Lamborghini : « Retarder les électriques étaient une bonne chose », selon le PDG
Retardée depuis un moment, l’arrivée des voitures électrique chez Lamborghini n’était pas indispensable. C’est même une bonne chose selon le PDG.
Le PDG de Lamborghini Stephan Winkelmann assume sans détour le report sine die des électriques de la marque. Pour lui, les hybrides rechargeables restent la seule réponse crédible aux attentes de ses clients. Surtout sur le marché de la supercar de luxe.
La Lanzador et l'Urus électrique : deux projets enterrés
Le lancement de la Ferrari Luce a remis le feu aux
poudres sur la question de l'électrique dans le monde des
supercars. Et Lamborghini a une réponse bien arrêtée. À savoir, pas
d'électrique chez euros, pas maintenant. Stephan
Winkelmann, le patron de la marque au Taureau Enragé, l'a
redit sans ambiguïté à CNBC le 27 mai 2026.
C'était « la bonne décision ».
Il y a presque trois ans, Lamborghini avait créé la
surprise en dévoilant le concept Lanzador. Il s’agissait
alors d’une GT électrique 2+2 qui devait matérialiser l'entrée de
la marque dans l'ère zéro émission.
La production était d'abord prévue pour 2028, repoussée à 2029.
Avant d'être finalement abandonnée sans date de substitution.
L'Urus électrique a suivi le même
chemin. Initialement annoncé avant 2030, il
ne verra pas le jour dans ce délai. Quant à la voiture électrique
que Lamborghini développe toujours en coulisses, sa date de
commercialisation reste inconnue. Et n'interviendra probablement
pas avant 2030.
Pour Winkelmann, ce recul n'a rien d'un aveu d'échec. C'est au contraire un choix assumé par Lamborghini. Et fondé sur une lecture froide du marché.
Une courbe d'acceptation qui ne progresse pas
Le raisonnement du PDG est limpide. Interrogé
par nos confrères de CNBC dans le contexte agité du lancement de la
Luce, il a déclaré la chose suivante. « En
observant le marché, nous avons constaté que la courbe
d'acceptation des véhicules électriques pour nos clients n'augmente
pas. Et que nous avons donc décidé de nous éloigner d'une voiture
100% électrique pour nous concentrer sur l'hybride
rechargeable ».
Quelques mois plus tôt, il avait été encore plus direct dans les
colonnes du Sunday Times, qualifiant l'électrique d’"hobby coûteux" et
d'investissement "financièrement irresponsable" vis-à-vis
des actionnaires. Mais aussi des clients et des employés, tant que
la demande n'est pas au rendez-vous.
Sur Ferrari, il s'est contenté d'une formule diplomatique.
« Chaque marque, chaque entreprise doit décider pour
elle-même. Tout le monde a sa propre stratégie ».
Traduction : ce n'est pas notre problème.
Lamborghini n'abandonne pas la Lanzador pour autant.
La 2+2 reste au programme. Mais avec une motorisation
hybride rechargeable.
Comme la Revuelto, la Temerario et l'Urus,
tous trois déjà équipés de groupes motopropulseurs PHEV.
Ce quatrième modèle viendra compléter la gamme, dans la continuité
directe de la direction prise ces dernières années par Sant'Agata
Bolognese. Lamborghini joue donc sa partition avec une cohérence
que peu de marques premium peuvent se targuer d'afficher.
Winkelmann ne suit pas la mode, il lit son carnet de
commandes. La vraie question, c'est de savoir combien de
temps cette position tiendra face au durcissement des normes Euro
7. Et aux pressions croissantes du groupe Volkswagen. Le Taureau
résistera-t-il jusqu'en 2030 ?















