Hellcat contre Shelby GT500, ce duel tourne au concours d’erreurs
Sur le Strip de Las Vegas, une Hellcat affronte une Shelby GT500 dans un drag race attendu comme un choc de titans. En quelques secondes, le duel bascule en farce chronométrée.
Sur le Strip du Las Vegas Motor Speedway, tout annonce un choc de titans : d’un côté une Dodge Challenger SRT Hellcat, de l’autre une Ford Mustang Shelby GT500. Deux monstres de plus de 700 ch prêts à en découdre sur 400 m départ arrêté. Dans l’imaginaire, ce genre de duel se termine en temps canon et fumée de pneus. La vidéo qui circule en ligne raconte tout autre chose.
Le face-à-face "Hellcat vs Shelby GT500" tourne ici à un véritable concours d’erreurs : départ raté, freinage incompréhensible en pleine ligne droite, relance tardive. Au bout du run, les chronos ressemblent plus à ceux d’une berline pressée qu’à ceux de muscle cars suralimentées. De quoi faire tiquer même celles qui ne suivent pas le drag racing au quotidien.
Hellcat vs Shelby GT500 : sur la piste de Las Vegas, un duel qui déraille
Les deux autos se présentent côte à côte, look menaçant. La Challenger arbore son V8 HEMI 6,2 l compressé, la Shelby son V8 5,2 l "Predator", théoriquement plus puissant. Peinture sombre, bandes, ailes élargies, ailerons imposants : tout laisse penser que les conducteurs connaissent leur affaire. La mise en scène est parfaite pour un 400 mètres d’anthologie.

Au feu vert, la Shelby GT500 réagit… seule. La Hellcat reste figée sur la ligne, comme si le départ l’avait surprise. Quelques dizaines de mètres plus loin, nouvelle bizarrerie : la Mustang ralentit presque jusqu’à l’arrêt, juste devant la Dodge qui revient enfin. Une fois dépassée, la GT500 réaccélère violemment, remonte et s’impose malgré tout, avec 13,37 s à 194 km/h contre 13,65 s à 159 km/h. Vu le pedigree des deux modèles, difficile de ne pas voir ce run comme une parodie de drag race.
Pourquoi ces temps au 400 m humilient Hellcat et Shelby GT500
Pris isolément, des temps autour de 13 s au 400 m ne sont pas ridicules. Le problème, c’est qu’une Hellcat bien lancée sur une piste correcte peut descendre vers 11,2 s selon les chiffres publiés à l’époque. Des essais instrumentés ont déjà chronométré une Shelby GT500 en 11,4 s à 212 km/h, la Challenger tournant alors autour de 11,7 s dans les mêmes conditions, et certains runs sur dragstrip préparé font même tomber la Mustang dans la zone des 10,6-10,8 s.
Entre ces références et le duel de Las Vegas, l’écart dépasse donc largement deux secondes, ce qui est énorme sur une si courte distance. On n’est plus dans la nuance technique, mais dans l’illustration parfaite de l’importance du pilote. Temps de réaction au feu, décision de freiner en pleine accélération, gestion du grip et des aides électroniques : tout semble à contre-emploi. La boîte automatique ZF de la Hellcat et la double embrayage Tremec de la GT500 savent enchaîner les rapports à la perfection, encore faut-il laisser les voitures travailler.
Au-delà du drag race : Mustang S650, fin de la Hellcat et match sur route
Cette scène fait aussi écho à la trajectoire des deux marques. La Challenger thermique a tiré sa révérence, emportant avec elle l’aura Hellcat qui symbolisait l’excès à l’américaine. Dodge mise désormais sur une nouvelle Charger de huitième génération animée par le six cylindres Hurricane, moins iconique pour les fans de V8 compressés, même si les performances restent sérieuses.
En face, la lignée Mustang continue avec la Mustang S650, toujours proposée avec un V8 et pensée comme dernier grand coupé thermique populaire. Sur le troisième trimestre, cette stratégie se voit dans les chiffres : Ford a écoulé près de 10 000 Mustang, quand Dodge s’est contenté de 3 446 Charger Hurricane. Si le run Hellcat vs Shelby GT500 ressemble à une farce chronométrée, la bataille réelle se joue désormais sur route ouverte et dans les concessions, où la pony-car de Ford garde une nette longueur d’avance.














