Ferrari : pourquoi certaines personnes se voient refuser l’achat ?
À Maranello, un compte en banque bien rempli ne suffit pas : Ferrari trie ses clients et nourrit une discrète liste noire. Qui y entre, et ce que cela change, reste entouré d’un certain mystère...
On croit souvent qu'il suffit d'avoir un compte en banque bien rempli pour repartir de Maranello avec un cheval cabré sur le capot. La réalité est moins glamour : Ferrari sélectionne ses acheteurs, surveille leurs faits et gestes, et tient en coulisses une liste noire Ferrari dont certains noms ne reverront jamais un bon de commande officiel...
La liste noire Ferrari, outil discret pour protéger l'image de Maranello
Cette "Ferrari blacklist" ne prive pas forcément d’une voiture
rouge à vie, mais elle ferme des portes très convoitées, surtout
celles des modèles en série limitée comme la
Daytona SP3. Derrière ce tri très serré se cache une stratégie bien
rodée pour protéger l’image de la marque et garder ses clients dans
le rang, parfois de manière assez radicale.
Concrètement, la liste noire Ferrari est un fichier
interne regroupant des clients, souvent célèbres, à qui la marque
refuse de vendre des voitures neuves, en particulier les séries
spéciales ultra rares. Juridiquement, Ferrari ne peut pas empêcher
quelqu’un d’acheter une auto d’occasion ou via un
intermédiaire, mais la marque peut refuser toute commande
directe, surtout pour les modèles les plus exclusifs.
Au moment de signer le bon de commande, l’acheteur
accepte des clauses très encadrantes : revente déconseillée dans la
première année, droit de premier refus pour
Ferrari si la voiture doit partir, limitations sur
l’usage publicitaire de l’auto, contrôle des modifications. Un
client qui ignore ces règles risque de voir son nom retiré de la
liste VIP et glisser, en silence, dans la catégorie des
indésirables...
Comment se faire inscrire sur la liste noire Ferrari ?
Pour atterrir sur cette fameuse blacklist, certains ont suivi une forme de "check-list" inversée, en cumulant tout ce que déteste Maranello. Les cas connus dessinent toujours les mêmes erreurs :
- Critiquer ouvertement la marque ou un modèle, dans la presse ou sur les réseaux sociaux.
- Revendre très vite un exemplaire rare pour empocher une grosse plus-value aux enchères.
- Transformer sa Ferrari en panneau publicitaire sans autorisation, pour promouvoir une marque ou un produit.
- Imposer des modifications extrêmes non validées par le siège, wraps voyants ou logos détournés inclus.
- Multiplier les problèmes de paiement, les saisies ou les affaires financières embarrassantes autour de la voiture.
Un seul faux pas spectaculaire peut suffire,
surtout quand il est très visible médiatiquement. Plusieurs
célébrités qui ont revendu trop vite, trop
bruyamment, ou ridiculisé leur voiture avec des
préparations extravagantes se seraient ainsi vu refuser
l’accès à toute nouvelle série spéciale, parfois pendant
des années.
Pour un passionné fortuné, la sanction la plus lourde reste
la perte d’accès aux nouveaux modèles désirables :
plus d’invitations pour les séries limitées, plus
de passe-droit pour visiter l’usine, plus de place dans le club
très fermé des "bons clients". Acheter une Ferrari
d’occasion reste possible, mais sans le sésame qui ouvre les portes
des futures rarités.
Officiellement, Ferrari explique surtout qu’elle se réserve le droit de choisir les acheteurs de ses modèles spéciaux, sans parler de "liste noire". Dans les faits, ce filtrage devient un outil puissant pour lutter contre la spéculation, garder la main sur son image et rappeler à tous que, même quand on a les moyens, le vrai luxe chez Ferrari consiste encore à rester dans les petits papiers de Maranello.














