Ferrari Mondial T : l'incroyable destin du pace car à un million de dollars

Publié le 6 novembre 2026 à 12:30
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En 1987, Ferrari transforme une Mondial T en pace car aux États-Unis. Quatre décennies plus tard, son étrange parcours fascine encore...

Dans l’univers Ferrari, certaines voitures naissent stars, d’autres deviennent légendes par accident. La plus étonnante reste sans doute la Ferrari Mondial T PPG Pace Car : un unique exemplaire transformé en 1987 en pace car à un million de dollars pour le championnat américain CART. Conçue comme un laboratoire mobile, elle vient de refaire surface dans The Caretakers Collection. Derrière ce chiffre délirant, l’histoire ressemble à un grand huit. Construite sur un simple châssis de Mondial T, l’une des Ferrari les moins désirées, redessinée par le studio turinois I.DE.A et adaptée aux contraintes extrêmes d’un peloton d’IndyCar, la voiture a pourtant été revendue en 2004 à un prix exorbitant. Comment un tel gâchis apparent a-t-il pu arriver ?

D’une Mondial T boudée au plus cher des pace cars Ferrari

Au milieu des années 1980, PPG, géant des peintures industrielles et sponsor titre de la CART, finance une flotte de pace cars uniques pour mettre en scène ses couleurs. Les Américains veulent aussi un cheval cabré dans la parade. Ferrari accepte, malgré sa fidélité à la Formule 1, et valide en 1986 un projet très secret sur base de Mondial T. Choisir la Mondial T, coupé 2+2 souvent moqué pour son manque de grâce et de performances, tient presque de la provocation. Ferrari va littéralement la refaire. Empattement allongé de 5 cm, carrosserie en composite carbone et Kevlar réalisée sans autoclave, grandes surfaces vitrées, lames latérales façon Testarossa, lunette arrière en trois volets mobiles, feux et gyros intégrés dans les montants : rien n’évoque plus la voiture d’origine.

Sous la peau, un laboratoire roulant pour la CART

Techniquement, le Ferrari Mondial T PPG Pace Car part d’un V8 3,4 litres d’environ 300 ch, proche du futur moteur Tipo F119 de la 348, capable d’emmener une Mondial T de série à près de 250 km/h. Pour tenir le rythme des monoplaces, la boîte manuelle ZF transversale, les trains roulants et le refroidissement sont revus, tout comme le freinage. Les exigences de la CART imposent un démarrage en moins de cinq secondes, un ralenti interminable à plus de 38 °C, des pointes à 220 km/h puis de gros freinages sans faiblir. La réponse passe par une suspension électronique auto-nivelante, un double réseau électrique alimenté par deux batteries, un système d’arrosage des freins, un réservoir de sécurité et un arceau soigneusement noyé dans la structure.
Une fois sa carrière de pace car terminée en 1991, la Mondial T spéciale quitte la lumière. Elle réapparaît en juillet 2004 lors d’une vente Christie’s au Mans, décrite comme une Ferrari Mondial modifiée et non homologuée. Adjugée environ 70 500 € (85 330 $), elle part pour moins de 10 % de son coût de développement estimé.

La suite se joue loin des circuits : collection privée à Seattle, apparition à la Galleria Ferrari en 2013, puis arrivée dans The Caretakers Collection. Invisible sur le marché, ce one-off Ferrari est devenu une vraie licorne pour les passionnés.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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