L'histoire méconnue des persiennes arrière des voitures des années 70
Sur les muscle cars et coupés des années 70, les persiennes habillent les lunettes arrières. Devenues symbole de style, leur vraie histoire réserve quelques surprises.
Sur de vieilles photos des années 70, on les repère tout de suite : ces lames noires qui zèbrent la vitre arrière d’une Mustang. Ces persiennes arrière, qu’on appelle aussi persiennes de lunette, intriguent encore beaucoup de conducteurs...
Pourquoi les persiennes de lunette arrière ont envahi les voitures des années 70 ?
Derrière le look très cinéma, l’idée était d’abord pratique. Sur les coupés fastback, avec une immense lunette très inclinée, le soleil tape fort. Sans climatisation ou presque, dans les années 60 puis 70, l’habitacle devenait un four et l’éblouissement était constant. Les persiennes de lunette arrière jouaient les jalousies de maison : elles coupaient une bonne partie des rayons, laissaient un peu de lumière et ajoutaient au passage une aura de voiture de course. Reste à savoir comment ce simple bout de tôle est devenu un symbole des seventies. Une persienne de lunette arrière, c’est un cadre en métal ou en plastique posé par-dessus la vitre, avec des lames horizontales serrées. On les voit surtout sur les carrosseries fastback de l’époque : Ford Mustang Mach 1, Dodge Challenger, Plymouth ’Cuda. L’objectif était clair, limiter la chaleur, protéger les garnitures de la décoloration et offrir un peu d’intimité sans condamner complètement la vue arrière. Les constructeurs ont très vite compris le potentiel d’image. Chez Dodge et Plymouth, les persiennes en aluminium deviennent une option à part entière au début des années 70, avec charnières relevables et petites goupilles façon capot de course. Sur certaines AMC Hornet AMX, elles sont même peintes couleur carrosserie. Au milieu de la décennie, des coupés plus abordables comme les Datsun 280Z ou les premières Mazda RX‑7 y ont droit via des kits concession. Plus qu’un accessoire, c’est alors un badge de sportive assumée.
Persienne arrière : les origines oubliées
L’idée de la lame inclinée qui filtre la lumière vient
évidemment de l’architecture, mais l’automobile
s’en empare très tôt. Après-guerre, certaines berlines américaines
reçoivent déjà des stores de lunette façon vénitiennes. La bascule
vers l’objet culte se joue toutefois dans le haut de gamme : la
Lamborghini Miura, présentée en 1966, abandonne vite sa vitre
plexi pleine au-dessus du V12 pour une
rangée de persiennes, à la fois pour évacuer la
chaleur et pour signer son identité visuelle. Côté grande série, la
Ford Mustang fait aussi beaucoup. Le fastback de
1965 adopte des petites ouvertures sur les
custodes, puis les célèbres "Sports Slats" couvrent toute la
lunette des Mustang SportRoof, Mach 1 et Boss 302
dès 1969.
Contrairement à la Miura, la vitre reste en place et les persiennes
se fixent par-dessus, prêtes à être montées sur n’importe quel
coupé. Quand les muscle cars entrent dans leur âge
d’or au début des années 70, le terrain est déjà préparé. La mode
s’essouffle pourtant assez vite. À la fin des années 80, la
climatisation automobile se généralise et les vitres
teintées deviennent la solution simple pour garder le
frais et préserver l’intimité. Les carrosseries se lissent, les
vitrages affleurent la tôle, les gros cadres vissés semblent
soudain datés. Beaucoup d’utilisateurs pointent aussi la baisse de
visibilité arrière, le nettoyage compliqué de la vitre ou le bruit
à haute vitesse.
Les persiennes de lunette arrière n’ont pourtant pas totalement disparu. Elles reviennent aujourd’hui comme clin d’œil néo‑rétro sur des coupés modernes. Des supercars reprennent aussi l’idée de la Miura autour du moteur. Sur un vrai modèle des années 70, une persienne d’époque se reconnaît souvent à son aluminium épais, à ses charnières métalliques et à ses fixations vissées. Ici, chaque lame raconte encore un morceau de cette décennie très particulière.














