La Bugatti Tourbillon a-t-elle la plus belle sonorité des hypercars modernes ?

Publié le 5 septembre 2026 à 07:30
La Bugatti Tourbillon a-t-elle la plus belle sonorité des hypercars modernes ?

Oubliez le W16 quadriturbo : la Bugatti Tourbillon mise désormais sur un V16 atmosphérique capable d’atteindre 9 000 tr/min. Son rugissement ne passe pas inaperçu.

Trente-cinq secondes, pas une de plus, ont suffi pour relancer un vieux débat : quelle est la plus belle sonorité parmi les hypercars modernes ? Sur cette courte vidéo tournée lors d’essais, la Bugatti Tourbillon laisse enfin entendre son moteur V16, et beaucoup jurent déjà qu’on tient là la nouvelle référence. Quand on sait ce qui se cache sous le capot et derrière ce son, difficile de balayer l’argument.

La Tourbillon marque l’après-W16 chez Bugatti, avec une architecture à contre-courant du tout‑électrique et des moteurs turbo ultra filtrés. Cette séquence brute, sans musique ni montage sophistiqué, sert de bande-annonce à sa future réputation : une hypercar hybride puissante qui mise autant sur sa fiche technique que sur sa bande-son. Reste à savoir si ces 35 secondes suffisent pour la hisser au sommet.

La vidéo qui a dévoilé la vraie voix de la Bugatti Tourbillon

La scène est simple : un prototype gris, une piste d’essai, un smartphone en bord de route. La Tourbillon arrive, monte dans les tours, passe les rapports, puis disparaît au loin. Ce n’est pas un enregistrement studio, plutôt un instant volé pendant quelques-unes de ses sorties, où l'on peut mesurer pleinement son niveau de bruit extérieur. C’est aussi l’un des tout premiers extraits où l’on entend le V16 à pleine charge, sans commentaire ni bruit de foule.

À l’écoute, le ton part assez grave puis grimpe très vite, presque comme une moto de compétition, avec une accélération qui semble ne jamais s’arrêter. Les changements de rapport sont secs, la note reste tendue, sans grondement sourd ni sifflement de turbo. Dans les commentaires, beaucoup parlent de son de grosse sportive façon Ducati V4 ou Yamaha R1, d’autres trouvent le résultat trop "propre" et revendiquent encore leurs anciennes idoles. Ce qui est sûr, c’est que cette courte séquence suffit à placer la sonorité de la Bugatti Tourbillon dans toutes les discussions entre passionnés.

Un V16 atmosphérique pensé comme un instrument de musique

Derrière ce timbre, la fiche technique a tout d’un manifeste. Le moteur est un V16 atmosphérique de 8,3 litres, développant environ 1 000 ch à lui seul, associé à trois moteurs électriques pour atteindre près de 1 800 ch au total. Les 16 cylindres, les huit sorties d’échappement et une zone rouge perchée à 9 000 tr/min créent une trame sonore très dense, avec une fréquence élevée qui explique ce côté presque "moto" quand le régime grimpe. Le bloc a été mis au point avec Cosworth, spécialiste des mécaniques de course, ce qui se ressent dans la façon dont il prend ses tours.

Bugatti a passé plus de trois ans à travailler uniquement sur cette signature acoustique, en multipliant les simulations d’admission et d’échappement pour trouver l’équilibre entre brutalité et raffinement. La réglementation impose pourtant un plafond d’environ 72 dB lors des tests normalisés, où les micros captent aussi le bruit des pneus et de l’aérodynamique. Le constructeur a donc cherché à contenir le volume extérieur tout en préservant, à bord, une présence moteur forte et 100 % mécanique : aucun son artificiel n’est envoyé dans les haut-parleurs, tout vient réellement du moteur V16 et de son échappement.

Face aux LFA, Carrera GT et Valkyrie : la nouvelle patronne des hypercars modernes ?

Dans les classements des voitures "qui sonnent le mieux", deux noms reviennent sans cesse : Lexus LFA, avec son V10 aigu façon voiture de course, et Porsche Carrera GT, au timbre plus métallique et tranchant. On y croise aussi des modèles comme la Jaguar F‑Type SVR ou la Dodge Viper, appréciées pour leurs grondements très graves de muscle-car. Côté hypercars actuelles, l’Aston Martin Valkyrie et la Gordon Murray T.50, toutes deux en V12 atmosphérique tournant très haut, sont devenues la référence pour les amoureux de sons type Formule 1 ancienne génération.

La Tourbillon se glisse entre toutes ces écoles : moins stridente qu’une LFA, plus fine qu’une Viper, mais avec une densité que n’ont pas les V12, simplement parce que 16 cylindres tirant jusqu’à 9 000 tr/min remplissent davantage l’oreille. Les premiers comparatifs vidéo la rapprochent de la Valkyrie et de la T.50 pour l’attaque dans les tours, tout en conservant une certaine douceur adaptée à un usage plus grand tourisme, fidèle à l’ADN Bugatti. Sur les réseaux, certains la placent déjà tout en haut, d’autres restent fidèles aux icônes des années 2000 ; à vous, désormais, d’écouter cette vidéo de 35 secondes, puis les légendes d’hier, et de décider quelle hypercar mérite votre podium sonore.

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