Koenigsegg pourrait être la première marque de supercar à être cotée en bourse
Et si Koenigsegg devenait la première marque d’hypercars cotée en bourse ? L’idée fait son bout de chemin et pourrait être réalité bientôt.
Posséder une Koenigsegg est un rêve inaccessible pour la plupart des passionnés. Avec des prix qui se comptent en millions d’euros et une production extrêmement limitée, les hypercars de la marque suédoise restent réservées à une poignée de clients. Mais bientôt, vous pourrez acheter des parts de l’entreprise.
Une révolution possible dans l’univers des hypercars
Bientôt, une autre forme de participation pourrait
devenir possible. Acheter une part de l’entreprise
elle-même. Le constructeur fondé en 1994 par Christian von
Koenigsegg envisagerait en effet une introduction en bourse. Une
première pour une marque produisant moins de cent
voitures par an.
Si l’opération se concrétise, Koenigsegg deviendrait le premier
constructeur d’hypercars ultra confidentiel à être coté en bourse.
Certes, d’autres marques prestigieuses ont déjà franchi ce cap.
Ferrari a été introduite en
bourse en 2015, tandis qu’Aston Martin l’a fait en
2018.
Mais ces deux constructeurs vendent plusieurs milliers de voitures
chaque année… Ce qui les rapprochent davantage d’un constructeur
automobile classique. La situation de Koenigsegg est très
différente, avec une production annuelle extrêmement limitée.
Dans une interview accordée à Bloomberg, Halldora von Koenigsegg,
directrice des opérations et épouse du fondateur, a
confirmé que l’idée d’une introduction en bourse était bien à
l’étude.
Aucun calendrier précis annoncé par Koenigsegg
Selon elle, l’entreprise pourrait continuer à se
financer via des investisseurs privés. Mais une cotation
permettrait de diversifier les sources de financement et de saisir
de nouvelles opportunités à long terme.
L’objectif n’est pas pour autant de vendre l’entreprise ou de
quitter sa direction. Christian et Halldora von
Koenigsegg comptent rester aux commandes. Une introduction
en bourse pourrait également permettre aux employés de devenir
actionnaires… Renforçant ainsi leur implication dans le
développement de la marque.
Koenigsegg a déjà ouvert son capital à certains investisseurs ces
dernières années. En 2024, le fonds américain Chieftain
Capital Management a acquis 6% de l’entreprise pour environ 50
millions d’euros. Valorisant ainsi la société à près d’un
milliard de dollars.
La marque avait également envisagé il y a quelques années un
partenariat avec NEVS, une entreprise liée au groupe
chinois Evergrande. Cela, pour développer des véhicules
électriques. Ce projet a finalement été abandonné en 2021
après les difficultés financières du groupe chinois.
Koenigsegg se prépare en coulisses
Même si aucune décision officielle n’a encore été
annoncée, Koenigsegg semble déjà préparer le terrain. L’entreprise
s’est restructurée l’an dernier afin de pouvoir proposer des
actions au public. Elle a également recruté deux anciens
cadres de Volvo. Johan
Ekdahl, devenu directeur financier, Rosmarie Söderbom, directrice
juridique.
Tous deux avaient participé à l’introduction en bourse de Volvo en
2021, ce qui laisse penser que Koenigsegg se prépare sérieusement à
cette éventualité. Selon Bloomberg,
plusieurs banquiers d’affaires auraient également visité
l’usine de la marque à Ängelholm au cours de l’année
écoulée.
Pour convaincre les investisseurs, Koenigsegg mise sur un
positionnement particulier. Selon Johan Ekdahl, la marque
ne doit pas être considérée comme un constructeur automobile
classique. Elle se situe plutôt à mi-chemin entre une
entreprise technologique et une marque de luxe. Comparable à
certaines maisons comme Hermès.
Outre ses hypercars, Koenigsegg développe en effet des technologies
très avancées qu’elle pourrait commercialiser sous licence.
Comme le moteur électrique Dark Matter. Ou encore la technologie de moteur FreeValve sans arbre à cames.
Un modèle économique encore fragile pour Koenigsegg
Malgré l’image prestigieuse de la marque, la
rentabilité reste irrégulière. Koenigsegg a enregistré une perte
d’exploitation de 27,8 millions de dollars en 2023. Avant
de revenir dans le vert en 2024 avec un bénéfice de 3,7 millions de
dollars.
Le carnet de commandes dépasse actuellement 400
voitures, mais la croissance reste limitée par le volume de
production très faible. Même pour des constructeurs bien
plus importants, la bourse ne garantit pas le succès.
L’exemple de Porsche, introduite en bourse en 2022, en est la
preuve. La valeur de son action a chuté d’environ 60% depuis son
introduction. Si Koenigsegg décide finalement de franchir le
pas, l’opération pourrait marquer une étape historique pour
l’industrie des hypercars.
Mais convaincre les investisseurs de miser sur une entreprise
produisant moins de cent voitures par an restera sans doute un
défi… Même pour l’une des marques les plus fascinantes de
l’automobile. Et pour cause, rien ne garantira aux futurs
investisseurs qu’il s’y retrouveront un jour ou l’autre.
Encore moins l’espoir d’être client de la marque un jour.















