McLaren : cette sportive hybride pourrait bientôt disparaître du catalogue
Première supercar hybride rechargeable de McLaren, l’Artura pourrait déjà quitter le catalogue en 2028. Derrière cette fin annoncée se joue un virage majeur pour la marque.
Dans les rêves de McLaren, l'Artura devait incarner le futur hybride de la marque. Quatre ans plus tard, la première supercar hybride rechargeable de Woking s’apprête déjà à quitter la scène : un plan produit détaillé évoque une sortie de gamme autour de 2028, soit à peine six ans après les premières livraisons.
McLaren : tourner la page de l’Artura plus tôt que prévu
Ce document, révélé par Automotive News, n’a pas encore été confirmé officiellement par McLaren. Mais mis bout à bout avec la carrière compliquée de l’Artura, il dessine le même scénario : la marque va tourner la page plus vite que prévu, pour laisser la place à une nouvelle génération de modèles hybrides et à son tout premier SUV. Sur le papier, l’Artura cochait beaucoup de cases : environ 700 ch grâce à un V6 biturbo associé à un moteur électrique, une nouvelle plateforme en carbone MCLA et la promesse de rouler en électrique sur quelques kilomètres. Sauf que la concurrence n’est pas restée immobile. La Ferrari 296 GTB a monté la barre à 819 ch, la Lamborghini Temerario l’a encore poussée à 907 ch, reléguant la McLaren au second plan dans les conversations de passionnés. Un concessionnaire américain résume crûment cette absence d’étincelle : "Il n’y avait aucun 'headline' pour l’Artura" [...] "La puissance était correcte, le prix était correct", explique-t-il, avant de pointer une silhouette jugée trop proche de l’ancienne 570S et l’abandon du V8 au profit d’un V6 hybride. Aux États-Unis, les chiffres traduisent ce manque de désir : 510 Artura immatriculées en 2025, puis seulement 205 sur le premier semestre 2026, soit une baisse d’environ 18 %.
McLaren : une nouvelle génération de modèles
Présentée en 2020 comme vitrine technologique,
l’Artura n’a véritablement rejoint les garages des clients qu’en
2022, voire 2023 en Amérique du Nord. Entre-temps, la crise du
Covid et la pénurie de semi-conducteurs ont repoussé plusieurs fois
le calendrier. Au moment où les premières voitures arrivaient
enfin, le marché regardait déjà ailleurs, vers des
concurrentes plus spectaculaires. S’ajoutent à
cela des soucis très concrets : problèmes
logiciels, défauts de fiabilité, livraisons suspendues,
production réduite à zéro fin 2022. Michael
Leiters, directeur général de McLaren, a reconnu que la
voiture n’était pas assez aboutie pour les clients. Pour financer
les corrections techniques, le constructeur a
vendu pour plus de 120 millions de dollars de modèles de sa
collection historique, soit autour de 110 millions d’euros, un aveu
implicite de l’ampleur du chantier.
Derrière cette sortie de route annoncée se cache un virage assumé.
Dès 2027, McLaren prépare la P34, une nouvelle
supercar V6 hybride de plus de 800 ch et produite à quelque 1 000
exemplaires la première année. En 2028, doit arriver le SUV
P47, un modèle
V8 hybride à cinq places, proche dans l’esprit d’un Porsche
Cayenne très sportif, accompagné d’une GT 2+2 à moteur avant pour
remplacer la GTS.
Pour les acheteurs, cela signifie un ticket d’entrée fortement revu à la hausse une fois l’Artura retirée du catalogue, mais aussi une marque mieux armée pour dégager des volumes et des marges stables grâce au SUV et à la GT. Les propriétaires actuels ne devraient pas être lâchés : les constructeurs de supercars assurent en général pièces et entretien bien au-delà de la fin de production. Reste la question de la cote : une carrière courte et une réputation compliquée peuvent peser sur la revente, même si certains collectionneurs aiment justement ces modèles de transition, charnières entre deux ères.














