McLaren 570S à moins de 100.000 euros : bonne affaire ou gouffre financier ? (+images)
Une McLaren 570S à moins de 100.000 euros : le rêve est accessible, mais les pièges aussi. Une ardoise d'entretien à ne pas sous-estimer.
Moins de 100.000 euros pour une McLaren. La phrase fait son effet. La 570S est bien là sur le marché de l'occasion à ce prix. Un coupé de 2016 immatriculé en Allemagne, 42.000 kilomètres au compteur, un contrôle technique allemand récent. Sur le papier, c'est la porte d'entrée la plus accessible jamais vue vers Woking. En réalité, l'exercice est un peu plus complexe que ça.
McLaren 570S à 99.950 € : supercar soldée ou bombe à retardement ?
Le V8 bi-turbo 3,8 litres de 570
chevaux qui loge en position centrale arrière est l'un des
meilleurs arguments de la marque. Ce bloc M838T, partagé avec les
modèles plus puissants de la gamme, est bien documenté par
le réseau McLaren et réputé pour sa solidité.
À condition d'un entretien rigoureux. La boîte à double embrayage 7
rapports gère la puissance avec une précision chirurgicale, et la
propulsion arrière donne au pilote une implication que peu de
supercars de cette génération
offrent. Bref, c’est une vraie McLaren.
Le 0 à 100 km/h s'expédie en 3,2 secondes, la
vitesse maximale dépasse les 320 km/h. Quant à la cellule monocoque
en fibres de carbone — la MonoCell II — elle fait que cette voiture
se comporte sur route comme une machine de course déguisée en GT.
La suspension à doubles triangles, les freins céramique de
série sur cet exemplaire, le système de lift avant… C’est
un équipement McLaren de haut niveau, pas un gadget de salon. Mais
alors, est-ce que tout cela suffit pour faire de cet exemplaire une
bonne affaire ?
Un prix en-dessous du marché, et c'est là que ça se complique
Pour situer : les 570S d'occasion en bon état
se négocient généralement entre 130.000 et 180.000 euros
sur les principaux marchés européens. Un exemplaire à 99.950 euros,
c'est donc significativement sous la cote habituelle.
Cela peut s'expliquer par plusieurs facteurs. Et l'annonce elle-même en liste
quelques-uns. Le covering présente des défauts, des éléments en
fibres de carbone non d'origine ont été ajoutés, et des
signes d'usure sont visibles. Rien de rédhibitoire en soi. Mais
l'ensemble de cette 570S forme un tableau qui appelle à la
vigilance. Une supercar de neuf ans qui a côtoyé des pièces non
d'origine mérite une inspection sérieuse avant toute
transaction.
C'est là que l'enthousiasme doit laisser place au calcul.
Les révisions McLaren ne se font d'ailleurs pas n'importe
où et pas à n'importe quel prix. Une révision des six ans
peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Et les pannes spécifiques (joint
arrière, électronique, pompe DMTL) peuvent doubler la facture en un
seul passage chez le spécialiste.
La distribution est donc à surveiller de près au-delà de cinq ans ou 100.000 km. L'assurance sur une McLaren est une ligne de budget à part entière. Acheter une 570S sous les 100.000 euros sans prévoir une enveloppe de 15.000 à 20.000 euros pour la remettre en état de marche parfait serait une erreur.
Bonne ou mauvaise affaire cette 570S ?
Potentiellement, c’est une bonne affaire. Mais à
condition de savoir dans quoi on s'embarque. La 570S reste
l'une des supercars les plus équilibrées de sa génération,
une machine qui donne autant sur circuit qu'en utilisation
routière.
À ce tarif, elle concurrence des voitures qui n'ont pas le dixième
de ses sensations. Mais exiger un historique d'entretien complet
chez un réseau agréé, faire inspecter les pièces en carbone
ajoutées par un spécialiste et prévoir un budget de remise en état
sérieux… Ce sont les conditions non négociables pour que
l'affaire reste une affaire.















