Cette Nissan longtemps ignorée affole les enchères : elle vaut désormais près d'1M €

Publié le 5 mars 2026 à 18:30
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Une Nissan Nismo 400R, dérivée de la Skyline GT‑R R33 et produite à seulement 44 exemplaires, s’apprête à passer aux enchères à Amelia Island en 2026. Comment cette JDM longtemps virtuelle pour les joueurs français est-elle devenue une sportive à plus d’un million de dollars ?

Sur les sites d’enchères, une sportive japonaise longtemps ignorée vise désormais une mise à sept chiffres. Construite pour le seul marché nippon, pensée comme une simple déclinaison de Skyline, cette Nissan n’avait aucune vocation à devenir une star ni à dépasser le prix de nombreuses supercars européennes.

Son nom, pourtant, est en train de faire trembler le marché des sportives JDM : la Nissan Nismo 400R, dérivée de la Nissan Skyline GT-R R33. Produite en quantité infime à la fin des années 1990, elle se retrouve aujourd’hui estimée jusqu’à 1,1 million de dollars, soit environ 1,015 million d’euros. Une trajectoire que Nissan n’avait tout simplement pas anticipée.

La Nismo 400R, sous-variant discret devenu graal des collectionneurs

À l’époque, le constructeur japonais veut surtout pousser le célèbre six-cylindres RB26 de la GT-R V-Spec dans ses retranchements. Nismo, branche compétition de la marque, confie la préparation moteur à Reinik, déjà connu pour les Calsonic R32 engagées en Australie et au Japon ainsi que pour la participation aux 24 Heures du Mans 1995 et 1996. Le résultat, baptisé 400R et assemblé à l’Omori Factory de Yokohama, reste réservé au Japon.

NIssan NIsmo © Broad Arrow Auctions

Cette sportive japonaise affole les passionnés.

Initialement, une centaine d’exemplaires sont prévus. La fin de carrière de la R33 et l’arrivée de la R34 GT-R coupent court au projet : seulement 44 voitures sortent des ateliers, toutes livrées neuves au Japon. Les recensements parlent aujourd’hui d’une quarantaine de survivantes, ce qui explique en partie pourquoi ce dérivé discret surclasse désormais, en valeur, bien des GT-R plus célèbres.

Un six-cylindres qui dépasse le Gentleman’s Agreement japonais

Techniquement, la 400R franchit une ligne rouge pour l’époque. Reinik réalèse et allonge la course du RB26 pour créer le moteur RB-X GT2 de 2,8 litres, donné pour près de 400 ch et environ 47,8 mkg de couple, bien au-dessus de la limite officieuse des 280 ch du Gentleman’s Agreement entre constructeurs japonais. La vitesse de pointe approche les 300 km/h, rivalisant avec les supercars européennes de la fin des années 1990.

Le reste suit la même logique radicale : carrosserie élargie, capot en carbone inspiré de l’endurance, double aileron spécifique, suspensions Nismo/Bilstein, jantes Rays LM-GT1 et pièces moteur introuvables en seconde monte. Concrètement, il est presque impossible de "cloner" une 400R à partir d’une R33 classique, dont le prix moyen tourne encore autour de 73 000 dollars, soit environ 67 000 euros.

D’un fantasme de jeu vidéo à la barre des 1,1 million de dollars

Longtemps, beaucoup de passionnés français ont surtout croisé la 400R sur leurs écrans, dans le jeu Gran Turismo, plutôt que sur route ouverte. L’un des rares exemplaires hors Asie, le châssis 008 affichant 16 313 km, passé du Japon au Canada puis aux États-Unis, doit passer sous le marteau de Broad Arrow Auctions à Amelia Island le 7 mars 2026, avec une estimation comprise entre 900 000 et 1,1 million de dollars.

La tendance est claire : une 400R s’est déjà échangée autour de 900 000 dollars en 2023, une autre a atteint 995 000 dollars, soit environ 920 000 euros, en 2025, tandis que des annonces récentes montent à 1,28 million de dollars, voire 2,2 millions de dollars, soit près de 2 millions d’euros. Pour beaucoup de collectionneurs, fans de culture JDM et anciens joueurs de Gran Turismo désormais fortunés, cette Nissan autrefois anonyme est devenue l’objet ultime.

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