Ce faux Chevrolet S10 "homologué route" cachait un engin NASCAR, son vendeur finit menotté
Vendu comme un Chevrolet S10 de 1999 homologué pour la route, ce véhicule serait en réalité un ancien camion NASCAR doté d’une identité falsifiée. Son vendeur, Yancy Cupp, fait aujourd’hui face à de lourdes accusations.
Sur eBay, l’annonce ressemblait au rêve de tout fan de sport auto : un Chevrolet S10 de 1999, "homologué route", ex-camion de course NASCAR. Quelques mois plus tard, son vendeur, Yancy Cupp, 52 ans, habitant de Williamsport en Pennsylvanie, s’est retrouvé menotté. Il est accusé d’avoir maquillé un véritable engin de circuit en pick-up de route ordinaire.
Derrière ce S10 de collection, la police dit avoir découvert un camion de la NASCAR Craftsman Truck Series. Celui-ci a été piloté autrefois par Norm Benning et a été vu à la course Weather Guard Truck Race on Dirt 2023 à Bristol. Au cœur du dossier : une plaque de Vehicle Identification Number (VIN) qui ne correspondrait pas au véhicule. Cette série de charges pénales transforme ce fait divers automobile en affaire judiciaire très sérieuse.
Un camion de course déguisé en Chevrolet S10 homologué route
Le véhicule en question n’est pas un petit pick-up de série, mais un châssis de course carrossé façon Silverado. Il est équipé d’un V8 6,7 L et d’une boîte automatique Turbo 400, le tout conçu pour la piste. Les photos montrent qu’il ressemble encore beaucoup à sa version de compétition. Les faux autocollants de phares ont laissé place à de vrais blocs optiques fonctionnels, tout comme les feux arrière et les clignotants.
Dans un communiqué, la Pennsylvania State Police explique que l’annonce eBay présentait le véhicule comme un "1999 Chevrolet S10 homologué route". L'annonce affirmait que le véhicule avait été rendu conforme par son ancien propriétaire NASCAR. Norm Benning a démenti cette histoire, assurant ne jamais l’avoir homologué pour la route. Les policiers résument leur constat : "Un examen physique du véhicule par les enquêteurs a confirmé qu’il n’était pas homologué pour la route", ont-ils écrit. Malgré cela, le camion a ensuite été vendu aux enchères. Il a trouvé un acheteur sur Carlisle Auctions pour 10 000 dollars, soit un peu plus de 8 600 €.
Le faux VIN qui fait basculer l’affaire en fraude
Pour les enquêteurs, la bascule se joue sur l’identité même du véhicule. Le châssis de course n’aurait jamais eu de VIN ni de titre dans aucun État. Yancy Cupp est soupçonné d’avoir prélevé une plaque de VIN sur un autre véhicule. Il l’a ensuite fixée sur le camion NASCAR. Ce procédé lui a permis d’utiliser ce numéro pour obtenir un certificat de titre et un enregistrement en Pennsylvanie comme simple S10 de 1999.
Sur cette base, la justice du comté de Cumberland retient un catalogue d’infractions : manipulation ou destruction de VIN, vente d’un véhicule avec VIN altéré, escroquerie, faux, usage frauduleux de moyens de communication, pratiques commerciales trompeuses, fausse demande de titre, altération de documents publics et violations du Board of Vehicles Act concernant la publicité mensongère. Yancy Cupp a été présenté à un magistrat fin mai 2026 et une audience est programmée le 10 août 2026.
Véhicule NASCAR homologué pour la route : ce que ça suppose vraiment
Beaucoup de passionnés aiment l’idée de rouler "comme en NASCAR" sur route ouverte. Dans la réalité, rendre un véhicule de compétition légal impose bien plus que des phares, des clignotants et un klaxon. Il faut une structure compatible avec les normes routières, des systèmes de sécurité adaptés, des tests de pollution et de bruit, un VIN attribué dans les règles. Les inspections techniques spécifiques varient d'ailleurs d’un État américain à l’autre.
Aux États-Unis, certains ex-véhicules de course deviennent des show cars ou des voitures de route. Ils suivent des procédures dédiées, souvent en les reconstruisant sur une base déjà immatriculée. En France, un véhicule NASCAR brut aurait très peu de chances d’obtenir une carte grise. La transformation devrait être profonde et l'homologation serait complexe à obtenir. Pour un acheteur, le réflexe doit toujours rester le même. Il faut vérifier le VIN dans les bases officielles et s’assurer qu’il correspond bien à la marque, au modèle et à l’année annoncés. Il ne faut pas hésiter non plus à demander les anciens titres. En cas de passé "trop" spectaculaire sur circuit, se méfier toujours d’une simple mention "homologué pour la route". Ces irrégularités peuvent finir par la saisie du véhicule et une perte sèche, même en cas de bonne foi.














