7 min 35 s au Nürburgring : la Hyundai Ioniq 6 N entre dans un territoire réservé aux supercars
Avec un temps de 7 min 35 s 42 sur la Nordschleife, la Hyundai Ioniq 6 N s’invite parmi des références bien plus prestigieuses. Une performance qui change le regard porté sur les sportives électriques.
Les électriques qu'on imaginait essoufflées au bout de deux virages commencent à changer d'image. La preuve avec la Hyundai Ioniq 6 N, version 641 ch de la berline coréenne, qui vient de couvrir la Nordschleife du Nürburgring en 7 min 35 s 42. Une berline familiale qui flirte soudain avec les chronos de supercars.
Selon le magazine allemand Sport Auto, qui a chronométré l’auto dans son célèbre Supertest, le temps a été signé sur la grande boucle de 20,8 km avec le pilote-essayeur Christian Gebhardt au volant. Sur le papier, cette Ioniq 6 N reste une voiture de tous les jours ; sur la piste, elle bouscule des icônes qu’on pensait intouchables.
Plus rapide qu’une GT‑R R35 dans les tests indépendants
Dans les archives de nos confrères de Sport Auto, la première Nissan GT‑R R35 testée en 2009 a tourné en 7 min 38 s sur la Nordschleife, puis une autre GT‑R a abaissé ce repère à 7 min 36 s en 2011, avec le même pilote. Les premiers temps officiels communiqués par Nissan tournaient aussi autour de 7 min 38 s.
Plus tard, l’équipe usine a fini par descendre à 7 min 27 s 56, un chrono qui reste devant celui de la Hyundai. Mais le fait qu’une berline électrique approche à quelques secondes d’une GT‑R orientée piste impressionne, d’autant qu’elle devance aussi, dans ces mêmes tableaux de temps, des références comme la Ferrari 458 Italia ou la Porsche Carrera GT.

Ce qui permet à la Hyundai Ioniq 6 N d’aller si vite au Nürburgring
Pour tenir ce rythme, la version N de l’Ioniq 6 s’appuie sur une architecture à deux moteurs et quatre roues motrices. Le mode N Grin Boost porte la puissance à 641 ch et le couple à 770 Nm, suffisant pour abattre le 0 à 100 km/h en 3,2 s et atteindre 257 km/h, grâce à une batterie de 84 kWh en 800 V capable d’encaisser les fortes sollicitations.
L’aérodynamique de type "streamliner" aide beaucoup : coefficient de traînée (Cx) voisin de 0,27 et appendices aérodynamiques de la finition N assurent la stabilité dans les longues portions rapides. Le châssis reçoit des amortisseurs pilotés ECS, un différentiel e‑LSD, le freinage régénératif N Brake Regen et la gestion thermique N Battery, qui pré-conditionne la batterie avant une "attaque", développement signé Hyundai N entre Namyang et le Nürburgring.
Ioniq 6 N face aux autres électriques sportives
Dans le même Supertest, la Hyundai Ioniq 5 N, plus haute et moins profilée, a signé 7 min 45 s 59, soit plus de dix secondes de plus. La 6 N profite clairement de sa silhouette plus basse et de ses réglages spécifiques pour gagner de la vitesse dans les grandes courbes, au point de se rapprocher de la très affûtée Porsche Taycan Turbo GT en pack Weissach, elle aussi passée par ce protocole.
L’Ioniq 6 N devient seulement la troisième électrique passée par cet exercice, après l’Ioniq 5 N et la Taycan Turbo GT, preuve que les voitures électriques commencent à encaisser de vraies sessions sur piste. Avec jusqu’à 487 km d’autonomie WLTP et une recharge de 10 à 80 % en environ 18 minutes sur borne rapide, cette berline qui tutoie les temps de supercars reste exploitable au quotidien.














