« L'essence est l'avenir des supercars » : Mate Rimac retourne sa veste au sujet de l'électrique
Mate Rimac a bâti sa réputation sur des hypercars électriques. Pourtant, il veut pense désormais que l’avenir des supercars c’est l’essence.
Lors d'un interview, le patron de Bugatti-Rimac, Mate Rimac, a déclaré que les moteurs thermiques étaient l'avenir des supercars. Un discours étonnant venant de celui qui louait les performances et avantages des hypercars électriques il y a peu encore.
Mate Rimac change d’idée
Le patron de Bugatti, Mate Rimac estime désormais que
les sportives les plus exclusives conserveront leur moteur thermique pendant
encore très longtemps. Voilà un discours qui pourrait
surprendre venant du patron de la marque homonyme.
L’homme à l’origine de la Nevera, l’une des hypercars électriques
les plus rapides de la planète, ne voit finalement pas l’électrique
s’imposer partout. Dans un entretien accordé à nos confrères de CNBC, le
dirigeant de Bugatti Rimac explique au contraire que les voitures
sportives et les modèles les plus exclusifs devraient
continuer à miser sur le moteur thermique.
Et selon lui, les performances pures deviennent même de moins en
moins importantes. La vision du dirigeant croate repose sur une
séparation progressive du marché automobile. Pour les
véhicules du quotidien, Mate Rimac considère que l’électrique
deviendra largement majoritaire.
En revanche, la situation serait très différente dans les segments
supérieurs. Les voitures de sport, supercars et hypercars
auraient tout intérêt à conserver des mécaniques
thermiques.
Et pour cause, ceux-ci sont capables de procurer une expérience plus particulière à leurs propriétaires.
La Rimac Nevera lui a peut-être servi de leçon
Mate Rimac compare cette évolution à celle de
l’horlogerie. Une montre numérique bon marché
indique parfaitement l’heure. Mais cela n’empêche pas
certains clients de dépenser des sommes considérables pour une
montre mécanique beaucoup plus complexe.
Le même phénomène pourrait se produire dans l’automobile.
L’électrique assurerait l’essentiel des
déplacements tandis que les moteurs à combustion
deviendraient progressivement l’apanage des véhicules passion.
Cette prise de position est d’autant plus intéressante que Mate
Rimac a précisément démontré les possibilités offertes par
l’électrique avec la Rimac Nevera.
Avec ses accélérations spectaculaires, l’hypercar croate a prouvé
qu’un modèle à batteries pouvait largement rivaliser avec les
meilleures supercars thermiques en matière de performances.
Cela n’a toutefois pas suffi à provoquer l’engouement
commercial espéré.
Une expérience qui semble avoir conforté Rimac dans une idée :
aller toujours plus vite ne suffit plus. En tout cas, pas pour
faire rêver les acheteurs fortunés.
Il estime d’ailleurs qu’il est aujourd’hui possible d’acheter en Chine, pour environ 50.000 dollars, une voiture capable d’accélérations supérieures à celles de nombreuses sportives d’il y a seulement dix ans. Dans ce contexte, gagner encore quelques dixièmes sur le 0 à 100 km/h… Ou ajouter une centaine de chevaux ne constitue plus forcément un argument décisif.
Le Bugatti Tourbillon suit exactement cette philosophie
Cette vision permet de mieux comprendre les choix
réalisés pour la Bugatti Tourbillon. Le constructeur avait
envisagé une motorisation entièrement électrique pour remplacer la
Chiron. Avant de
finalement suivre une direction radicalement différente.
La Tourbillon conserve ainsi un spectaculaire V16 atmosphérique de 8,3 litres,
associé à une partie électrique. L’ensemble développe 1.800
chevaux. Le moteur thermique n’est donc pas simplement conservé par
nostalgie. Il participe directement à l’identité et au
caractère exceptionnel de la voiture.
Bugatti applique la même philosophie à son habitacle.
Plutôt que d’installer un gigantesque écran numérique
susceptible de paraître dépassé dans quelques années, la
marque a développé une instrumentation mécanique particulièrement
sophistiquée.
Mate Rimac évoque même désormais la possibilité de proposer une
boîte manuelle sur certains futurs modèles. Une perspective
presque inattendue venant du créateur de la Nevera.
Les premiers résultats de la Tourbillon semblent conforter cette
stratégie.
Les 250 exemplaires prévus ont tous été attribués.
Et ce, malgré un tarif de départ avoisinant 4,5 millions de
dollars. Et ce prix ne constitue visiblement qu’un point
de départ. Selon Mate Rimac, les clients dépensent généralement
600.000 à 700.000 dollars supplémentaires en personnalisation.
Pour ces acheteurs, posséder la voiture la plus rapide ne serait
donc plus la priorité absolue. Ils recherchent davantage un
objet unique, spectaculaire et doté d’une véritable dimension
mécanique.
















