Porsche 911 GT2 RS (2010) : la dernière GT2 à proposer une boîte de vitesses manuelle
En 2010, Porsche lance la 997 GT2 RS, 620 ch et trois pédales pour une poignée d’initiés. Derrière ce monstre de piste, un choix stratégique va tout changer.
Elle a l’air d’une 911 comme les autres, mais sous son énorme aileron se cache un tournant de l’histoire Porsche. La Porsche 911 GT2 RS, de 2010, est la dernière 911 GT2 proposée avec une boîte manuelle. Trois pédales, un simple levier à six rapports, et une réputation d’auto qui ne pardonne pas.
Porsche 911 GT2 RS : dernière GT2 à boîte manuelle
Depuis, toutes les GT2 ont basculé sur une transmission à double embrayage. Résultat : pour qui rêve d’une GT2 RS à l’ancienne, brutale et à gérer soi-même, cette 997 devenue culte est le seul passage obligé, avec une rareté qui la rend encore plus convoitée. La lignée GT2 commence au milieu des années 90 avec la 993 GT2, puis continue avec les 996 et 997 "classiques". Toutes partagent la même philosophie : propulsion, gros turbo, boîte à six vitesses actionnée à la main, aucune alternative automatisée. Ce trio a nourri le surnom de "widowmaker", gagné sur circuit et sur routes piégeuses. La 997 GT2 RS marque une double rupture. C’est la première GT2 à porter le badge RS, synonyme de programme allégé et de série très limitée, et elle n’a été produite qu’à 500 exemplaires entre 2010 et 2011, dont 132 livrés aux États-Unis et une quinzaine seulement en France. Quand la génération 991 arrive en 2017, la GT2 RS adopte une transmission PDK, laissant la 997 GT2 RS seule GT2 RS à trois pédales et, encore aujourd’hui, la 911 de série à boîte méca la plus puissante jamais sortie.
Porsche 911 GT2 RS : 620 ch, moteur Mezger et sensations très brutes
Derrière la banquette symbolique, on trouve un flat-six
3,6 litres biturbo basé sur l’architecture Mezger, dérivée
des prototypes 962 et de la 911 GT1. Il développe 620 ch et 700 Nm
envoyés uniquement aux roues arrière, via une transmission à six
rapports associée à un volant moteur mono-masse. Ce choix
d’allègement rend l’embrayage nettement plus ferme et la prise de
couple plus sèche qu’une 911 "normale". Le reste suit la même
logique radicale : environ 70 kg gagnés sur la GT2 grâce aux
éléments en carbone, au vitrage allégé, à une
batterie lithium-ion optionnelle. Au final, la GT2
RS pèse autour de 1 370 kg, atteint 100 km/h en un peu
plus de 3,3 secondes et file à environ 330 km/h. Sur la boucle nord
du Nürburgring, elle a signé un
tour en 7 min 18 s, plus rapide qu’une Carrera GT,
confirmant que ses performances appartiennent clairement au monde
des supercars.
Quand Porsche dévoile la 991 GT2 RS en 2017, le
constructeur impose une boîte PDK à sept rapports, sans même
proposer d’option mécanique. Le choix ne vient pas d’une contrainte
technique : la génération précédente de 911 Turbo
offrait déjà la PDK au moment où la 997 GT2 RS sortait.
Frank-Steffen Walliser, alors patron de Porsche
Motorsport et des modèles GT, a expliqué que la solution manuelle
n’avait pas été sérieusement envisagée pour cette nouvelle GT2.
L’objectif est clair : gérer plus de 700 ch, un couple encore supérieur et chasser les chronos absolus, mission où la PDK excelle. En parallèle, Porsche a réservé les trois pédales aux GT3 et dérivés à moteur atmosphérique, jugés plus compatibles avec un usage routier fréquent. Ce découpage laisse la 997 GT2 RS dans une case unique : celle de la dernière GT2 méca, à la fois ultra performante et farouchement analogique.














