Tremec TR-6060 : cette boîte manuelle culte va disparaitre du marché
Symbole discret des Viper, Camaro ou Cadillac CT5‑V Blackwing, la boîte manuelle Tremec TR‑6060 quittera les voitures neuves d’ici 2026. Que signifie cette disparition pour les passionnés ?
Dans l’ombre des V8 tonitruants et des carrosseries musclées, une pièce discrète a façonné toute une génération de sportives américaines : une simple boîte de vitesses manuelle à 6 rapports. Pendant près de vingt ans, elle a transformé chaque accélération en geste mécanique précis, presque rituel, pour les conducteurs qui refusaient de laisser une boîte auto décider à leur place...
Tremec TR-6060 : l’héritière de la T-56 devenue reine des V8
Son nom ne parle pas à tout le monde, mais les modèles qu’elle a
équipés, oui. La Tremec TR-6060 a été le choix
quasi automatique des Dodge Viper, Chevrolet Corvette, Chevrolet
Camaro, Dodge Challenger et berlines Cadillac vitaminées. Or cette
boîte culte vit ses dernières heures sur voitures neuves, avec un
horizon fixé à 2026 qui change tout.
Née au milieu des années 2000 comme évolution de la Borg-Warner
puis Tremec T-56, la Tremec TR-6060 est une boîte manuelle à 6
rapports pour propulsion, avec double surmultipliée. En clair :
assez costaude pour encaisser sans broncher les plus gros V8
suralimentés de Detroit. Les constructeurs américains l’ont adoptée
en masse pour sa robustesse et son feeling franc au levier.
Dodge Viper, Chevrolet Corvette
C6 et C7, Chevrolet Camaro SS et ZL1, Dodge Challenger SRT et
Hellcat, Cadillac CTS-V, ATS-V puis
Cadillac CT4-V Blackwing et Cadillac CT5-V
Blackwing l’ont embarquée. Ford a fait bande à part
avec la Mustang, qui n’a utilisé la TR-6060 que sur quelques
versions Shelby très spécifiques.
Tremec TR-6060 : l’âge d’or d’une boîte devenue culte
Pour beaucoup de passionnés, la TR-6060 évoque
d’abord les années où les murs des chambres étaient tapissés de
Viper rouges et de Camaro orange. À la fin des années
2000, on la retrouve dans la Viper et la Corvette, puis
elle devient presque incontournable sur les muscle
cars et super-berlines américaines des années 2010, quand
chaque constructeur veut sa propulsion à gros moteur et boîte
manuelle.
L’apothéose arrive avec la Cadillac CT5-V
Blackwing : un V8 6,2 litres suralimenté de 668 ch, et une
boîte manuelle Tremec livrée de série, une automatique à 10
rapports restant en option. Plus de la moitié des clients
choisissent encore les trois pédales, un chiffre rare aujourd’hui.
La CT4-V Blackwing propose le même cocktail en
format plus compact, avec un V6 biturbo. Le tableau se referme
vite. La Viper a disparu, la Camaro et la Challenger ont stoppé leur
carrière, la Corvette est passée à une boîte à double embrayage, et
la part de boîtes manuelles s’est effondrée sur le marché. Cadillac
a confirmé que les CT4 et CT5 seraient arrêtées après
l’année-modèle 2026. Avec elles, la TR-6060 quittera la production
de série, poussée dehors par les automatiques ultra efficaces, les
contraintes de CO₂ et l’essor de l’électrique...
Pour les amateurs français, ces modèles étaient déjà rares, pénalisés par le malus et l’homologation. Ils deviendront vite des objets de collection, tout comme les Viper ou Camaro ZL1 équipées de cette mécanique. La boîte, elle, ne disparaît pas vraiment : Tremec continue de vendre une version aftermarket, la Tremec Magnum. De quoi alimenter longtemps encore les projets de restomod et de swaps sur anciennes américaines importées, loin des concessions mais très vivante dans les garages de passionnés.














