Tremec TR-6060 : cette boîte manuelle culte va disparaitre du marché

Publié le 10 février 2026 à 13:00
Chevrolet Camaro ZL1 2016

Symbole discret des Viper, Camaro ou Cadillac CT5‑V Blackwing, la boîte manuelle Tremec TR‑6060 quittera les voitures neuves d’ici 2026. Que signifie cette disparition pour les passionnés ?

Dans l’ombre des V8 tonitruants et des carrosseries musclées, une pièce discrète a façonné toute une génération de sportives américaines : une simple boîte de vitesses manuelle à 6 rapports. Pendant près de vingt ans, elle a transformé chaque accélération en geste mécanique précis, presque rituel, pour les conducteurs qui refusaient de laisser une boîte auto décider à leur place...

Tremec TR-6060 : l’héritière de la T-56 devenue reine des V8

Son nom ne parle pas à tout le monde, mais les modèles qu’elle a équipés, oui. La Tremec TR-6060 a été le choix quasi automatique des Dodge Viper, Chevrolet Corvette, Chevrolet Camaro, Dodge Challenger et berlines Cadillac vitaminées. Or cette boîte culte vit ses dernières heures sur voitures neuves, avec un horizon fixé à 2026 qui change tout.
Née au milieu des années 2000 comme évolution de la Borg-Warner puis Tremec T-56, la Tremec TR-6060 est une boîte manuelle à 6 rapports pour propulsion, avec double surmultipliée. En clair : assez costaude pour encaisser sans broncher les plus gros V8 suralimentés de Detroit. Les constructeurs américains l’ont adoptée en masse pour sa robustesse et son feeling franc au levier. Dodge Viper, Chevrolet Corvette C6 et C7, Chevrolet Camaro SS et ZL1, Dodge Challenger SRT et Hellcat, Cadillac CTS-V, ATS-V puis Cadillac CT4-V Blackwing et Cadillac CT5-V Blackwing l’ont embarquée. Ford a fait bande à part avec la Mustang, qui n’a utilisé la TR-6060 que sur quelques versions Shelby très spécifiques.

Tremec TR-6060 : l’âge d’or d’une boîte devenue culte

Pour beaucoup de passionnés, la TR-6060 évoque d’abord les années où les murs des chambres étaient tapissés de Viper rouges et de Camaro orange. À la fin des années 2000, on la retrouve dans la Viper et la Corvette, puis elle devient presque incontournable sur les muscle cars et super-berlines américaines des années 2010, quand chaque constructeur veut sa propulsion à gros moteur et boîte manuelle.
L’apothéose arrive avec la Cadillac CT5-V Blackwing : un V8 6,2 litres suralimenté de 668 ch, et une boîte manuelle Tremec livrée de série, une automatique à 10 rapports restant en option. Plus de la moitié des clients choisissent encore les trois pédales, un chiffre rare aujourd’hui. La CT4-V Blackwing propose le même cocktail en format plus compact, avec un V6 biturbo. Le tableau se referme vite. La Viper a disparu, la Camaro et la Challenger ont stoppé leur carrière, la Corvette est passée à une boîte à double embrayage, et la part de boîtes manuelles s’est effondrée sur le marché. Cadillac a confirmé que les CT4 et CT5 seraient arrêtées après l’année-modèle 2026. Avec elles, la TR-6060 quittera la production de série, poussée dehors par les automatiques ultra efficaces, les contraintes de CO₂ et l’essor de l’électrique...

Pour les amateurs français, ces modèles étaient déjà rares, pénalisés par le malus et l’homologation. Ils deviendront vite des objets de collection, tout comme les Viper ou Camaro ZL1 équipées de cette mécanique. La boîte, elle, ne disparaît pas vraiment : Tremec continue de vendre une version aftermarket, la Tremec Magnum. De quoi alimenter longtemps encore les projets de restomod et de swaps sur anciennes américaines importées, loin des concessions mais très vivante dans les garages de passionnés.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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