Alan Jones est décédé : retour sur la carrière du champion du monde F1 1980
Alan Jones n'est plus. Celui qui fut sacré Champion du monde de Formule 1 avec Williams en 1980 s'est éteint à l'âge de 80 ans. Sport Auto lui rend hommage en retraçant les grande heures de sa carrière au plus haut au niveau de la course.
Décédé le 5 novembre 2026 à 80 ans, Alan Jones restera comme l'un des grands noms du sport automobile australien et le premier pilote à avoir offert un titre mondial de F1 à Williams, il y a presque un demi-siècle.
Alan Jones : Autriche 1977, un premier succès qui en appelle d'autres
Né le 2 novembre 1946 à Melbourne, Jones
grandit dans une famille passionnée par la course. Son père,
Stan Jones, est lui-même un pilote reconnu en
Australie. Après ses premières expériences dans son pays natal,
Alan rejoint l'Europe à la fin des années 1960
pour tenter de passer pro. Malgré des moyens financiers limités, il
progresse en F3 et attire l'attention parmi le
cercle fermé de la Formule 1. Il fait ses débuts dans la
discipline en 1975 avec Hesketh, avant de passer chez
Hill puis Surtees, deux
formations fondées par les anciens champions du monde Graham (Hill,
1962 sur BRM et 1968 avec Lotus) et John (Surtees, 1964 sur
Ferrari). Mais c'est avec Shadow, en 1977, qu'il
décroche sa première victoire en Grand Prix, en
Autriche.
Un succès qui lui ouvre les portes d'une équipe appelée à jouer un
rôle majeur dans sa carrière : Williams. En 1978,
Jones participe à la montée en puissance de la jeune équipe
co-fondée et dirigée par Frank Williams et Patrick
Head. La saison suivante est celle des premières
consécrations...
Alan Jones : la consécration avec Williams, le déclin avec Lola-Haas
Si l'honneur du premier succès de l'écurie britannique revient à
Clay Regazzoni à Silverstone, l'Australien y
ajoute quatre autres victoires et termine
troisième du championnat du monde derrière le duo
de Ferrari, Jody Scheckter et Gilles
Villeneuve dont la
312 T4 s'est muée en référence de la saison, le pilote sud-africain
scellant la couronne au prix d'un mémorable doublé devant des
tifosi déchaînés à Monza. Mais Williams est dans
la place en vue de 1980, contrairement à la Scuderia dont
la T5 va précipiter la chute vertigineuse.
Au
volant de la FW07B, Jones domine alors une partie
de la campagne et remporte cinq courses en
Argentine, France, Grande-Bretagne, Canada et États-Unis. Il finit
par décrocher la timbale, devenant le deuxième
Australien à réussir pareil exploit après Jack
Brabham, sacré en 1950, 1960 et 1966.
Williams l'emporte également chez les
Constructeurs, une autre première.
En 1981, Jones remporte deux nouvelles courses et termine
troisième d'un championnat qui échappe sur le fil à
Williams et Carlos Reutmann au terme d'une
finale de sinistre mémoire sur le
sinistre circuit du Caesars Palace de Las
Vegas, quatre décennies avant le retour de la F1 sur le
Strip du Nevada. Usé par les rivalités en
interne, Jones décide de ranger son casque.
Alan Jones : au panthéon du sport automobile australien
Il sortira pourtant de sa retraite à plusieurs
reprises, d'abord pour une anonyme pige avec
Arrows à Long Beach en 1983, puis fin
1985 et durant 1986 avec le team Lola-Haas. Une
ultime saison soldée par... 12 abandons en 16
courses au volant d'une Lola à moteur Cosworth
fragile comme du verre.
Outre la F1, où il compte
12 victoires et 24 podiums, Jones a brillé dans
d'autres disciplines. Il a remporté notamment le
championnat Can-Am en 1978 et le
championnat australien Sports Sedan et GT
en 1982. Il s'est aussi en endurance, avec une victoire aux
12 Heures de Bathurst 1993 sur une Mazda
RX-7.
Il compte également plusieurs participations
aux 1000 km de Bathurst. Une fois le casque
raccroché, il s'est reconverti comme consultant à la
télévision, où son franc-parler et sa longue expérience
ont fait merveille. La Rédaction de Sport
Auto adresse à la famille et aux proches d'Alan
Jones, introduit au panthéon du Sport Australia Hall of
Fame en 1985, ses plus sincères
condoléances.
















