BMW M2 : la moitié des Américains choisissent encore la boîte manuelle
Alors que la boîte manuelle disparaît peu à peu, aux États-Unis, elle équipe encore une BMW M2 sur deux, au grand bonheur des puristes.
Les boîtes auto ont gagné la bataille des chiffres, mais sur la BMW M2, une poignée d’irréductibles refuse de lâcher le levier. Sur le marché américain, environ la moitié des coupés sportifs vendus roulent encore avec une boîte manuelle à 6 rapports. Une anomalie statistique qui en dit long sur ce que les passionnés attendent encore d’une sportive.
La M2, dernier bastion de la boîte manuelle
Dans le reste de la gamme M, la tendance est tout autre : la M3 et la M4 n’afficheraient qu’un taux voisin de 20 % de ventes en manuel. Les Américains qui cochent l’option 6 rapports sur la M2 acceptent donc une voiture un peu moins rapide, parfois moins pratique au quotidien, pour une expérience différente. Sur la génération actuelle M2 G87, la part de versions 6 rapports dépasse la barre symbolique des 50 % aux États-Unis. Ce score arrive dans un pays où la boîte mécanique ne représente plus qu’une fraction des immatriculations neuves, écrasée par les automatiques et les SUV familiaux. La petite M2 devient ainsi une sorte de refuge pour ceux qui veulent encore participer activement à la conduite. Techniquement, rien n’incite pourtant à choisir la manuelle plutôt que l’automatique M Sport Steptronic à 8 rapports : cette dernière est plus rapide sur l’exercice du 0 à 100 km/h et facturée au même tarif outre-Atlantique. La boîte mécanique reste réservée aux versions propulsion, ce qui renforce encore son image de choix assumé par les conducteurs les plus impliqués.
BMW M prend au sérieux le retour des puristes
Ceux qui optent pour la M2 manuelle ne
cherchent pas le meilleur chrono, mais une connexion plus directe à
la voiture. Le levier, la pédale d’embrayage, le régime moteur à
gérer soi-même transforment chaque trajet en petit rituel, y
compris dans les embouteillages. Pour beaucoup, c’est aussi une
façon de se démarquer d’une offre automobile
devenue très homogène et très assistée. S’ajoute une dimension
presque patrimoniale. La M2 actuelle est
pressentie comme le dernier modèle M 100 % thermique et sans
hybridation lourde, avec une production annoncée jusqu’à la fin de
la décennie. Certains acheteurs misent déjà sur la
rareté future des versions 6 rapports, vues comme des futures
pièces de collection, capables de mieux tenir la cote que les
automatiques à long terme.
Face à cet engouement inattendu, BMW M a
clairement pris note. Son patron Frank van Meel
évoque "un amour énorme pour la boîte manuelle aux
États-Unis" et cite le taux de la M2 pour justifier une
nouvelle série limitée : la
M3 CS Hanschalter, dotée d’une boîte 6 rapports et réservée aux
marchés américain et canadien, dont la petite production se serait
écoulée presque immédiatement.
Dans la gamme actuelle, seules les M2, M3 et M4 s’offrent encore avec pédale d’embrayage, les autres BMW performantes étant passées à l’automatique. La marque promet de maintenir cette option manuelle jusqu’à la fin de la décennie, portée en grande partie par l’appétit du marché américain.














