« L'essence est l'avenir des supercars » : Mate Rimac retourne sa veste au sujet de l'électrique

Publié le 27 août 2026 à 14:30
Mis à jour le 27 août 2026 à 14:33
Porsche quitte Bugatti Rimac : l'histoire d'amour aura duré cinq ans

Mate Rimac a bâti sa réputation sur des hypercars électriques. Pourtant, il veut pense désormais que l’avenir des supercars c’est l’essence.

Lors d'un interview, le patron de Bugatti-Rimac, Mate Rimac, a déclaré que les moteurs thermiques étaient l'avenir des supercars. Un discours étonnant venant de celui qui louait les performances et avantages des hypercars électriques il y a peu encore.

Mate Rimac change d’idée

Le patron de Bugatti, Mate Rimac estime désormais que les sportives les plus exclusives conserveront leur moteur thermique pendant encore très longtemps. Voilà un discours qui pourrait surprendre venant du patron de la marque homonyme.
L’homme à l’origine de la Nevera, l’une des hypercars électriques les plus rapides de la planète, ne voit finalement pas l’électrique s’imposer partout. Dans un entretien accordé à nos confrères de CNBC, le dirigeant de Bugatti Rimac explique au contraire que les voitures sportives et les modèles les plus exclusifs devraient continuer à miser sur le moteur thermique.
Et selon lui, les performances pures deviennent même de moins en moins importantes. La vision du dirigeant croate repose sur une séparation progressive du marché automobile. Pour les véhicules du quotidien, Mate Rimac considère que l’électrique deviendra largement majoritaire.
En revanche, la situation serait très différente dans les segments supérieurs. Les voitures de sport, supercars et hypercars auraient tout intérêt à conserver des mécaniques thermiques.

Et pour cause, ceux-ci sont capables de procurer une expérience plus particulière à leurs propriétaires.

La Rimac Nevera lui a peut-être servi de leçon

Mate Rimac compare cette évolution à celle de l’horlogerie. Une montre numérique bon marché indique parfaitement l’heure. Mais cela n’empêche pas certains clients de dépenser des sommes considérables pour une montre mécanique beaucoup plus complexe.
Le même phénomène pourrait se produire dans l’automobile. L’électrique assurerait l’essentiel des déplacements tandis que les moteurs à combustion deviendraient progressivement l’apanage des véhicules passion.
Cette prise de position est d’autant plus intéressante que Mate Rimac a précisément démontré les possibilités offertes par l’électrique avec la Rimac Nevera.
Avec ses accélérations spectaculaires, l’hypercar croate a prouvé qu’un modèle à batteries pouvait largement rivaliser avec les meilleures supercars thermiques en matière de performances. Cela n’a toutefois pas suffi à provoquer l’engouement commercial espéré.
Une expérience qui semble avoir conforté Rimac dans une idée : aller toujours plus vite ne suffit plus. En tout cas, pas pour faire rêver les acheteurs fortunés.

Il estime d’ailleurs qu’il est aujourd’hui possible d’acheter en Chine, pour environ 50.000 dollars, une voiture capable d’accélérations supérieures à celles de nombreuses sportives d’il y a seulement dix ans. Dans ce contexte, gagner encore quelques dixièmes sur le 0 à 100 km/h… Ou ajouter une centaine de chevaux ne constitue plus forcément un argument décisif.

Le Bugatti Tourbillon suit exactement cette philosophie

Cette vision permet de mieux comprendre les choix réalisés pour la Bugatti Tourbillon. Le constructeur avait envisagé une motorisation entièrement électrique pour remplacer la Chiron. Avant de finalement suivre une direction radicalement différente.
La Tourbillon conserve ainsi un spectaculaire V16 atmosphérique de 8,3 litres, associé à une partie électrique. L’ensemble développe 1.800 chevaux. Le moteur thermique n’est donc pas simplement conservé par nostalgie. Il participe directement à l’identité et au caractère exceptionnel de la voiture.
Bugatti applique la même philosophie à son habitacle. Plutôt que d’installer un gigantesque écran numérique susceptible de paraître dépassé dans quelques années, la marque a développé une instrumentation mécanique particulièrement sophistiquée.
Mate Rimac évoque même désormais la possibilité de proposer une boîte manuelle sur certains futurs modèles. Une perspective presque inattendue venant du créateur de la Nevera. Les premiers résultats de la Tourbillon semblent conforter cette stratégie.

Les 250 exemplaires prévus ont tous été attribués. Et ce, malgré un tarif de départ avoisinant 4,5 millions de dollars. Et ce prix ne constitue visiblement qu’un point de départ. Selon Mate Rimac, les clients dépensent généralement 600.000 à 700.000 dollars supplémentaires en personnalisation.
Pour ces acheteurs, posséder la voiture la plus rapide ne serait donc plus la priorité absolue. Ils recherchent davantage un objet unique, spectaculaire et doté d’une véritable dimension mécanique.

Nos marques populaires Voir tout
À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
Ses derniers articles
Sport Auto