de supercar qui permet de rouler en Ferrari à moindre coût en la partageant à plusieurs...
Ferrari : au Japon, la voiture séduit moins… sauf quand il s’agit de Ferrari
Le principe est simple. Au lieu d’acheter la voiture, cinq personnes co-possèdent une supercar d’occasion, comme une Ferrari 360 Modena, pendant un an. Chacune ne paie qu’une fraction de la dépréciation annuelle du véhicule, plus un forfait qui englobe parking, assurance, entretien et taxes, et dispose de 50 jours d’utilisation par an. Résultat, le rêve Ferrari devient financièrement atteignable, même si le modèle reste sélectif et affiche déjà une longue liste d’attente de plusieurs milliers de noms. Au Japon, le coût d’une voiture explose vite : prix d’achat élevé, stationnement hors de prix dans les grandes villes, assurance salée et entretien rigoureux. Une enquête récente montre qu’environ 33 % des jeunes de 20 ans ne veulent tout simplement pas posséder de voiture, surtout pour des raisons budgétaires. Toyota a d’ailleurs identifié le prix d’achat et les frais fixes comme freins majeurs. La passion pour les sportives, elle, ne disparaît pas. Elle change de forme. Kanji Hiraiwa, 24 ans, a ainsi choisi de devenir co-propriétaire pour un an d’une Ferrari 360 Modena d’occasion plutôt que d’acheter une compacte neuve. Pour sa génération, l’enjeu n’est plus d’avoir un véhicule à soi tous les jours, mais de s’offrir quelques week-ends par an dans une voiture de rêve.
Ferrari : une Ferrari à cinq, gérée comme un club privé
C'est grâce à la plateforme Rendez-Vous, que tout cela
devient possible. La société achète uniquement des modèles
d’occasion soigneusement sélectionnés, de la Ferrari Roma à la Porsche 930 Turbo, puis forme des
groupes de cinq ou six co-propriétaires. Le contrat dure un an,
avec environ 50 jours d’usage par personne,
réservables via une application. Les voitures dorment dans des
garages sécurisés autour de Tokyo, à Aoyama,
Yokohama ou Futakotamagawa, que les membres utilisent comme des
clubs privés. Sur un exemple type, une supercar
achetée 20 millions de yens (environ 122 000 €) et revendue 17
millions de yens (environ 104 000 €) un an plus tard perd 3
millions de yens, soit environ 18 000 € ; à cinq, cela revient à
600 000 yens de dépréciation par personne sur l’année, soit environ
3 700 €, ou un peu plus de 10 000 yens (environ 60 €) par jour
d’utilisation. En pratique, plusieurs offres tournent autour de 40
000 à 60 000 yens par mois (environ 245 à 365 €), tout compris.
Comme le résume le fondateur
Ryota Asaoka : "Le coût de la possession d'une voiture
est trop élevé pour les personnes dans la vingtaine,"
explique-t-il. "Notre espoir est de réduire le fardeau
financier autant que possible afin qu'ils puissent profiter de la
conduite des voitures."
Si la génération Z japonaise constitue le cœur de
cible, Rendez-Vous séduit aussi des profils plus âgés. Un
sexagénaire a ainsi réalisé son rêve de
rouler en
Porsche pour environ 60 000 yens par mois (autour
de 365 €), parking et assurance inclus, en réservant ses créneaux
pour des escapades en bord de mer. Début 2026, le
service revendique déjà plus de cent co-propriétaires et une liste
d’attente qui oscille entre 1 700 et 3
500 personnes selon les périodes.
Derrière l’effet "waouh", le modèle impose des contraintes très concrètes : calendrier partagé pour les week-ends, règles strictes sur le kilométrage, gestion des dégâts en cas d’accident. Intéressant pour celles et ceux qui prévoient vraiment d’utiliser leurs 40 à 50 jours de conduite, moins pour une simple sortie annuelle. Reste que le Japon teste là une formule où le luxe automobile se consomme comme un abonnement, centrée sur l’accès à l’expérience plutôt que sur la propriété pure et simple.














