BMW M2 vs Audi RS 3 : laquelle est vraiment la plus redoutable sur circuit ?
La BMW M2 et l’Audi RS 3 s’affrontent sur circuit dans un duel entre propulsion et transmission intégrale. Mais les chronos réalisés par les essayeurs réservent quelques surprises...
Dans le petit monde des compactes ultra-sportives, le duel entre la BMW M2 et l’Audi RS 3 est devenu la question que se posent tous les fans de track-days. Coupé propulsion contre berline quattro, six cylindres contre cinq cylindres, et maintenant une série spéciale Audi annoncée comme taillée pour le circuit.
Les chronos sur circuit réservent quelques surprises
Les derniers comparatifs chronométrés par nos confrères allemands de Auto Motor und Sport, du Hockenheimring à des pistes d’essais privées, commencent pourtant à dessiner une tendance nette. Sur la piste sèche, chronos et mesures instrumentées placent globalement la M2 devant, même face à la RS 3 la plus affûtée, tout en laissant à l’Audi un domaine de prédilection bien à elle. Selon les mesures effectuées par nos confrères sur le Hockenheimring, une M2 G87 parfaitement de série, en propulsion et sans pack piste, a tourné deux secondes plus vite que la RS 3 competition limited. Les deux voitures passent de 0 à 100 km/h en 3,8 s, mais les 480 ch de la BMW finissent par faire la différence : à 250 km/h, elle a presque six secondes d’avance. Elle signe aussi une meilleure vitesse en slalom, freine plus court et ses amortisseurs adaptatifs sont jugés nettement plus confortables. Sur d’autres circuits, la même musique se répète. Sur le Nürburgring, la M2 boucle un tour environ 0,6 s plus vite qu’une RS 3 Performance Edition, et au Contidrom l’écart grimpe à environ 1,5 s à l’avantage de la BMW. Exception notable : sur la Nordschleife, la RS 3 actuelle a signé un temps d’environ 7 min 33 s, soit cinq secondes devant un M2 chronométré autour de 7 min 38 s, dans un contexte record très optimisé.
Deux philosophies de conduite radicalement opposées
La M2 reste une vraie propulsion de caractère. Les essayeurs
décrivent une auto pour conducteurs conscients de
ce qu’ils font : si l’on rouvre les gaz trop tôt ou trop fort,
l’arrière se déleste et part en dérive. En contrepartie, celles et
ceux qui jouent finement avec l’accélérateur et le volant profitent
d’un train arrière très précis, soutenu par une M Traction
Control réglable sur dix niveaux pour apprivoiser
progressivement la limite. L’Audi RS 3 competition
limited, elle, mise sur l’efficacité immédiate. Son
quattro doté d’un torque splitter offre une motricité
impressionnante en sortie de courbe et permet de mettre plein gaz
très tôt, ce qui met en confiance des conducteurs moins
expérimentés. Le poids plus porté sur l’avant peut amener du
sous-virage si l’on force l’entrée de virage, mais les essayeurs
considèrent cette édition comme la RS 3 la plus
expressive et la plus efficace en appui
de toute la lignée.
La competition limited cumule arguments techniques et image :
combinés filetés spécifiques, nombreux éléments en carbone,
échappement plus sonore, freins céramique à l’avant et pneus Cup
Pirelli P Zero R. Le tout pour une série limitée à 750 exemplaires,
dont le tarif dépasse les 100 000 € sur certains marchés. Lors du
test de référence, son prix de base dépassait de plus de 22 000 €
celui d’une M2, alors même que la BMW se montrait plus rapide, plus
confortable et un peu moins gourmande en carburant.
Dans cette configuration, la RS 3 convient bien à un conducteur qui veut une voiture très rapide, rassurante et utilisable au quotidien, avec la possibilité d’aller en journée circuit sans sueurs froides, surtout sur sol humide. La BMW M2 vise plutôt les pistards réguliers, prêts à travailler leur trajectoire et leur dosage des gaz pour exploiter son potentiel. Et BMW propose déjà une M2 à quatre roues motrices, avec d’autres variantes encore plus extrêmes à venir, ce qui ne fera qu’accentuer son avantage sur piste pure.














