Ferrari relève ses prévisions après un trimestre meilleur que prévu
Après un trimestre supérieur aux attentes, Ferrari relève ses objectifs 2026. Entre F80, personnalisations et Luce électrique, les coulisses intriguent les marchés.
Ferrari relève légèrement sa barre pour 2026 après un troisième trimestre qui a fait mieux que les prévisions. Le constructeur italien profite d’un mélange très haut de gamme entre supercars à plusieurs millions d’euros, finitions sur mesure et arrivée de sa première Ferrari Luce 100 % électrique.
Des profits en hausse avec moins de Ferrari livrées
Derrière cette annonce, la hausse des objectifs reste mesurée, mais le message est clair : la demande suit, même dans un contexte économique plus incertain. La marque de Maranello montre qu’elle peut faire progresser ses profits en misant sur la rareté et l’exclusivité, au moment où elle entre dans l’ère électrique sans renoncer à son positionnement ultra luxe. Sur le trimestre juillet-septembre, Ferrari affiche un chiffre d’affaires net d’environ 1,896 milliard d’euros, en hausse de 7 % sur un an, soit 10 % à changes constants. L’EBITDA (Excédent Brut d'Exploitation) ajusté grimpe à 753 millions d’euros, soit +12 %, au dessus du consensus d’analystes qui l’attendait à 739 millions. À Wall Street, le bénéfice par action atteint 2,78 dollars, nettement au dessus des 2,32 dollars anticipés, avec des revenus autour de 2,15 milliards de dollars contre 1,90 milliard prévu. En Bourse, l’action a d’abord effacé ses pertes avant de gagner jusqu’à près de 4,7 % dans l’après-midi à Milan. Ce surcroît de rentabilité ne vient pas d’un boom des volumes. Ferrari a livré 3 368 voitures sur le trimestre, soit 33 de moins qu’un an plus tôt, le temps de faire la transition entre anciennes et nouvelles gammes. Le mix produit joue en revanche à plein : les ventes de la supercar F80, facturée environ 3,6 millions d’euros l’unité et produite en série limitée, ont nettement dopé le trimestre, illustrant la stratégie "moins de voitures, mais beaucoup plus chères".
Un signal plus symbolique que massif
Pour 2026, Ferrari vise désormais un EBITDA
ajusté d’au moins 3 milliards d’euros, contre un
plancher précédent situé à 2,97 milliards. L’écart paraît mince,
mais il confirme la confiance de la direction dans
sa capacité à faire progresser les marges. Le groupe table aussi
sur une génération de free cash flow industriel pouvant atteindre
1,65 milliard d’euros. Plusieurs analystes jugent que ce relèvement
reste globalement en ligne avec ce qu’attendait le marché, ce qui
explique en partie la volatilité du titre après la
publication. Les moteurs de cette hausse d’objectifs sont bien
identifiés : personnalisation plus forte qu’anticipé, portée par la
famille 296 Speciale, effets de change un peu moins défavorables et
image renforcée par la deuxième place actuelle de Ferrari au
championnat de Formule 1. Cette recette repose toutefois de plus en
plus sur les options à forte valeur ajoutée et les
programmes sur mesure. Si l’appétit des clients pour ces
configurations extrêmes devait se calmer ou si le marché du luxe
marquait une vraie pause, la marge de manœuvre pour surprendre
encore à la hausse serait plus limitée.
La grande nouveauté se joue côté électrique. La Ferrari
Luce, première Ferrari entièrement à batterie, affiche une
demande immédiate : toutes les ventes planifiées pour 2027 sont
déjà allouées, alors que les premières livraisons aux clients
doivent commencer au quatrième trimestre 2026. Des essais médias et
clients sont prévus au début de 2027 pour entretenir l’intérêt
autour du modèle. Le carnet de commandes global de
la marque s’étire désormais jusqu’en 2028, signe d’une visibilité
rare dans l’automobile.
"Nous voyons que notre portefeuille de commandes est sain", a assuré Benedetto Vigna, directeur général de Ferrari, qui dit ne constater aucun impact des tensions géopolitiques sur l’appétit de la clientèle. Cette traction autour de la Luce valide le choix d’un électrique très exclusif plutôt que d’un modèle de volume. Les investisseurs gardent toutefois un œil sur la suite : les programmes EV exigent des investissements lourds, qui tirent à la hausse les amortissements, tandis que les coûts liés au programme sportif augmentent. Ferrari n’a pas encore détaillé sa trajectoire au delà de 2026, notamment pour 2027, ce qui laisse ouvertes les questions sur le niveau de marge à l’ère des Ferrari électriques.














