24H du Mans - Le règlement Hypercar dévoilé

La FIA et l'ACO ont validé le règlement Hypercar, qui définit les prototypes qui seront utilisés en LMP1 à partir de 2020 dans le WEC et aux 24 Heures du Mans.
L'endurance va être redéfinie en 2020, avec la transformation
des LMP1 en Hypercars. Les prototypes vont prendre une apparence
d'Hypercar. Les grandes lignes du règlement ont été validés par le
Conseil Mondial de la FIA. Ce règlement sera en place pendant cinq
ans, afin d'assurer que les investissements seront durables. L'ACO,
en charge de l'organisation des 24 Heures du Mans, a détaillé ce
règlement.
L'aérodynamique des voitures la rapprochera des Hypercars vendues
par des constructeurs. Le but est d'avoir un temps au tour de 3''22
en qualifications et de 3''27 en course aux 24 Heures du Mans. Le
règlement limitera le développement. Des ailerons mobiles seront
présents à l'avant et à l'arrière.
Le règlement confirme les premières annonces sur la motorisation.
Alors que les constructeurs étaient jusque là libres de leur
technologie hybride, le règlement imposera désormais qu'il soit
placé sur l'essieu avant. Il développera 200kW. Le poids minimum de
la batterie sera de 70kg et le poids du moteur de 50kg. Le système
de récupération de l'énergie sur le turbo, que Toyota n'utilise pas
mais que Porsche utilisait, sera désormais interdit. Le moteur
thermique développera 540kW, soit environ 700 chevaux. La poids de
la voiture sera de 1040kg, 60kg de plus que ce qui avait été
précédemment annoncé.
Hormis l'aspect technique, les mots d'ordre du règlement sont la
maîtrise des coûts et des écarts faibles entre les différents
concurrents. Le but est d'avoir un budget de 20 millions d'euros
par an pour deux voitures. Afin de limiter les dépenses, le
personnel technique sur les courses sera limité à 40 personnes et
les essais seront moins nombreux pendant l'année.
Le règlement n'oublie pas les équipes privées. Ils devront aussi
utiliser un système hybride et les constructeurs devront leur
vendre un pour une somme maximale de trois millions d'euros par
an.
Afin de maintenir une équité, l'ACO n'a pas opté pour une balance
de performance, mais pour un système de lest lié aux résultats.
Chaque point marqué ajoutera 0,5kg à la voiture, avec un maximum de
50kg. Ces lests seront retirés pour les 24 Heures du Mans, où se
terminent désormais les saisons.
A noter que ce règlement sera lancé pour la saison 2020-2021 du
championnat du monde d'endurance, qui débutera au mois de
septembre. Ces nouveaux prototypes ne feront donc leur première
apparition aux 24 Heures du Mans qu'en juin 2021.
Un rapprochement assumé avec les modèles de route
Même si le nouveau règlement va rapprocher visuellement la
catégorie LMP1 des GT, les voitures resteront de véritables
prototypes.
« La catégorie LMP1 2020 reste un prototype ultra performant
qui court pour la victoire dans un grand Championnat du Monde et
aux 24 Heures du Mans, » souligne Vincent Beaumesnil, le
directeur sport de l'ACO. « Nous conservons donc l'esprit
actuel de grandes marques qui se battent sur la piste, mais elles
le feront avec des budgets beaucoup moins élevés et auront
également pour adversaires des équipes privées qui auront aussi une
chance de se battre aux avant-postes.La philosophie de ce règlement
est d'inciter les constructeurs à faire des voitures qui rappellent
celles que l'on voit sur la route. La forme des carrosseries ne
sera pas dictée par l'aérodynamique (qui est très règlementée) mais
par les exigences de design de la marque. »
Le rapprochement avec les modèles commercialisés par les
constructeurs est volontaire, et même incité : « Il sera
malgré tout possible si les constructeurs le souhaitent,
d'extrapoler une version routière de la voiture engagée en course,
charge à eux de décliner un modèle répondant aux exigences
d'homologation de la route, » précise Beaumesnil. « Il y
a donc un réel rapprochement avec les Hypercars de
route. »
Ce règlement semble taillé pour les constructeurs, mais l'ACO
souhaite aussi réduire les écarts entre les grandes marques et les
équipes privées : « Les fenêtres de performance établies
en aérodynamique, moteur et hybride vont resserrer les performances
des voitures, » explique Vincent Beaumesnil. « La
conséquence directe est que l'ingéniosité, le savoir faire et la
qualité en général d'une équipe pourront plus faire la différence
que son budget. »
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