Ferrari Mondial T : l'incroyable destin du pace car à un million de dollars
En 1987, Ferrari transforme une Mondial T en pace car aux États-Unis. Quatre décennies plus tard, son étrange parcours fascine encore...
Dans l’univers Ferrari, certaines voitures naissent stars, d’autres deviennent légendes par accident. La plus étonnante reste sans doute la Ferrari Mondial T PPG Pace Car : un unique exemplaire transformé en 1987 en pace car à un million de dollars pour le championnat américain CART. Conçue comme un laboratoire mobile, elle vient de refaire surface dans The Caretakers Collection. Derrière ce chiffre délirant, l’histoire ressemble à un grand huit. Construite sur un simple châssis de Mondial T, l’une des Ferrari les moins désirées, redessinée par le studio turinois I.DE.A et adaptée aux contraintes extrêmes d’un peloton d’IndyCar, la voiture a pourtant été revendue en 2004 à un prix exorbitant. Comment un tel gâchis apparent a-t-il pu arriver ?
D’une Mondial T boudée au plus cher des pace cars Ferrari
Au milieu des années 1980, PPG, géant des peintures industrielles et sponsor titre de la CART, finance une flotte de pace cars uniques pour mettre en scène ses couleurs. Les Américains veulent aussi un cheval cabré dans la parade. Ferrari accepte, malgré sa fidélité à la Formule 1, et valide en 1986 un projet très secret sur base de Mondial T. Choisir la Mondial T, coupé 2+2 souvent moqué pour son manque de grâce et de performances, tient presque de la provocation. Ferrari va littéralement la refaire. Empattement allongé de 5 cm, carrosserie en composite carbone et Kevlar réalisée sans autoclave, grandes surfaces vitrées, lames latérales façon Testarossa, lunette arrière en trois volets mobiles, feux et gyros intégrés dans les montants : rien n’évoque plus la voiture d’origine.
Sous la peau, un laboratoire roulant pour la CART
Techniquement, le Ferrari Mondial T PPG Pace
Car part d’un V8 3,4 litres d’environ 300 ch, proche du
futur moteur Tipo F119 de la 348, capable d’emmener une
Mondial T de série à près de 250 km/h. Pour tenir
le rythme des monoplaces, la boîte manuelle ZF transversale, les
trains roulants et le refroidissement sont revus, tout comme le
freinage. Les exigences de la CART imposent un
démarrage en moins de cinq secondes, un ralenti interminable à plus
de 38 °C, des pointes à 220 km/h puis de gros
freinages sans faiblir. La réponse passe par une suspension
électronique auto-nivelante, un double réseau électrique alimenté
par deux batteries, un système d’arrosage des freins, un réservoir
de sécurité et un arceau soigneusement noyé dans la structure.
Une fois sa carrière de pace car terminée en 1991, la
Mondial T spéciale quitte la lumière. Elle
réapparaît en juillet 2004 lors d’une vente
Christie’s au Mans, décrite comme une Ferrari Mondial modifiée et
non homologuée. Adjugée environ 70 500 € (85 330 $), elle part pour
moins de 10 % de son coût de développement
estimé.
La suite se joue loin des circuits : collection privée à Seattle, apparition à la Galleria Ferrari en 2013, puis arrivée dans The Caretakers Collection. Invisible sur le marché, ce one-off Ferrari est devenu une vraie licorne pour les passionnés.














