12 titres mondiaux et près de 50 ans d'histoire : Renault s'apprête à céder le berceau de ses moteurs de F1
Jeudi 22 octobre 2026, Renault acte la vente de son site mythique de moteurs F1 de Viry-Châtillon au groupe Dumarey. Entre héritage tricolore et emplois préservés, une page sensible se tourne.
Près d’un demi-siècle de rugissements de moteurs s’apprête à s’arrêter à Viry-Châtillon. Le 22 octobre 2026, Renault a annoncé la cession de sa société Alpine Racing SAS, berceau de ses moteurs de Formule 1, au groupe Dumarey. Derrière cette opération, il y a un palmarès exceptionnel et un site devenu mythique pour les fans de F1.
La vente doit s’accompagner de la reprise de l’ensemble des équipes et des actifs nécessaires à l’exploitation du site. Des garanties sur les salaires et les avantages sociaux ont été mises sur la table. Sur le papier, personne ne perdrait son emploi, mais Renault s’apprête bien à tourner la page des moteurs maison en compétition, en confiant son joyau technique à un acteur étranger.
Vente de Viry-Châtillon : ce que prévoit l’accord entre Renault et Dumarey
Concrètement, l’accord signé prévoit "la reprise des équipes et des actifs nécessaires à l’exploitation du site" par le groupe Dumarey. La transaction porte sur Alpine Racing SAS, l’entité dédiée aux groupes motopropulseurs de compétition. Environ 150 personnes, de l’ingénierie aux essais, doivent ainsi changer d’employeur tout en restant sur place, en Essonne.
Le projet a été présenté lors d’un CSE exceptionnel et doit encore passer par la procédure d’information-consultation et l’obtention d’autorisations réglementaires avant d’être finalisé. Renault promet d’"accompagner cette transaction de manière responsable et dans le respect du dialogue social". Une source proche du dossier évoque une garantie de 24 mois sur les salaires comme sur les principaux avantages sociaux.
Viry-Châtillon, berceau des moteurs F1 et vitrine du palmarès Renault
Installé à Viry-Châtillon depuis la fin des années 1970, le département moteur de Renault a accumulé un palmarès unique : 12 titres de champion du monde des constructeurs en tant que motoriste et 11 sacres chez les pilotes. Les blocs sortis de l’usine ont propulsé Williams dans les années 1990, Fernando Alonso en 2005 et 2006, puis Sebastian Vettel avec Red Bull entre 2010 et 2013.
Au fil des décennies, le site est devenu une référence mondiale en groupes motopropulseurs haute performance, mais aussi en propulsion hybride et électrique, simulation, logiciels et essais. Ce savoir-faire industriel français ne disparaît pas : il passe sous pavillon Dumarey, qui veut se renforcer dans le motorsport, l’électrification et les technologies de tests avancées en capitalisant sur l’équipe en place.
Pourquoi Renault garde Alpine en F1 sans ses moteurs maison
Renault avait annoncé dès septembre 2024 la fin de son programme moteur de Formule 1, avec un arrêt de la fabrication à Viry fin 2025. En toile de fond : explosion des coûts, transformation de l’automobile et nécessité de choisir ses priorités. "Mon boulot en tant que directeur général, c’est de faire des choix. L’industrie automobile mondiale souffre beaucoup […] Et pour moi, la priorité, c’est de garder la F1", expliquait François Provost.
Le groupe reste engagé en Grand Prix via son écurie Alpine, basée à Enstone au Royaume-Uni, spécialisée dans l’aérodynamisme, les composites carbone, les suspensions, la carrosserie et l’assemblage du châssis. À partir de 2026, Alpine sera motorisée par Mercedes, tout en affirmant vouloir rester "dans la durée" en F1. Une écurie française avec un moteur allemand, et un savoir-faire historique désormais exploité par un industriel belge.














