Mais qui a eu l’idée de mettre un énorme V12 dans une BMW Z3 ?

Publié le 4 septembre 2026 à 19:00
Mais qui a eu l’idée de mettre un énorme V12 dans une BMW Z3 ?

Pour savoir jusqu’où pouvait aller la Z3, BMW M lui a greffé son imposant V12 de 5,4 litres. Le résultat : 326 ch, 263 km/h et une répartition des masses pour le moins improbable.

On imagine assez bien un petit roadster léger pour une balade sur route côtière, cheveux au vent. On imagine moins une usine à gaz de limousine sous le capot. C’est pourtant ce qu’a fait BMW à la fin des années 1990 avec la très sage BMW Z3 : une version unique, la BMW Z3 V12, équipée d’un énorme douze cylindres, assemblée en interne par les ingénieurs maison.

Ce prototype, construit en 1999 et jamais vendu, reste aujourd’hui l’un des délires les plus spectaculaires de BMW M. À la base, la Z3 est un petit cabriolet de 4,05 m de long environ, né pour répondre aux Mazda MX‑5 et consorts, avec des quatre ou six cylindres raisonnables et un poids autour de 1 200 kg. Là, on parle d’un V12 de plus de 5 litres, posé dans un châssis pensé pour la légèreté.

BMW Z3 V12 : un roadster né léger, transformé en laboratoire roulant

La Z3 de série revendiquait une philosophie simple : gabarit compact, propulsion, équilibre proche de 50/50 et moteurs atmosphériques plutôt sages. Idéal pour qui voulait un cabriolet plaisir sans se battre avec 400 chevaux à chaque sortie de péage. Même la Z3 M Roadster, avec son six cylindres de 3,2 litres et un peu plus de 320 ch, restait cohérente avec ce cahier des charges.

Pour la BMW Z3 V12, les ingénieurs de BMW Motorsport partent justement de cette base. Leur idée : vérifier si tous les moteurs de la gamme, y compris le plus gros V12, pouvaient tenir dans le compartiment de la Z3. Le projet reçoit l’appellation interne E36 Z3 Roadster V12. Le capot reste visuellement proche de l’origine, mais tout ce qu’il y a dessous change : berceau moteur, points d’ancrage, suspensions, circuit de refroidissement, jusqu’aux renforts de caisse.

Un moteur de Série 7 et de Rolls-Royce dans une Z3

Sous ce long capot prend place le moteur M73 V12, un 5,4 litres atmosphérique déjà vu dans les BMW 750i et 750iL E38, le coupé 850Ci E31 et la Rolls‑Royce Silver Seraph. Dans la Z3, il développe environ 326 ch à 5 000 tr/min et 490 Nm à 3 900 tr/min, envoyés aux seules roues arrière via une boîte manuelle à 6 rapports empruntée au coupé 850Ci. Un bloc conçu pour des limousines de près de cinq mètres, transposé dans un cabriolet compact.

Les chiffres donnent le ton : ce roadster atteint 100 km/h en 5,5 s, parcourt le 1 000 m départ arrêté en 24,4 s et pointe à 263 km/h. Le poids grimpe autour de 1 400 kg et la répartition des masses bascule vers 70 % sur l’avant, très loin de l’équilibre habituel des BMW. Face à une Z3 M Roadster, à peine moins rapide mais plus homogène, le gain reste limité alors que le comportement se charge en sous‑virage et en inertie sur le train avant.

Un one‑off gardé par BMW, symbole d’une époque sans limite

La Z3 V12 a roulé et a même été chronométrée par un magazine allemand en 1999, puis le prototype a disparu dans les réserves de BMW. Le constructeur a fini par dévoiler officiellement son existence en 2012, photos à l’appui, avant de la ressortir ponctuellement pour des expositions au BMW Museum de Munich ou dans des vidéos de la marque. La voiture n’a jamais été homologuée ni proposée à un client.

Cette Z3 extrême s’inscrit dans une lignée d’OVNI signés BMW : X5 Le Mans à V12 de course, prototype M8 V12 jamais commercialisé, voire d’autres expérimentations restées secrètes. Elle raconte une période où les ingénieurs pouvaient s’offrir ce genre de jouet thermique pour le plaisir de voir si "ça rentre". À l’heure où le V12 a disparu du catalogue BMW et où les normes resserrent l’étau, cette Z3 V12 reste un vestige très concret de cette folie douce.

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