Rimac Nevera : ce concessionnaire refuse de vendre son hypercar à 1,35 million d'euros pour une raison surprenante
À Naperville, un concessionnaire laisse filer une offre à 1,35 million d'euros pour une Rimac Nevera 2024 violette. Cette hypercar électrique est-elle devenue un investissement risqué ?
Sur le marché des voitures d’exception, refuser une offre à sept chiffres reste rare. C’est pourtant ce qui vient de se produire avec une Rimac Nevera 2024, hypercar 100 % électrique limitée à 150 exemplaires. Un concessionnaire de l’Illinois a préféré garder la voiture plutôt que de la céder à un riche enchérisseur.
Peinte dans la couleur violette Purple Haze et numérotée 69, cette Nevera affiche environ 3 500 miles au compteur, soit 5 600 km. Mise en vente sur la plateforme d’enchères Bring a Trailer par un distributeur de Naperville, elle a vu les enchères monter jusqu’à 1 601 000 dollars (environ 1 358 000 euros) avant de finir invendue. La raison tient à un simple chiffre.
Rimac Nevera : une enchère à 1,35 million d'euros refusée dans l’Illinois
Le 13 avril 2026, la vente se termine avec une offre maximale de 1 601 000 dollars, environ 1,35 million d’euros, pour cette Rimac Nevera 2024. Le vendeur avait fixé un prix de réserve plus élevé ; ce seuil n’ayant pas été atteint, la mention "réserve non atteinte" apparaît et la voiture reste dans le showroom du concessionnaire de l’Illinois.
Selon la feuille de fabrication, cet exemplaire valait 2,24 millions de dollars neuf, un peu plus de 2,1 millions d’euros. L’offre refusée équivaut donc à environ 28 % de moins pour une voiture de deux ans à peine, limitée à 150 unités et dotée de cette configuration Purple Haze particulièrement reconnaissable à Naperville.
Prix neuf, enchères et décote de l’hypercar électrique Rimac Nevera
Ce n’est pas la première fois qu’une Nevera peine à atteindre son prix catalogue. En 2023, un autre exemplaire a plafonné à 1,27 million de dollars aux enchères, très loin des 2,33 millions annoncés neuf, et n’a pas été vendu. Une vente organisée par Sotheby’s autour de 1,73 million d’euros pour un modèle facturé environ 2,85 millions va dans le même sens.
Les bases de données consacrées aux ventes d’hypercars recensent au moins deux Nevera passées au-delà du million de dollars, toutes restées invendues. Ce comportement tranche avec celui de certaines concurrents thermiques comme Bugatti ou Koenigsegg, dont plusieurs séries limitées se revendent parfois au-dessus du prix neuf grâce à une image bâtie depuis longtemps et au prestige de leurs moteurs.
Que révèle l’affaire Rimac Nevera sur le marché des hypercars électriques
Derrière ces chiffres apparaît une tendance plus large. Le fondateur Mate Rimac a expliqué qu’en 2024, seule une cinquantaine de Nevera environ avaient été livrées sur les 150 prévues, et que la demande pour les hypercars électriques de luxe se tasse. Il compare ces modèles à une montre connectée très performante, moins désirable pour un collectionneur qu’une montre mécanique rare.
Autre inquiétude chez les acheteurs, la possible obsolescence : batterie structurelle de 120 kWh, électronique complexe et logiciels évolutifs risquent de vieillir plus vite qu’un V12 atmosphérique qui conserve son attrait brut. Pendant que Rimac concentre aussi ses forces au sein du groupe commun avec Bugatti, beaucoup estiment qu’une future Bugatti électrique serait mieux accueillie par les investisseurs qu’une Nevera, uniquement grâce au poids historique de la marque française.














