Cette BMW 3.0 CSL cache en fait une mécanique de M5 E39 sous le capot (+images)
Un passionné allemand a greffé la carrosserie d'une BMW E9 CSL des années 1970 sur le châssis raccourci d'une M5 E39 et son V8 S62 de 426 ch.
Il y a des projets qui font le tour des forums pendant des années avant de tomber dans l'oubli. Celui-ci mérite d'ailleurs mieux. Un passionné allemand prénommé Michael Oberhauser, fondateur du petit atelier MKO, a passé une décennie à construire ce que BMW n'a jamais eu l'idée de produire. Une E9 CSL des années 1970 propulsée par le V8 S62 de la M5 E39. Nos confrères de Carscoops rapportent que l'engin est désormais en vente sur Bring a Trailer Germany.
Une M5 E39 sous le capot, mais pas en apparence
Le projet ne s'est donc pas contenté d'une
transplantation de moteur. C'est une fusion complète, menée avec
une rigueur artisanale remarquable. Oberhauser a utilisé
des pièces de pas moins de deux BMW E9 CSL, qu'il a
mariées au châssis d'une M5 E39.
Pour que les proportions soient cohérentes — la E9 est un coupé
deux portes bien plus court que la berline M5 —,
le plancher de la M5 a été raccourci de 203 mm. Le toit de
la BMW E9 a ensuite été greffé sur la structure ainsi
modifiée.
Les ailes ne sont plus exactement les mêmes. Les avant sont
élargies d'environ 64 mm, les arrière d'environ 102 mm. La plupart
des panneaux ont été formés à la main par des artisans en Roumanie.
Ce qui a permis de contenir les coûts de fabrication sans
sacrifier la qualité d'exécution.
Le résultat extérieur est soigné : peinture Porsche, badge BMW
3.0 CSL, phares Hella, becquet
de toit et petites ailettes d'ailes avant inspirés de la CSL dite «
Batmobile ». Mais aussi des jantes de 19 pouces au style
Alpina chaussées de pneus Continental SportContact 7.
426 chevaux et une boîte manuelle à 6 rapports
Sous le capot, pas d'électrique, pas de Diesel. Et
surtout, pas de compromis. C'est donc le moteur BMW
V8 S62 de 4,9 litres de la M5
E39 quoi a été reconstruit, qui anime cette création.
Puissance annoncée : 426 chevaux. Le tout transmis aux roues
arrière via une boîte manuelle à 6 rapports et un différentiel à
glissement limité.
Les suspensions à ressorts coaxiaux KW réglables et les
freins d'origine M5 complètent le tableau. Sur le papier,
c'est exactement ce qu'on attend d'un tel projet. À savoir, un
moteur atmosphérique d'exception, une transmission manuelle, aucun
système d'aide à la conduite superflu. Et bonus, l’intérieur révèle
la supercherie, dans le bon sens du terme.
En ouvrant la porte, l'illusion de la E9 d'époque
s’évanouit. Mais ce n'est pas une déception. Le tableau de
bord de la M5 E39 reste en place, magré quelques modifications. Les
sièges Recaro chauffants sont en place, la climatisation
bi-zone et les vitres électriques fonctionnent. Bref, le grand luxe
pour une BMW de l’époque.
Un écran Pioneer fait alors office
d’info-divertissement. Seul détail révélateur de la
complexité du projet : la commande de vitre conducteur a dû être
déplacée sur la console centrale, faute de place dans la
portière la BMW 3.0 E9 d’origine.
C'est ainsi le genre de détails qui montrent qu'il ne s'agit pas
d'un restomod bâclé pour faire le buzz sur les réseaux. Mais bel et
bien d'une vraie voiture construite pour rouler.
Il a fallu dix ans à Michael Oberhauser pour mener ce
projet à son terme. La question qui reste en suspens :
combien l'acheteur sera-t-il prêt à payer pour faire sienne cette
fusion entre l'âge d'or du coupé BMW et l'ère du V8 atmosphérique ?















