Aston Martin allège ses effectifs et ce serait la faute de Donald Trump
Chez Aston Martin, l’heure est à l’allègement des effectifs… Et Donald Trump n’y serait pas étranger, selon la marque britannique.
La marque fétiche de James Bond traverse une nouvelle zone de turbulences. Aston Martin a confirmé la suppression de près de 20% de ses effectifs après une année 2025 catastrophique sur le plan financier. Entre guerre commerciale, droits de douane américains et ralentissement du marché chinois, le constructeur britannique paie cher un contexte international explosif. Et selon son patron, l’administration Trump a clairement joué un rôle.
Des pertes qui explosent pour Aston Martin
Les chiffres publiés donnent le vertige. Le chiffre
d’affaires a reculé de 21% pour tomber à 1,26 milliard de livres
sterling (environ 1,6 milliard d’euros). Plus inquiétant encore,
les pertes d’exploitation ont
bondi de 161% pour Aston Martin. Celles-ci passant
alors de 99,5 millions de livres (132 millions d’euros) à 259,2
millions de livres. Soit près de 350 millions d’euros.
Sur l’ensemble de l’exercice 2025, la perte totale atteint 493
millions de livres sterling. Donc plus de 650 millions d’euros. La
production a également chuté.
Aston Martin n’a assemblé que 5.448 voitures l’an dernier.
Contre plus de 6.600 unités deux ans auparavant. Pour un
constructeur déjà fragile, la contraction est brutale.
Le PDG Adrian Hallmark pointe alors un « contexte géopolitique
et macroéconomique sans précédent ». En clair : les
tensions commerciales ont lourdement pesé sur
l’activité.
Les nouveaux droits de douane américains, entrés en vigueur peu
après l’investiture du président Donald Trump, ont
particulièrement pénalisé le constructeur.
Les règles d’importation ont été jugées si contraignantes qu’Aston Martin a temporairement suspendu ses exportations vers les États-Unis. Un accord a finalement été négocié entre le Premier ministre britannique Keir Starmer et Washington. Mais le mal était fait.
La Chine, autre front en difficulté
Hallmark l’a reconnu sans détour auprès de Bloomberg. « Je ne
veux pas imputer tous nos problèmes à Donald Trump, mais il a
certainement joué un rôle important dans les difficultés que nous
avons rencontrées l’an dernier ». L’objectif d’atteindre le
seuil de rentabilité en 2025 a été largement manqué.
En parallèle, la situation s’est dégradée en Chine. Le
segment du très haut de gamme y a nettement ralenti. En particulier
pour les marques occidentales comme Aston Martin.
Les volumes en Asie-Pacifique ont
reculé de 21%. Conséquence directe d’un marché chinois
moins dynamique et de nouvelles règles fiscales sur les voitures de
luxe introduites en juillet 2025. Un coup dur pour une
région qui constituait jusqu’ici un relais de croissance
stratégique.
Face à cette situation, Aston Martin engage une restructuration sévère.
La suppression d’un poste sur cinq doit permettre
d’économiser environ 40 millions de livres sterling. Le
coût de cette transformation est estimé à 15 millions de
livres.
La Valhalla comme bouffée d’oxygène pour Aston Martin ?
Le constructeur réduit également la voilure sur
l’électrification. Ses investissements consacrés aux véhicules
électriques sur cinq ans passent ainsi de 2 milliards à 1,7
milliard de livres sterling. Le développement de modèles
100% électriques est donc repoussé. Priorité étant donnée à la
stabilisation financière chez Aston Martin.
Une note plus positive apparaît toutefois dans le bilan. La
production de la Valhalla a enfin débuté.
Les 152 exemplaires livrés au quatrième trimestre ont contribué à
relever le prix moyen de vente.
Pour 2026, Aston Martin prévoit environ 500 livraisons
supplémentaires de cette supercar hybride.
Un volume qui pourrait améliorer significativement les marges et
soutenir le redressement financier.
Adrian Hallmark se veut
optimiste. L’exercice 2026 devrait alors afficher une nette
amélioration des résultats. Mais la question demeure. Dans
un environnement marqué par les tensions commerciales, la montée
des normes environnementales et la transition vers l’électrique, un
constructeur indépendant comme Aston Martin peut-il
encaisser de tels chocs répétés ?
L’icône britannique entre dans une phase critique. Entre restructuration interne et turbulences géopolitiques, la marque va devoir prouver qu’elle peut encore conjuguer prestige, performance… Et rentabilité. Même avec Donald Trump au pouvoir !















