Volkswagen : le groupe envisage de vendre Lamborghini et Ducati

Publié le 2 juillet 2026 à 15:30
Ducati Diavel 1260 et Lamborghini Sian FKP 37 (2021)

Volkswagen étudierait la vente ou l'introduction en Bourse de Lamborghini et Ducati pour financer sa transformation.

Longtemps cantonnée aux rumeurs, l'idée de voir Volkswagen se séparer de Lamborghini ou de Ducati prend aujourd'hui une tout autre ampleur. Le groupe allemand, qui contrôle les deux marques via Audi, étudierait plusieurs options, dont une cession ou une introduction en Bourse, afin de financer sa profonde restructuration et les lourds investissements liés à sa transition industrielle.

Volkswagen : un plan social géant à financer

Ces réflexions arrivent au moment où Volkswagen prépare un plan d’économies d’une ampleur inédite, sous la pression d’un marché automobile chahuté. Autour du patron Oliver Blume, conseillers financiers et banquiers passent au crible tout le portefeuille, jusqu’aux marques de luxe longtemps considérées comme intouchables. Le groupe a déjà annoncé la suppression possible de jusqu’à 100 000 emplois et la fermeture de quatre usines, principalement en Allemagne. L’objectif est de dégager entre 10 et 11 milliards d’euros pour moderniser les sites, développer de nouvelles plateformes électriques et tenter de rattraper l’avance prise par plusieurs constructeurs chinois sur les segments d’entrée et de milieu de gamme. Pour trouver cet argent, Volkswagen a déjà commencé à vendre des actifs jugés non stratégiques. Le constructeur a cédé 51 % d’Everllence, ex-division de moteurs marins et industriels, à un fonds mené par Bain Capital, pour environ 7,4 milliards d’euros, sur la base d’une valorisation proche de 10 milliards ; un succès qui pourrait inciter le groupe à se pencher sur d'autres actifs emblématiques de son portefeuille.

Lamborghini et Ducati : des marques qui valent de l’or

Rachetée en 1998 pour environ 110 millions de dollars, soit un peu plus de 100 millions d’euros, Lamborghini est devenue l’un des actifs les plus rentables du groupe. Bloomberg Intelligence l’évalue aujourd’hui à plus de 22 milliards de dollars, environ 20 milliards d’euros, après un dernier exercice marqué par près de 888 millions de dollars de bénéfices, malgré des droits de douane pénalisants. Ducati suit une trajectoire similaire sur deux roues. La marque italienne de motos sportives, achetée en 2012 pour environ 909 millions de dollars (près de 830 millions d’euros), affiche des marges élevées et une image très forte en compétition. À chaque grande cure d’austérité chez VW, son nom revient comme candidat possible à une vente, déjà évoquée en 2017 avant d’être abandonnée.
D’après le Financial Times, les conseillers du groupe explorent plusieurs pistes : cession totale de Ducati, introduction en Bourse d’une partie du capital de Lamborghini sur le modèle de Porsche, ou encore ouverture du capital de filiales comme PowerCo (batteries) et Scout (véhicules utilitaires américains). Aucune annonce officielle n’a été faite pour l’instant et Volkswagen refuse de commenter ces spéculations.

Dans ce jeu de scénarios, l’Italie observe de près le sort de Sant’Agata Bolognese et de Borgo Panigale, où se trouvent les usines de Lamborghini et Ducati. Ces sites font vivre des milliers d’emplois directs et un dense réseau de sous‑traitants ; un éventuel nouvel actionnaire devrait composer avec cette réalité locale, et avec un État italien doté de pouvoirs de protection renforcés sur ses fleurons industriels.

Source : Carscoops

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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