Nouvelle Apollo EVO : pas de turbo, pas d’hybridation, mais 800 ch sous le capot
En pleine ère des hypercars hybrides, l’Apollo EVO au V12 atmosphérique surgit comme une arme de piste. Dix exemplaires seulement promettent une expérience aussi rare que brutale.
Nouvelle venue dans le club fermé des hypercars de piste, la Apollo EVO affiche la couleur : pas de turbo, pas d’hybridation, mais un V12 atmosphérique de 800 ch niché derrière le cockpit. Signée Apollo Automobil, petite marque allemande, cette machine se présente comme une réponse radicale à la vague d’hypercars hybrides et électriques qui déferle sur le marché.
Un V12 brut face aux hypercars hybrides
Derrière ce nom, on trouve un coupé extrême taillé pour le chrono : 6,3 litres, 0 à 100 km/h annoncé en 2,7 secondes et vitesse de pointe annoncée à 335 km/h. L’EVO n’est pas prévue pour la route ouverte, mais pour des journées circuit privées, où quelques clients pourront exploiter sans filtre sa mécanique brutale. Au centre du projet, il y a ce V12 développé à partir d’un bloc Ferrari F12, entièrement retravaillé par les ingénieurs de HWA AG, connus pour leurs programmes de course. La mécanique grimpe à près de 8 500 tr/min et délivre autour de 765 Nm de couple, sans le moindre moteur électrique en renfort : uniquement de l’essence, des pistons et un énorme appétit de tours. La puissance passe aux seules roues arrière via une boîte séquentielle à six rapports fournie par Hewland, commandée par des palettes au volant. Pas de double embrayage sophistiqué ni de mode automatique, l’EVO mise sur des sensations de voiture de course. Les pneus Michelin Pilot Sport Cup 2 peuvent laisser place à des slicks et un kit de freins acier spécifiquement pensé pour la piste.
Châssis carbone et aérodynamique spectaculaire
Sous la carrosserie ajourée se cache une
monocoque en fibre de carbone d’environ 165 kg,
annoncée 10 % plus légère et 15 % plus rigide que celle de
l’Apollo
Intensa Emozione. L’ensemble permet de contenir le poids autour
de 1 300 kg. La carrosserie dite squelettisée, composée de
plus de 75 éléments en carbone, travaille avec un aileron arrière
hydraulique pour générer jusqu’à 1 350 kg d’appui.
À haute vitesse, cette combinaison produit plus
d’appui que le poids de l’auto, de quoi encaisser des
vitesses de passage en courbe dignes d’un prototype
d’endurance. Le premier exemplaire, baptisé Caribbean
Dragon, pousse loin le registre du détail : échappement
titane imprimé en 3D en 123 heures capable de supporter 1 000 °C et
peinture bicolore demandant plus de 1 000 heures de travail à elle
seule.
L’Apollo EVO ne sera produite qu’à dix
exemplaires, chacun facturé environ 3,3 millions de dollars, soit
près de 3 millions d’euros. Tous sont réservés à un usage circuit
strict, sans homologation route possible. Dans ce genre de
programme, la voiture s’accompagne d’un package de
services : stockage dédié, équipe d’ingénieurs lors des
track-days et logistique pour déplacer l’auto de circuit en
circuit.
Alors que les concurrentes les plus en vue combinent moteurs thermiques, batteries et turbos, comme les Mercedes-AMG One ou Aston Martin Valkyrie, l’EVO se concentre sur une expérience 100 % thermique, bruyante et exigeante. Dans le contexte des normes environnementales et de l’électrification généralisée, cette hypercar V12 atmosphérique fait figure de rareté, destinée à marquer une parenthèse très limitée dans le temps.














