BMW : le concurrent du Mercedes Classe G, ce n'est finalement pas pour tout de suite
BMW renonce à son 4x4, conçu pour affronter le Mercedes Classe G. Résultats financiers en berne et rentabilité incertaine ont eu raison du projet.
Le rêve d'un BMW taillé pour la caillasse vient de s'évaporer. Le constructeur bavarois planchait depuis plusieurs années sur un tout-terrain radical, pensé pour aller chercher le Mercedes Classe G sur son propre terrain, celui du baroudeur de luxe facturé au prix d'une supercar. Le projet, connu en interne sous le nom de code G74, a été stoppé net selon les informations de BMW Blog.
Pas de Classe G à la sauce BMW
Une décision qui en dit long sur l'état d'esprit
actuel de la marque à l'Hélice, coincée entre des résultats
financiers en berne et la crainte de miser gros sur un segment
qu'elle ne maîtrise pas. Pourtant, BMW est ravie du
lancement de son récent iX3.
>Munich préfère assurer ses arrières plutôt que
d'engager un pari industriel à plusieurs centaines de
millions d'euros sur une niche où l'Étoile règne sans partage
depuis bientôt cinquante ans. Les amateurs de 4x4 premium à
vocation franchisseuse devront donc se contenter de l'offre
existante. Et elle ne portera pas l'hélice de sitôt.
Les chiffres expliquent pourquoi tant de constructeurs lorgnent ce
créneau. En 2025, Mercedes a écoulé 49.700 Classe
G à travers le monde. Le meilleur résultat jamais enregistré par le
vénérable tout-terrain allemand depuis son lancement.
Le détail qui fait tourner les têtes chez la concurrence.
La facture dépasse fréquemment les 200.000 € une fois la
liste des options cochée. Autrement dit, chaque exemplaire
sorti des chaînes génère une marge que très peu de modèles premium
peuvent revendiquer.
Le G74, un projet déjà bien avancé
Cette rentabilité insolente a logiquement aiguisé les
appétits, chez Audi comme chez BMW. Avec l'idée de décliner un 4x4
au dessin volontairement fruste, dans la veine de ce que
réussissent déjà le Land Rover Defender, le Toyota
Land Cruiser ou le Ford
Bronco.
>Chacun avec sa recette, mais tous portés par le même retour en
grâce du tout-terrain assumé, loin des SUV lissés qui saturent le
marché depuis vingt ans. Un terrain de jeu que BMW observait de
très près.
Le futur baroudeur avait pourtant pris de l'épaisseur en interne.
Parti d'un exercice de benchmark autour du Rivian R1T, le projet a
d'abord glissé vers un concept électrique estampillé
Neue Klasse avant d'atterrir sur
la plateforme CLAR. Celle qui sous-tend la génération G65
et le X5 actuel.
Les descriptions qui ont filtré évoquaient un grand SUV BMW
à trois rangées de sièges. Un SUV doté d'un vaste toit
panoramique et d'une assise arrière escamotable façon hayon,
taillée pour une clientèle adepte de plein air.
Une approche assez éloignée de tout ce que propose
aujourd'hui le catalogue bavarois, nettement plus proche des codes
de l'aventure lifestyle que du SUV premium classique. La
commercialisation de ce concurrent du Classe G était
envisagée pour 2029 au plus tard.
Avec une mission limpide. Reprendre le flambeau du BMW
XM, dont la carrière
commerciale n'a jamais décollé malgré son statut de vaisseau amiral
hybride rechargeable estampillé M. Sur le papier, le successeur
avait toutes les raisons du monde d'exister.
Quand la comptabilité prend le dessus chez BMW
C'est le contexte financier qui a eu raison de
l'ambition. Les résultats publiés par BMW ces dernières
semaines ont douché l'enthousiasme du management. Au point
que la marque a également renoncé à sa présence au Mondial de
l'Automobile de Paris 2026.
Un signal fort pour un constructeur de ce calibre. Dans ce climat,
engager les investissements colossaux qu'exige un tout-terrain pur
et dur relevait du pari hasardeux. Rien ne garantissait des
volumes suffisants pour rentabiliser l'opération, et BMW
n'a visiblement plus envie de multiplier les expérimentations
coûteuses.
>La marque garde d'ailleurs en mémoire l'épisode des GT,
ces carrosseries hybrides entre berline et SUV abandonnées
faute de public suffisant. Priorité est donc donnée à la
discipline de gamme plutôt qu'à la conquête de niches. Aussi
lucratives soient-elles sur le papier. Le « Classe G à
l’Hélice » en fait les frais, victime d'un arbitrage
budgétaire bien plus que d'un manque d'idées ou de savoir-faire
technique.
Il faut dire que BMW n'a pas vraiment besoin de ce
coup d'éclat pour remplir ses usines. Le X3 tourne à plein
régime, le nouveau X5 reste une valeur
sûre du segment premium et le tout nouvel iX3 électrique signe des débuts
que la marque elle-même qualifie d'inédits.
Sur ce terrain-là, les Bavarois savent exactement ce qu'ils font et
maîtrisent leur sujet de bout en bout. Le créneau du Classe G obéit
en revanche à d'autres règles.















