« C'était devenu ennuyeux » : Subaru lance un plan pour faire renaître ses sportives

Publié le 2 août 2026 à 09:00
Subaru Performance E-STI : voici la silhouette du concept nippon

Subaru admet que ses icônes se sont assagies et change de méthode. Une nouvelle division ambitionne de relancer ses sportives manuelles.

Si vous avez connu les années où une Subaru WRX STI faisait rêver tout le parking du lycée, vous avez sans doute senti le souffle retomber. La marque japonaise reconnaît aujourd’hui que ses sportives avaient perdu un peu de leur attrait : "Nous avons décidé d'arrêter de faire les choses à l'ancienne, parce que c'est ennuyeux", a résumé Tetsuro Fujinuki, directeur technique de Subaru Corporation. En d'autres termes, Subaru relance ses sportives et assume vouloir redevenir attractive.

Subaru : la panne de désir de ses sportives

Pour y arriver, le constructeur a créé une nouvelle structure dédiée, le "Product Innovation Headquarters", et à l’intérieur un bureau très ciblé : le Sports Vehicle Planning Office. Sa mission tient en quelques mots : remettre de la passion dans les modèles de série et reconnecter les voitures de route aux programmes de compétition. Sur le papier, c’est le plus gros virage "enthousiastes" de Subaru depuis plus de dix ans, mais les fervents fans attendent désormais des voitures réelles, pas seulement des concepts de salon. La réputation de Subaru s’est construite sur des machines de rallye civilisées : WRX, WRX STI, Legacy GT, Forester XT. Puis la mécanique s’est grippée. La WRX est devenue plus sage, la WRX STI a disparu après le millésime 2021 et le dernier modèle américain ne développait que 310 ch, soit 10 ch de plus qu’en 2004. Pendant que Toyota sortait la GR Corolla et Honda, la Civic Type R, la gamme performance Subaru donnait l’impression de tourner en rond. Les dirigeants mettaient surtout en avant le durcissement des normes d’émissions et de consommation pour justifier l’absence de vrais progrès sur les moteurs thermiques. Dans les faits, la priorité est allée aux SUV familiaux et aux modèles électrifiés. Résultat : des concepts sportifs qui faisaient parleur d'eux dans la sphère automobile, puis retour au silence en concession. D’où cet aveu rare de Tetsuro Fujinuki sur un processus interne saturé de réunions, trop lent pour sortir des voitures plaisir à temps...

Subaru : une nouvelle division pour relancer

Depuis le 1er avril 2026, le département "Product & Portfolio Innovation" chapeaute l’innovation produit chez Subaru. Le "Sports Vehicle Planning Office" y joue le rôle de studio des sportives : petite équipe focalisée sur les modèles à fort enthousiame, en lien direct avec les ingénieurs, le marketing et la branche compétition Subaru Tecnica International. L’objectif est de raccourcir les cycles de développement et de rendre viables des projets de niche. Ce bureau pilote déjà un BRZ turbo à transmission intégrale destiné au championnat d’All Japan Rally, vitrine du nouveau lien route–course. C’est aussi dans ce cadre qu’ont été teasées, lors des 24 Heures de Fuji en Super Taikyu, trois futures Subaru sportives manuelles. Le message envoyé aux fans est simple : les boîtes auto ne feront pas tout, la marque veut garder des modèles à trois pédales pour celles et ceux qui aiment vraiment conduire.
Derrière ces silhouettes camouflées, on distingue déjà les grandes lignes : une berline qui évoque une WRX plus méchante, un coupé proche du BRZ et une compacte cinq portes, probable cousine de l’Impreza. Les trois seraient proposées en boîte manuelle et visent une arrivée autour de 2027. De quoi recréer une petite gamme cohérente, du coupé joueur à la familiale sportive.

Subaru explique que la progression de ses ventes hybrides et électriques lui offre un peu de "budget CO₂" pour maintenir quelques sportives thermiques sans exploser la moyenne d’émissions. Une question reste toutefois en suspens pour les passionnés français : ces nouvelles Subaru sportives auront-elles droit à une carrière chez nous ? Entre malus, contraintes CO₂ et production limitée, leur arrivée en Europe est loin d’être acquise. Mais le virage pris par la marque laisse espérer un retour aux fondamentaux : des autos simples, engageantes et pensées avant tout pour le plaisir de conduire.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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