Aston Martin Valkyrie : la marque lance une campagne de rappel des plus insolites !
Aston Martin rappelle sept Valkyrie pour un défaut de freinage capable de déclencher un incendie. Un scénario digne d'un film.
Sept. C'est le nombre d'Aston Martin Valkyrie concernées par l'un des rappels les plus étonnants de l'histoire récente de l'automobile. En cause : un freinage qui, dans des conditions extrêmes, peut littéralement prendre feu. De quoi faire frémir les heureux propriétaires de l'hypercar britannique.
Un défaut de freinage qui peut virer à l’incendie pour l’Aston Martin
Le constructeur britannique a déclenché une campagne
de rappel visant sept exemplaires de la Valkyrie millésime 2024,
toutes dotées du pack piste. Le coupable se niche dans le
maître-cylindre de frein. Un joint peut s'y déformer sous
des sollicitations dynamiques très particulières.
Une fois déformé, ce joint de l’Aston Martin empêche le liquide de
frein de regagner le réservoir lorsque le pilote relâche la pédale.
Résultat, la pression ne retombe pas. Le liquide s'accumule jusqu'à
un point de saturation. Et les freins finissent par frotter
en continu sur les disques.
Si ces derniers sont déjà portés à haute température par une
conduite engagée, la chaleur dégagée peut alors enflammer la résine
du conduit de refroidissement arrière, fabriqué en fibres de
carbone. Un enchaînement spectaculaire, mais bien réel, que
l'hypercar Aston Martin au V12 atmosphérique peut
théoriquement subir sur circuit.
Rassurons d'emblée les conducteurs : ce défaut ne se manifeste que
dans des conditions ultra-spécifiques. Impossibles à réunir sur
route ouverte.
Il faut évoluer sur piste, avec l'ESP réglé sur Sport, Track ou désactivé. La Valkyrie doit ensuite partir en survirage marqué, dépasser les seuils de lacet et d'angle de dérive… Tout ça, pendant que le pilote contre-braque suffisamment pour que l'électronique intervienne sur la roue avant intérieure. Ajoutez une glissade latérale à très haute vitesse, une remise des gaz juste avant le freinage, puis un appui brutal sur la pédale au moment précis où les deux circuits ont été pré-remplis par l'ESP.
Des conditions très particulières, mais pas impossibles à réunir
C'est seulement à cet instant que les freins peuvent
se mettre à frotter, sans avertissement. Même si le pilote devrait
ressentir l'anomalie à la pédale. Un concours de
circonstances qui relève presque de l’exploit à bord d’une
Valkyrie.
L'origine du problème remonte à la conception même du système de
freinage. À l'époque, Aston Martin n'avait jamais prévu d'y
associer un ESP ni un contrôle de traction réglable. D’où
cette impossibilité de gérer simultanément le liquide de frein via
la pédale et via l'électronique.
Aston Martin a flairé un souci dès novembre 2022 et
travaillé main dans la main avec son fournisseur Alcon. La cause
exacte n'a été identifiée qu'en février 2025, suivie un mois plus
tard d'un correctif. La nouvelle pièce a commencé à être
déployée en septembre 2025.
Début 2026, le Critical Concerns Review Group a
passé les données au crible avant de recommander, fin mai, un
rappel volontaire. Les propriétaires de Valkyrie concernés
devront confier leur hypercar à un atelier pour remplacer le
maître-cylindre par une version compatible avec l'ESP et
l'antipatinage.
Valkyrie : une hypercar trop pointue pour sa propre électronique ?
Au final, ce rappel illustre surtout la radicalité
d'une machine pensée pour la performance absolue. La
Valkyrie pousse si loin les limites du pilotage qu'elle parvient à
déjouer ses propres garde-fous électroniques.
Avec seulement sept voitures concernées et un scénario quasi
impossible à reproduire en dehors d'un circuit, Aston Martin joue
la carte de la prudence. Reste une question : combien
d'autres surprises techniques nous réservent ces hypercars
d'exception, conçues pour repousser sans cesse les
frontières de l'ingénierie ?















