MotoGP : combien coûte un pneu et qui paie ? Pirelli répond
Vous êtes-vous déjà demandé combien coûtait un pneu de MotoGP ? Et qui paye ? Pirelli a répondu aux question de nos confrères de Motorsport.
Combien vaut réellement un pneu de MotoGP et qui règle la facture ? Alors que Pirelli deviendra le manufacturier unique de la catégorie en 2027, son responsable de la compétition moto apporte quelques éléments de réponse lors d’une entrevue avec nos confrères de Motorsport. Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les équipes MotoGP ne devraient pas payer directement leurs gommes.
Pirelli doit payer pour devenir fournisseur du MotoGP
Les pneumatiques représentent un poste
essentiel dans n’importe quel championnat de sport
mécanique. En MotoGP, leur fonctionnement économique reste
pourtant assez méconnu. À partir de 2027, Pirelli remplacera Michelin comme
fournisseur unique de la catégorie reine, en même temps que
l’arrivée de la nouvelle réglementation et des moteurs de 850
cm3.
Giorgio Barbier, directeur de la compétition moto chez
Pirelli, a expliqué à
Motorsport.com comment s’organise ce marché très
particulier. Premier élément qui peut surprendre : obtenir le
statut de manufacturier unique ne signifie pas que l’organisateur
rémunère Pirelli pour lui fournir des pneumatiques.
C’est même le principe inverse. Selon Giorgio Barbier, le
fabricant de pneus verse une redevance à l’organisateur dans les
championnats où il intervient comme fournisseur. Une sorte
de publicité, en sommes. Un fonctionnement qui ne se limite
d’ailleurs pas au MotoGP et qui existe également dans d’autres
compétitions. Dont la Formule 1.
Les équipes ne paieront pas leurs pneumatiques
Le responsable de Pirelli donne un exemple théorique
permettant de comprendre l’équation. Un manufacturier pourrait
verser six millions d’euros de redevance tout en devant
produire pour 36 millions d’euros de pneumatiques.
Mais cette seconde somme ne serait pas nécessairement entièrement
supportée par Pirelli. La répartition des
dépenses dépend des négociations passées avec le promoteur.
Fabriquer les gommes ne constitue d’ailleurs qu’une partie de la
dépense. Pirelli doit également assurer toute la logistique
nécessaire à leur utilisation pendant les Grands Prix
MotoGP. Mais aussi l’acheminement.
Il faut donc mobiliser du personnel, organiser la production en
usine et déployer les infrastructures permettant d’assurer le
service sur les circuits. Ces dépenses annexes entrent
elles aussi dans les discussions commerciales avec
l’organisateur.
Une chose est en revanche beaucoup plus claire concernant les
équipes. À l’heure actuelle, il n’est pas prévu qu’elles achètent
directement leurs pneus en MotoGP.
La situation diffère dans les autres championnats. Giorgio Barbier précise que les pneumatiques sont notamment payants pour les équipes en WorldSBK. Mais également en Moto2 et en Moto3.
Alors, combien coûte réellement un pneu de MotoGP ?
Sur cette question, Pirelli ne communique pas de
tarif précis. Et pour une bonne raison. Les pneus MotoGP ne sont
pas des produits disponibles à la vente. Le règlement impose des
pneumatiques développés spécifiquement pour la compétition. Ils ne
peuvent pas être commercialisés librement. Notamment afin
d’empêcher une équipe ou un constructeur d’en acheter pour réaliser
des essais privés supplémentaires.
Les possibilités de tests sont d’ailleurs strictement encadrées.
Selon le niveau de concessions dont bénéficie chaque constructeur,
celui-ci dispose de 170 à 260 pneus pour ses essais au
cours de l’année. Impossible, donc, de consulter un
catalogue Pirelli et d’y trouver le prix officiel d’un pneu avant
ou arrière destiné à une MotoGP.
Giorgio Barbier donne néanmoins un indice intéressant. Un pneu
arrière Pirelli Diablo Superbike destiné
à la compétition coûte environ 300 euros. Or, les
prototypes destinés au MotoGP seront fabriqués sur les mêmes
machines et dans la même usine de Breuberg, en
Allemagne.
Les matériaux employés seront différents et certaines étapes du processus de fabrication pourront évoluer. Mais Pirelli assure que le coût de production ne devrait pas être radicalement différent.
Pirelli prendra la relève de Michelin en 2027
Il serait néanmoins incorrect d’en déduire
qu’un pneu de MotoGP coûte précisément 300 euros. Pirelli
refuse de donner un chiffre exact et souligne seulement que son
coût reste dans un ordre de grandeur comparable.
Le changement de fournisseur interviendra dans quelques mois.
Bridgestone avait été le premier
manufacturier unique du MotoGP, entre 2009 et 2015.
Michelin lui a succédé et achèvera fin 2026 sa onzième et dernière
saison dans ce rôle.
Pirelli prendra le relais en 2027 et fournira alors toutes
les catégories des Grands Prix, puisqu’il équipera le MotoGP, le
Moto2 et le Moto3.
Le prix exact d’une gomme de MotoGP restera donc confidentiel. Mais
Pirelli lève au moins une partie du voile. Son coût de fabrication
ne serait pas très éloigné de celui d’un pneu de
compétition vendu autour de 300 euros. Et surtout, les
équipes de la catégorie reine ne
devraient pas avoir à sortir directement le carnet de chèques pour
les acheter. Cela fait partie d’un deal plus global avec
l’organisation direct.
















