BMW : le concurrent du Mercedes Classe G, ce n'est finalement pas pour tout de suite

Publié le 31 juillet 2026 à 10:00
BMW va vraiment tenter de concurrencer le Classe G de Mercedes

BMW renonce à son 4x4, conçu pour affronter le Mercedes Classe G. Résultats financiers en berne et rentabilité incertaine ont eu raison du projet.

Le rêve d'un BMW taillé pour la caillasse vient de s'évaporer. Le constructeur bavarois planchait depuis plusieurs années sur un tout-terrain radical, pensé pour aller chercher le Mercedes Classe G sur son propre terrain, celui du baroudeur de luxe facturé au prix d'une supercar. Le projet, connu en interne sous le nom de code G74, a été stoppé net selon les informations de BMW Blog.

Pas de Classe G à la sauce BMW

Une décision qui en dit long sur l'état d'esprit actuel de la marque à l'Hélice, coincée entre des résultats financiers en berne et la crainte de miser gros sur un segment qu'elle ne maîtrise pas. Pourtant, BMW est ravie du lancement de son récent iX3.
>Munich préfère assurer ses arrières plutôt que d'engager un pari industriel à plusieurs centaines de millions d'euros sur une niche où l'Étoile règne sans partage depuis bientôt cinquante ans. Les amateurs de 4x4 premium à vocation franchisseuse devront donc se contenter de l'offre existante. Et elle ne portera pas l'hélice de sitôt.
Les chiffres expliquent pourquoi tant de constructeurs lorgnent ce créneau. En 2025, Mercedes a écoulé 49.700 Classe G à travers le monde. Le meilleur résultat jamais enregistré par le vénérable tout-terrain allemand depuis son lancement.
Le détail qui fait tourner les têtes chez la concurrence. La facture dépasse fréquemment les 200.000 € une fois la liste des options cochée. Autrement dit, chaque exemplaire sorti des chaînes génère une marge que très peu de modèles premium peuvent revendiquer.

Le G74, un projet déjà bien avancé

Cette rentabilité insolente a logiquement aiguisé les appétits, chez Audi comme chez BMW. Avec l'idée de décliner un 4x4 au dessin volontairement fruste, dans la veine de ce que réussissent déjà le Land Rover Defender, le Toyota Land Cruiser ou le Ford Bronco.
>Chacun avec sa recette, mais tous portés par le même retour en grâce du tout-terrain assumé, loin des SUV lissés qui saturent le marché depuis vingt ans. Un terrain de jeu que BMW observait de très près.
Le futur baroudeur avait pourtant pris de l'épaisseur en interne. Parti d'un exercice de benchmark autour du Rivian R1T, le projet a d'abord glissé vers un concept électrique estampillé Neue Klasse avant d'atterrir sur la plateforme CLAR. Celle qui sous-tend la génération G65 et le X5 actuel.
Les descriptions qui ont filtré évoquaient un grand SUV BMW à trois rangées de sièges. Un SUV doté d'un vaste toit panoramique et d'une assise arrière escamotable façon hayon, taillée pour une clientèle adepte de plein air.

Une approche assez éloignée de tout ce que propose aujourd'hui le catalogue bavarois, nettement plus proche des codes de l'aventure lifestyle que du SUV premium classique. La commercialisation de ce concurrent du Classe G était envisagée pour 2029 au plus tard.
Avec une mission limpide. Reprendre le flambeau du BMW XM, dont la carrière commerciale n'a jamais décollé malgré son statut de vaisseau amiral hybride rechargeable estampillé M. Sur le papier, le successeur avait toutes les raisons du monde d'exister.

Quand la comptabilité prend le dessus chez BMW

C'est le contexte financier qui a eu raison de l'ambition. Les résultats publiés par BMW ces dernières semaines ont douché l'enthousiasme du management. Au point que la marque a également renoncé à sa présence au Mondial de l'Automobile de Paris 2026.
Un signal fort pour un constructeur de ce calibre. Dans ce climat, engager les investissements colossaux qu'exige un tout-terrain pur et dur relevait du pari hasardeux. Rien ne garantissait des volumes suffisants pour rentabiliser l'opération, et BMW n'a visiblement plus envie de multiplier les expérimentations coûteuses.
>La marque garde d'ailleurs en mémoire l'épisode des GT, ces carrosseries hybrides entre berline et SUV abandonnées faute de public suffisant. Priorité est donc donnée à la discipline de gamme plutôt qu'à la conquête de niches. Aussi lucratives soient-elles sur le papier. Le « Classe G à l’Hélice » en fait les frais, victime d'un arbitrage budgétaire bien plus que d'un manque d'idées ou de savoir-faire technique.

Il faut dire que BMW n'a pas vraiment besoin de ce coup d'éclat pour remplir ses usines. Le X3 tourne à plein régime, le nouveau X5 reste une valeur sûre du segment premium et le tout nouvel iX3 électrique signe des débuts que la marque elle-même qualifie d'inédits.
Sur ce terrain-là, les Bavarois savent exactement ce qu'ils font et maîtrisent leur sujet de bout en bout. Le créneau du Classe G obéit en revanche à d'autres règles.

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À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
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