La première Ferrari électrique n'est même pas encore lancée qu'elle crée déjà la surprise en Chine
Critiquée en Europe, la première Ferrari 100 % électrique rencontre un tout autre accueil en Chine, où son premier quota de véhicules aurait déjà trouvé preneur.
La Ferrari Luce, première Ferrari 100 % électrique, n’a encore été livrée à aucun client chinois qu’elle fait déjà parler d’elle. Cette grande berline à batterie, loin des silhouettes de F40 ou de 458 Italia, divise les fans historiques, mais en Chine, les commandes affluent au point que l’on parlerait déjà de rupture de stock...
Ferrari Luce : une première Ferrari électrique taillée pour la Chine
Pour son lancement fin juin à Shanghai, Ferrari aurait réservé 88 exemplaires au marché chinois, facturés autour de 3 988 000 yuans, soit environ 550 000 €. Des médias locaux ont assuré que ces 88 voitures avaient été réservées en quelques heures, alors que Ferrari Beijing continuerait à accepter des commandes. Entre buzz marketing et engouement réel, la frontière semble volontairement floue. La Luce ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait d’une Ferrari de poster. C’est une berline électrique de luxe, 4 portes et 5 places, dotée de quatre moteurs pour un total d’environ 1 050 ch. L’habitacle mise sur le confort, le silence et la technologie, avec une présentation qui évoque davantage une grande Mercedes qu’une supercar radicale destinée à la piste. Le design extérieur a été développé avec le studio LoveFrom de Jony Ive, ex-patron du design chez Apple, dans une approche très lissée et minimaliste. De nombreux passionnés ont jugé la ligne trop sage, voire banale, et les réseaux sociaux se sont enflammés. Le jour de la révélation, l’action Ferrari a perdu autour de 6 % en Bourse et la direction commerciale a été remaniée. De son côté, le directeur général Benedetto Vigna a tout de même parlé d’"un fort intérêt" pour la Luce, dépôts inclus.
Ferrari Luce : 88 exemplaires, vraie rupture ou storytelling ?
À Shanghai, la marque italienne a annoncé une allocation initiale de 88 voitures pour la Chine, chiffre porte-bonheur local et gage d’exclusivité. Des sites spécialisés ont affirmé que ces 88 exemplaires avaient trouvé preneur en quelques heures seulement, au prix d’environ 3 988 000 yuans, soit près de 550 000 € pièce, ce qui placerait la Luce dans le très haut du panier même pour les standards chinois. Des médias économiques pékinois, citant des concessionnaires, décrivent une réalité plus nuancée : Ferrari Beijing accepterait encore des commandes et aucune voiture de démonstration ne serait disponible, uniquement un prototype statique. Les réservations reposent donc sur des photos, des maquettes et quelques présentations privées. Tout laisse penser que Ferrari pourrait augmenter le quota chinois si le carnet de commandes continue de se remplir. En Europe et aux États-Unis, la Luce a été accueillie fraîchement. Les critiques dénoncent une Ferrari "trop électrique", trop lourde, pas assez expressive visuellement. La chute du titre en Bourse a montré à quel point le pari inquiète certains investisseurs. Pourtant, sur place, les réactions chinoises paraissent plus pragmatiques, focalisées sur le confort, l’image sociale et l’accès prioritaire à la première Ferrari électrique.
Pour une clientèle ultra-fortunée de Pékin ou de Shanghai, l’important reste le cheval cabré sur le capot, même si la voiture ressemble davantage à un salon roulant qu’à une pistarde. Une berline silencieuse, rapide et statutaire, dans laquelle on peut se faire conduire, colle davantage aux usages locaux qu’un coupé extrême. Si les dépôts se transforment en livraisons fermes, la Luce pourrait encourager Ferrari à concevoir d’autres modèles électriques d’abord pensés pour les attentes chinoises...














