Audi fait marche arrière sur sa décision la plus importante de la décennie
Audi prépare un changement majeur dans ses habitacles après une décennie de révolution numérique...
On s’y était presque fait à contrecœur : grimper dans une Audi récente, c’était s’installer devant un mur d’écrans et chercher la clim dans des sous‑menus. Le constructeur allemand vient de décider de casser ce décor. Il annonce un retour assumé aux commandes physiques, à des écrans plus discrets et à des matériaux plus valorisants dans ses futurs intérieurs.
Audi : le changement concret dans ses intérieurs
Après une décennie passée à transformer ses planches de bord en tablettes géantes, Audi fait donc machine arrière sur ce qui était sa grande décision ergonomique des années 2010. Les prochains cockpits miseront à nouveau sur des boutons que l’on sent sous les doigts et sur une technologie intégrée plus sobrement. Le virage sera progressif, avec une vraie rupture visible à la fin de la décennie. La marque prévoit d’abandonner les habitacles saturés d’écrans tactiles au profit d’un environnement plus simple, centré sur des boutons physiques et des molettes. Rouven Mohr, directeur technique d’Audi, résume la philosophie : "Nous pensons que cela fait partie de notre ADN d’avoir aussi des éléments physiques, des boutons et des molettes, et chacun doit offrir le classique clic Audi, au toucher comme au son". Il insiste aussi sur des matériaux "honnêtes" : du vrai métal quand l’œil voit du métal, pas du plastique peint. Ce nouveau langage d’intérieur, baptisé Radical Next, garde les écrans mais en change le rôle. Ils deviennent des outils, pas des pièces de spectacle. Le combiné d’instruments reste dans une casquette classique face au conducteur. L’écran central descend plus bas sur la console ou peut se fondre dans le décor quand il n’est pas utilisé, l’idée étant de "rester très sobre sur la taille des écrans et les éléments haptiques", selon Rouven Mohr.
Audi : la fin de l'ère des tableaux de bord tout‑écran ?
Le mouvement inverse avait commencé avec la
disparition du fameux pavé MMI à molette et l’arrivée de doubles,
puis triples écrans tactiles. En 2023, la philosophie nommée
Digital Stage pousse la logique à l’extrême :
immense dalle centrale, écran passager, presque plus aucun bouton.
Cette stratégie répond à la course aux écrans, censés impressionner
les personnes à bord, face à Mercedes et à l’appétit du marché
chinois pour les planches de bord vitrées, tout en réduisant les
pièces physiques coûteuses. Pour Massimo
Frascella, directeur du design Audi, le bilan n’est pas
satisfaisant. Il explique que "les grands écrans ne sont pas la
meilleure expérience. C’est de la technologie pour la
technologie". Les retours des clients
européens, nord‑américains ou australiens vont dans le
même sens : trop de fonctions noyées dans des menus, obligation de
quitter la route des yeux pour régler la ventilation ou les aides à
la conduite. La marque y voit aussi un enjeu de
sécurité et de lisibilité de son identité
premium.
Les concepts récents donnent un avant‑goût très
concret. Le Nuvolari affiche un habitacle
épuré, avec un combiné classique devant le conducteur et un écran
façon tablette en position basse sur la console, entouré de
commandes physiques. Le roadster Concept C adopte un
écran paysage d’environ 10,4 pouces au centre, des boutons et
molettes au volant et un tableau de bord quasi lisse quand l’écran
se replie.
Le modèle de série dérivé du Concept C doit ouvrir la voie en 2027. Pour le conducteur, cela signifie, à terme, des gestes plus intuitifs au quotidien et une sensation de qualité retrouvée à chaque clic de commande.














