Audi Quattro : le retour d'une icône avec un V8 complètement dément
Sur une base d’Audi RS4 B7, une petite équipe britannique transforme la Quattro en coupé V8 hurleur. Série minuscule, régime délirant : l’icône change de dimension.
Le nom Audi Quattro évoque tout de suite les spéciales de rallye enneigées et les flammes à la sortie de l’échappement. Quatre décennies plus tard, une petite structure britannique, Audacious Automotive, ressort l’icône du garage avec un projet restomod baptisé Audacious Automotive IV, animé par un V8 capable de grimper à 10 000 tr/min. L’idée : garder le look mythique, mais avec une mécanique totalement débridée.
Audi Quattro V8 : ce que cache l’Audacious Automotive IV
Sur le papier, cette Audi Quattro coche toutes les cases du fantasme : quatre roues motrices, boîte manuelle, sonorité de muscle car et performances de supercar. Sauf qu’il ne s’agit pas d’un concept de salon, mais d’une série artisanale promise à quelques collectionneurs bien décidés à signer un chèque à six chiffres. Sous la caisse, l’IV récupère la base technique d’une Audi RS4 B7 de 2006‑2008, célèbre pour son V8 atmosphérique 4,2 litres, sa boîte manuelle 6 rapports et sa transmission intégrale. Côté carrosserie, deux options : soit une coque d’ancienne Quattro raccourcie servant de donneuse, soit une robe entièrement en carbone qui ne nécessite aucune auto d’origine. Audacious vise environ 1 400 à 1 450 kg pour les voitures issues de coques historiques, et seulement 1 200 kg pour les versions full carbone, ce qui reste très raisonnable pour un coupé à quatre roues motrices. Les performances visées donnent le ton : 0 à 100km/h en 3,4 s et une vitesse de pointe annoncée autour de 200 mph, soit environ 321 km/h.
Base d’Audi RS4, philosophie 100 % analogique et look Groupe B
Audacious a délibérément écarté la base
d’Audi RS 3 moderne, jugée moins
rigide, dotée d’une transmission Haldex typée traction et surtout
privée de vraie boîte manuelle. La structure a préféré une
architecture longitudinale quattro à différentiel
central Torsen, plus adaptée à une auto orientée plaisir. Le
fondateur Mac Zaglewski résume sa vision en
expliquant que la voiture doit être : "très utilisable, très
agréable et très analogique". Le design pioche clairement dans
la Quattro
Groupe B courte : ailes hypertrophiées, porte à faux réduits,
énorme aileron, détails inspirés de la compétition IMSA. Les
anneaux Audi disparaissent au profit des emblèmes propres à
Audacious. À bord, tout l’environnement de
RS4 a été arraché pour recréer une ambiance
brutaliste : nouveau tableau de bord, instrumentation à aiguilles,
rangées de interrupteurs physiques, aucun grand écran central.
Seuls subsistent les célèbres sièges baquets "wingback" de la RS4,
toujours à réglages électriques, pour un minimum de confort au
quotidien. La production serait limitée à une cinquantaine
d’exemplaires, assemblés à la main. Le ticket
d’entrée annoncé tourne autour de 350 000 £
hors donneuse et options, soit approximativement 410 000 à 420
000 € avant taxes. Le processus s’étale sur environ trois ans entre
commande et livraison, avec des premières autos attendues vers fin
2027.
Pour alimenter le projet sans assécher le parc de modèles de
collection, Audacious refuse de sacrifier des
Quattro trop parfaites et se concentre sur des exemplaires
fatigués, à remettre totalement à nu. Les coques carbone, qui
devraient représenter environ 80 % de la production, permettent
même de se passer de donneuse.
Entre le prix, la complexité d’importation et la production microscopique, cette Audi Quattro V8 a toutes les chances de rester un objet de culte que l’on admire surtout en vidéo ou lors de rares concours d’élégance.














