Ferrari Luce : l'ancien PDG de la marque la trouve « laide » et pense que même les chinois ne la copieront pas
La Ferrari Luce provoque une polémique retentissante. L'ex-PDG Luca di Montezemolo juge le design catastrophique.
Avec la présentation de la première Ferrari 100% électrique à 550.000 euros, le monde de l’automobile subit un petit tremblement de terre. À tel point, que même un ancien PDG de la firme italienne s’est senti obligé de réagir… En mal !
La Luce, l’erreur qu’il ne fallait pas faire ?
Il arrive que les présentations de voitures suscitent
un malaise dans la salle. La Ferrari Luce a d'ailleurs mis
le feu à la poudrière dès ses premières heures d'existence
officielle. Et ce n'est pas un anonyme ou un passionné
déçu qui a allumé la mèche : c'est Luca di Montezemolo en
personne.
Celui qui a tenu les rênes de Ferrari de 1991 à 2014. Soit,
vingt-trois ans passés à façonner l'identité sportive et
commerciale de la marque la plus célèbre du monde
automobile.
L'ancien PDG s'est pourtant confié à l'agence italienne Askanews
quelques heures seulement après le dévoilement officiel de la Luce,
première Ferrari 100% électrique de l’histoire. Celle
imaginée par LoveFrom, l'agence fondée par Jony Ive, le père de
l'iPhone.
La voiture était donc présentée comme un tournant stratégique pour
Maranello. Conquérir une clientèle fortunée et soucieuse de son
bilan carbone, un segment que la marque ne touche pas encore.
Ce que Montezemolo en pense, il l'a dit sans
détour. « Nous risquons de détruire une
légende », a-t-il déclaré.
Une légende de la marque a parlé
Depuis son départ de Ferrari en 2014, l'ancien patron s'était plutôt montré discret sur les affaires de la maison. Cette fois, la retenue n'a pas tenu. Face au micro d'Askanews, Montezemolo a donc formulé ce que beaucoup n'osaient pas dire à voix haute. « Si je devais dire ce que je pense vraiment, je blesserais Ferrari. Nous risquons de détruire une légende. Et j'en suis vraiment navré. J'espère qu'ils enlèveront au moins le Cheval Cabré de cette voiture ».
La demande est limpide : retirer l'insigne le plus
mythique de l'automobile d'un modèle qu'il estime indigne de le
porter. Ce qui rend la déclaration difficile à balayer,
c'est qu'elle vient alors de l'homme sous lequel Ferrari a
décroché cinq titres de champion du monde de Formule 1
consécutifs avec Michael Schumacher.
Personne ne sait mieux que lui ce que représente ce badge.
Ni ce qu'il en coûte de le galvauder. Ce n'est pas une
posture nostalgique. C’est un jugement direct sur la
cohérence d'une marque dont il a lui-même construit l'aura pendant
plus de deux décennies.
La vanne sur les Chinois : une pique bien ciblée pour Ferrari
Montezemolo a conclu sur une formule qui fait
mouche. « C'est sûrement une voiture que même les Chinois
ne nous copieront pas ». La référence est transparente pour
quiconque suit l'actualité automobile. Début 2026, le Xiaomi YU7 avait déclenché une
controverse internationale en arborant des lignes jugées très
proches de celles du Purosangue.
Relançant alors le débat sur le plagiat de design à
l'échelle planétaire.
En insinuant que la Luce serait trop ratée pour tenter les
copieurs, l'ex-PDG retourne la situation avec une ironie bien
sentie. L'imitation, qui pesait comme une menace sur la réputation
de Maranello, devient ici un critère de désirabilité.
Si même les constructeurs chinois, réputés pour s'inspirer librement des
meilleures références, n'en veulent pas… C’est que le
compte n'y est pas. Une formule cruelle et précise, qui risque de
rester longtemps attachée à ce modèle.
Les marchés n'ont pas traîné. Dans les heures suivant la
présentation, l'action Ferrari a cédé environ 8% à la Bourse de
Milan et 5,1% à Wall Street. Une
correction immédiate qui traduit un doute sérieux des investisseurs
sur la capacité du modèle à séduire. Surtout à 550.000 euros
l'unité.
La Ferrari Luce ne laisse personne indifférent. C'est déjà quelque chose. Mais quand l'homme qui a construit l'identité de Ferrari pendant un quart de siècle demande publiquement qu'on retire le Cheval Cabre du capot… La maison a un problème de perception à régler. Et cela, avant même d'avoir livré le premier exemplaire.















