1 250 ch, un record à Laguna Seca et une carrosserie en carbone rouge dégradé : cette Czinger 21C défie Koenigsegg
Livrée à Salt Lake City, cette Czinger 21C hybride en carbone rouge dégradé vers le gris bouscule déjà les codes. Sur la piste comme en showroom, Koenigsegg est clairement visé.
Koenigsegg a bâti sa légende sur la fibre de carbone nue, parfaitement ajustée, presque clinique. Une jeune marque américaine vient pourtant lui voler la vedette sur ce terrain fétiche : cette rare Czinger 21C, hypercar hybride fabriquée à Los Angeles, arbore une carrosserie en carbone rouge qui se dégrade en gris foncé.
Produite seulement à quelques dizaines d’exemplaires, la 21C ne joue déjà pas dans la même cour que les sportives classiques. Cet exemplaire, livré via la nouvelle concession Czinger de Salt Lake City, reçoit le kit aérodynamique High Downforce et surtout une robe en carbone teinté absolument unique, prolongée par un habitacle coordonné rouge et gris. De quoi attirer les collectionneurs… et piquer l’orgueil de Koenigsegg, référence mondiale du carbone.
Une Czinger 21C en fibre de carbone rouge qui se dégrade en gris
À l’avant, le capot, les ailes, les rétroviseurs et la partie avant des portes sont réalisés en carbone apparent teinté rouge, sans peinture couvrante. En avançant vers l’arrière, les panneaux laissent progressivement place à un carbone gris foncé plus classique, jusqu’au diffuseur. Une bande centrale en carbone joue l’effet inverse : gris au nez, elle devient rouge sur le capot moteur, comme un dégradé inversé qui traverse toute la voiture.
Les détails suivent la même partition. La Czinger repose sur des jantes noires en carbone, derrière lesquelles se cachent des étriers de frein rouges. À l’intérieur, les coques de sièges sont moulées en carbone rouge, les dossiers mêlent trame standard et rouge, tandis que les pédales usinées reçoivent elles aussi une finition rouge vif. Le thème bicolore traverse ainsi l’auto de l'avant jusqu’à l'habitacle, sans rupture.
Carbone teinté : un terrain de jeu où Czinger rejoint Koenigsegg
Le constructeur suédois Koenigsegg s’est imposé comme maître du carbone structurel, avec des monocoques et même des jantes entièrement réalisées dans ce matériau, souvent laissées "brut verni". Czinger choisit une autre voie : garder le tissage apparent, mais coloré. Sur cette 21C, l’effet dégradé rouge vers gris donne au carbone un rôle esthétique à part entière, pas seulement technique.
Obtenir un tel résultat demande un vrai travail d’atelier. Le carbone visible dépend de la trame, de la résine et du vernis transparent qui le recouvre. Quand il est teinté, rouge ici, l’homogénéité doit rester parfaite d’un panneau à l’autre, sous tous les angles de lumière. Ajouter un dégradé impose d’aligner minutieusement les couches et les raccords : la moindre erreur saute aux yeux. Peu d’hypercars de route tentent ce genre d’exercice aussi poussé.
Sous la robe dégradée, 1 250 ch et un record face à Koenigsegg
Derrière cette mise en scène se cache une fiche technique à la hauteur de son look. La Czinger 21C combine un V8 2,88 litres biturbo de 750 ch à deux moteurs électriques installés à l’avant. La puissance totale, transmise aux quatre roues, est d’environ 1 250 ch. Dans sa configuration la plus radicale, la voiture reste proche de 1 240 kg, ce qui donne un rapport poids/puissance digne d’un prototype d’endurance.
Sur le circuit de WeatherTech Raceway Laguna Seca, en Californie, la 21C a repris à la Koenigsegg Jesko Attack le record du tour pour une voiture de série. Son temps a été de 1 min 22 s 30, soit près de deux secondes de mieux. Affichée autour de 2,3 millions de dollars hors options, et facilement proche de 3 millions une fois personnalisée, soit environ 2 à 2,6 millions d’euros, cette hypercar en série très limitée réserve donc son carbone dégradé à quelques clients américains capables de signer des chèques à la hauteur de leurs envies.














