Le V8 HEMI fait un retour en force : Stellantis vise plus de 100.000 moteurs d’ici 2026
En 2025, Stellantis a sous-estimé la soif du V8 HEMI, provoquant pénuries et frustration jusqu’en France. Pourquoi le groupe vise-t-il désormais plus de 100 000 moteurs en 2026 ?
On le croyait enterré par les normes et les moteurs downsizés : le mythique V8 HEMI prépare un retour en trombe. Aux Etats-Unis, le groupe Stellantis s'apprête à relancer massivement ce bloc emblématique, alors qu'il avait commencé à lui préférer un six cylindres plus sobre. Sauf que la demande des pick-up et SUV américains a déjoué les plans...
V8 HEMI : de la pénurie à plus de 100.000 moteurs en 2026
En 2025, environ 50 000 commandes de véhicules
HEMI ont été enregistrées, pour seulement quelque
30.000 moteurs produits, créant une pénurie artificielle, puis plus
de 10 000 commandes de Ram 1500 HEMI en seulement
24 heures lors de l'annonce de son retour. De quoi
contraindre le constructeur à revoir très vite sa copie.
À l'origine, le V8 devait céder la place au six cylindres biturbo
Hurricane, plus moderne et moins gourmand, sur les
pick-up Ram et certains Jeep haut de gamme. Les deux
moteurs sortent pourtant de la même usine de Saltillo, au Mexique,
ce qui a vite saturé la capacité dès que les commandes ont explosé
des deux côtés.
Tim Kuniskis, patron de Ram, assume désormais ce
virage : "Cette année, nous allons dépasser les 100 000",
a-t-il indiqué à nos confrères chez Mopar Insiders,
"Nous allons donc commencer à nous rapprocher de ce que la
demande réelle des consommateurs est pour ce moteur."
L'objectif représente plus du triple des quelques 30 000 V8 HEMI
assemblés l'an passé, quand seule une partie a réellement été
livrée en concession.
Un pari assumé : 35 % de clients visés pour le HEMI
Pour le dirigeant, 2026 servira surtout de test grandeur nature
: "Donc, 2026 va vraiment révéler quel est le véritable mélange
entre les T6 et les HEMIs", explique-t-il, "parce que je suis
convaincu que le T6 est un excellent moteur. Lorsque vous les
conduisez l'un après l'autre, le taux de prise du HEMI sera
peut-être de 35 % environ."
Certains jugent ce chiffre
trop optimiste, d'autres le trouvent "beaucoup trop bas",
reconnaît-il. Pour justifier ce retour en force, Tim
Kuniskis insiste sur l'importance de laisser le client
décider. "[Les clients] étaient déçus que nous ne leur donnions
pas le choix. Les gens détestent ne pas avoir de choix",
explique-t-il.
Pour tenir la cadence, Stellantis
ajuste son outil industriel. L'usine de Saltillo, au Mexique,
assemble les HEMI de 5,7, 6,4 et 6,2 litres aux côtés du six
cylindres Hurricane, ce qui a provoqué des goulets
d'étranglement et même des interruptions pour des Jeep afin de
privilégier le Ram 1500.
Le groupe étudie l'ajout de capacités HEMI dans d'autres sites
nord-américains, tandis que ce come-back profite aux importateurs
français, qui voient arriver plus de pick-up et SUV V8 sur un
marché déjà très taxé...














