Koenigsegg : le PDG pense que les hybrides Diesel sont meilleurs que l’électrique

Publié le 26 décembre 2025 à 14:30
Mis à jour le 29 décembre 2025 à 09:13
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Pour Christian Von Koenigsegg, « un hybride diesel serait génial ». Le patron de la marque d'hypercars remet même en cause l’électrique.

Et si l’avenir n’était pas tout électrique ? Christian von Koenigsegg, le visionnaire suédois à la tête de l’une des marques les plus radicales au monde, pense que les hybrides diesel sont une solution plus pertinente, plus légère et plus écologique que les véhicules 100% électriques. Un point de vue tranché, exprimé en marge du Festival of Speed de Goodwood, où sa dernière hypercar, la Sadair's Spear, a explosé le record de la montée en 47,14 secondes.

Hybride Diesel : une hérésie ou une évidence ignorée ?

Lors d’un entretien accordé à nos confrères de CarBuzz, von Koenigsegg a exprimé une opinion qui détonne dans une industrie focalisée sur l’électrique. « Une hybride Diesel serait géniale ».
L’idée est simple : une batterie suffisante pour couvrir 95% des trajets du quotidien, associée à un petit moteur Diesel tournant exclusivement avec du carburant renouvelable (type HVO). Résultat : moins de 5% des trajets seraient faits au thermique, dans des conditions optimales, pour des longs trajets ou des besoins ponctuels.
« Votre voiture est 300 kilos plus légère qu'une électrique à grande autonomie. Sa batterie est trois fois plus petite. C’est bien meilleur pour l’environnement. Et personne n’y pense ».
Mais pourquoi personne ne l’a déjà fait ? L’explication est autant politique qu’industrielle. Le Diesel est devenu un mot tabou depuis le Dieselgate, et les hybrides Diesel sont aujourd’hui rarissimes. Mercedes dispose des motorisations 350de et 300de en Europe. Jaguar aurait exploré cette option pour l’I-Pace, mais aucun autre constructeur n’a osé persévérer.

Un plaidoyer de plus en plus écouté ?

Pourquoi ? Complexité technique, coût, faible rentabilité, et surtout détérioration de l’image publique du Diesel, même dans sa forme renouvelable. Pourtant, Koenigsegg insiste. « Cela paraît plus compliqué, mais en masse, c’est beaucoup moins lourd. En 10 ans, avec une utilisation thermique à moins de 5%, l’impact environnemental global serait inférieur à celui d’un véhicule électrique classique ».
Ce discours s’inscrit dans une tendance émergente. De plus en plus de marques reconsidèrent les prolongateurs d’autonomie, à commencer par Ram avec son 1500 REV. Ou Scout Motors qui prévoit d’en équiper ses SUV et pick-up.
Pour l’instant, l'essence reste privilégiée, notamment pour des raisons de coût. Mais à terme, le Diesel HVO, plus dense en énergie, pourrait bien refaire surface. Du moins dans les niches techniques de haut niveau.
Ce n’est pas la première fois que Christian von Koenigsegg défend des idées à rebours de l’industrie. Moteurs Freevalve sans arbre à cames, solutions hybrides ultralégères, ou encore l’hypercar hybride Gemera et son 3 cylindres bi-turbo de 600 chevaux. Chaque innovation sort du cadre.

Avec cette nouvelle déclaration, il ouvre une porte que d’autres n’osent même pas effleurer. Et à une époque où les limitations pèsent sur les performances, sur les poids et sur les plaisirs… Il est peut-être temps d’écouter un peu plus les ingénieurs et un peu moins les tableurs Excel. Même s’ils parlent de Diesel.

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À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
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