Vous pensiez les V8 disparus ? Mercedes-AMG les fabrique toujours... et à la main

Publié le 31 janvier 2026 à 08:00
Essai - Mercedes-AMG GT 63 S E Performance : que vaut la plus puissante des AMG GT ?

À l’heure où l’automobile se rue vers l’électrique, un V8 biturbo survit encore à Affalterbach. Comment Mercedes-AMG le fabrique t-elle à la main, et jusqu’à quand ?

Entre les SUV électriques silencieux et les petites hybrides chargées de capteurs, le bon vieux V8 paraît presque anachronique. Les catalogues se remplissent de quatre cylindres turbo et de batteries imposantes, pendant que les malus écologiques rendent chaque cheval thermique un peu plus suspect...

Un V8 biturbo Mercedes-AMG encore assemblé à la main

Au milieu de ce paysage, Mercedes-AMG, suit une trajectoire à part. Dans son fief d'Affalterbach, au sud de l'Allemagne, le V8 biturbo de 4,0 litres qui anime notamment la Mercedes-AMG GT Coupé et l'Aston Martin Vantage reste au centre du jeu, avec une nouvelle génération annoncée pour 2027. Dans ces ateliers, ce V8 continue pourtant de naître pièce par pièce, entre des mains humaines. Le V8 biturbo de 4,0 litres utilise un bloc et des culasses en alliage coulé, plus légers et meilleurs pour le rendement thermique. Il reçoit deux turbocompresseurs dont la pression varie selon le modèle. À Affalterbach, chaque moteur est assemblé manuellement suivant la philosophie interne One Man, One Engine : un seul technicien prend en charge l'ensemble du montage, environ trois heures et demie, avant de signer une plaque fixée sur le couvre-culasse. L'usine moteurs a été créée en 1976 et emploie aujourd'hui près de 2 600 personnes. Ce V8 fait main se retrouve au cœur de plusieurs modèles emblématiques. Dans la Mercedes-AMG GT 63 4MATIC+, il développe 585 ch et 800 Nm pour un 0 à 100 km/h en 3,2 secondes, tandis que la GT 55 affiche 476 ch et 700 Nm. Ce même bloc équipe aussi le tout-terrain Classe G 63, certaines berlines S 63 E Performance ainsi que l'Aston Martin Vantage.

Affalterbach, la manufacture de moteurs Mercedes-AMG V8

Dans l'usine d'Affalterbach, le bloc V8 repose sur un dispositif rotatif qui permet au technicien de le faire pivoter pour accéder à chaque face sans effort. Des gabarits de précision servent à positionner les goupilles de centrage, puis viennent le vilebrequin, les bielles, les pistons et les culasses. Les clés dynamométriques et systèmes de serrage mécanisés garantissent que chaque boulon respecte exactement les couples définis par l'ingénierie. Une fois l'assemblage terminé, le moteur passe sur un poste de test dédié. Des essais à froid puis à chaud vérifient le bon fonctionnement sur une large plage de températures, un point crucial pour un V8 turbocompressé sensible aux variations thermiques. Quand il est validé, le bloc rejoint la ligne véhicule où se déroule le fameux mariage : moteur et caisse sont assemblés via un montage à trois points isolé par du caoutchouc. Le futur de ce V8 fait main se joue sous la pression des normes d'émissions. Mercedes-AMG a remplacé le V8 par un quatre cylindres turbo hybride de 671 ch sur les C63 et GLC63, une décision qui a fait grincer des dents chez les passionnés. Le PDG, Michael Schiebe, a reconnu que la demande pour les modèles à moteur V8 restait forte, en particulier sur le marché américain.

La marque prépare donc une nouvelle génération de V8 pour 2027, retravaillée pour respecter des normes plus strictes tout en conservant son architecture biturbo. En parallèle, Mercedes-AMG développe sa plateforme 100 % électrique haute performance AMG.EA, dont le concept AMG GT XX annonçait jusqu'à 1 341 ch, une version de série étant attendue prochainement...

Nos marques populaires Voir tout

À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
Ses derniers articles
Sport Auto