Koenigsegg : le PDG pense que les hybrides Diesel sont meilleurs que l’électrique
Pour Christian Von Koenigsegg, « un hybride diesel serait génial ». Le patron de la marque d'hypercars remet même en cause l’électrique.
Et si l’avenir n’était pas tout électrique ? Christian von Koenigsegg, le visionnaire suédois à la tête de l’une des marques les plus radicales au monde, pense que les hybrides diesel sont une solution plus pertinente, plus légère et plus écologique que les véhicules 100% électriques. Un point de vue tranché, exprimé en marge du Festival of Speed de Goodwood, où sa dernière hypercar, la Sadair's Spear, a explosé le record de la montée en 47,14 secondes.
Hybride Diesel : une hérésie ou une évidence ignorée ?
Lors d’un entretien accordé à nos confrères de
CarBuzz, von Koenigsegg a exprimé une opinion qui
détonne dans une industrie focalisée sur l’électrique. « Une
hybride Diesel serait géniale ».
L’idée est simple : une batterie suffisante pour couvrir 95% des
trajets du quotidien, associée à un petit moteur Diesel
tournant exclusivement avec du carburant renouvelable (type
HVO). Résultat : moins de 5% des trajets seraient
faits au thermique, dans des conditions optimales, pour des longs
trajets ou des besoins ponctuels.
« Votre voiture est 300 kilos plus légère qu'une électrique à
grande autonomie. Sa batterie est trois fois plus petite. C’est
bien meilleur pour l’environnement. Et personne n’y pense
».
Mais pourquoi personne ne l’a déjà fait ? L’explication est
autant politique qu’industrielle. Le Diesel est devenu un mot tabou
depuis le Dieselgate, et les hybrides Diesel sont
aujourd’hui rarissimes. Mercedes dispose des motorisations 350de et
300de en Europe. Jaguar aurait
exploré cette option pour l’I-Pace, mais aucun autre constructeur
n’a osé persévérer.
Un plaidoyer de plus en plus écouté ?
Pourquoi ? Complexité technique, coût, faible
rentabilité, et surtout détérioration de l’image publique du Diesel, même dans sa
forme renouvelable. Pourtant, Koenigsegg insiste. « Cela paraît
plus compliqué, mais en masse, c’est beaucoup moins lourd. En 10
ans, avec une utilisation thermique à moins de 5%, l’impact
environnemental global serait inférieur à celui d’un véhicule
électrique classique ».
Ce discours s’inscrit dans une tendance émergente. De plus
en plus de marques reconsidèrent les prolongateurs d’autonomie, à
commencer par Ram avec son 1500 REV.
Ou Scout Motors qui prévoit d’en équiper ses SUV et pick-up.
Pour l’instant, l'essence reste privilégiée, notamment pour des
raisons de coût. Mais à terme, le Diesel HVO, plus dense en
énergie, pourrait bien refaire surface. Du moins dans les
niches techniques de haut niveau.
Ce n’est pas la première fois que Christian von Koenigsegg défend
des idées à rebours de l’industrie. Moteurs Freevalve sans arbre à
cames, solutions hybrides ultralégères, ou encore
l’hypercar hybride Gemera et son 3
cylindres bi-turbo de 600 chevaux. Chaque innovation sort du
cadre.
Avec cette nouvelle déclaration, il ouvre une porte que d’autres n’osent même pas effleurer. Et à une époque où les limitations pèsent sur les performances, sur les poids et sur les plaisirs… Il est peut-être temps d’écouter un peu plus les ingénieurs et un peu moins les tableurs Excel. Même s’ils parlent de Diesel.















