Essai - Volkswagen Golf GTI Edition 50 (2026) : noces d'or pour la der des der ?
A 50 ans, on sait que la plus belle partie du chemin est derrière nous. On a connu des jours meilleurs. Sauf pour la Volkswagen Golf GTI Edition 50, la plus puissante de sa longue lignée, qui souffle ses cinquante bougies, hélas sous la pluie...
C'est du Volkswagen pur jus. Pas une once d’excentricité, juste ce qu’il faut d’artifices pour signaler le pedigree de cette version spéciale, et une recette simple à savourer : celle de la compacte avec des chevaux facile à vivre. Ce ne sont pas les monogrammes sur les flancs du becquet, les ceintures rouges, le toit noir ou la teinte Dark Moss Green de notre modèle d’essai qui aideront à la distinguer d’une GTi lambda.
Volkswagen Golf GTI Edition 50 : les GTi sont mortes, ou presque...
C’est dommage car l’Edition 50 est peut-être la dernière de son
espèce, et, en tant que telle, elle eût mérité un traitement de
faveur. Les GTi sont mortes, ou presque, et avant de vous affirmer
qu’une A290 GTS, une Ypsilon HF ou une Abarth 600e sont les dignes
héritières des Mégane R.S., Civic Type R et Focus ST, il y a un pas
un peu trop grand, même pour mes guiboles.
A ce stade, deux options : regretter cette extinction de masse ou
se réjouir que si peu de dinosaures aient survécu. Faisons le choix
des deux et revenons à nos moutons. L’Edition 50 est trop timide,
c’est un fait, mais elle a toute sa place dans Sport Auto.
Raison numéro 1 : c’est la plus puissante des Golf GTI avec ses 325
ch, soit 25 de plus qu’une Clubsport.
Raison numéro 2 : c’est la plus véloce des GTi sur la Nordschleife.
Enfin, des Golf GTI car la Civic Type R, avec son chrono de
7’44”881, devance l’Edition 50 (7’46”13) de quelques « pouillèmes
». Raison numéro 3 : c’est la seule de la gamme à pouvoir être
équipée du pack GTI Performance (4 050 €), qui adjoint au
silencieux en titane Akrapovic les services de jantes forgées
Warmenau (de 19 pouces) et de trains roulants durcis (fermeté des
ressorts accrue de 20 %) ainsi qu’une garde au sol minorée de 5 mm
par rapport à la GTI normale.
Et pour que vous vous fassiez quelques ennemis pendant les track
days, les semi-slicks Bridgestone Potenza Race font aussi partie de
cette panoplie optionnelle. Sans évoquer une chasse drastique C’
aux kilos, félicitons Volkswagen, qui a choisi des éléments plus
légers (-3,3 kg par roue forgée, -1,2 kg par pneu) pour la plus
pistarde de ses GTI.
Certes, la R et ses 333 ch est plus performante mais pas plus
rapide sur la Boucle nord, la version anniversaire « 20 ans » (en
2022) ayant fini le tour en 7’47”31. L’écart officiel est faible,
mais entre-temps, le parcours a changé, le nouveau tracé ajoutant
près de 200 m. A distance équivalente de la R, la GTI Edition 50 a
réalisé 7’41”27. Alors, même si elle manque de sex-appeal à notre
goût, il est grand temps de s’installer à bord de la plus énervée
des « véwé ».
Volkswagen Golf GTI Edition 50 : statu quo ?
« Ça me dit vaguement quelque chose, cet habitacle », plaisante
Laurent. O.K., les sièges avec des liserés apportent un brin de
nostalgie et l’on apprécie le fait que le volant, depuis le
restylage, ait retrouvé des commandes physiques, mais la
présentation est chaleureuse comme une brochure du K.G.B. et
naviguer entre tous les menus n’est pas toujours aisé.
La Golf peut s’enorgueillir d’une finition au cordeau, sans faute
de goût ni plastique bas de gamme. Le démarrage de l’EA888, ce 2
litres turbo qui en est à sa quatrième génération, fait naître un
léger sourire. La signature acoustique du titane, avec un peu
d’écho métallique, égaie mais aurait pu être plus
démonstrative.
Bon, assez tergiversé, allons rouler et profiter de ces liaisons au
sol durcies du pack GTI Performance. Les bras inférieurs des
MacPherson avant sont reliés à l’essieu par des silentblocs plus
durs, gage de plus de réactivité. A l’arrière, amortisseurs et
ressorts sont toujours dissociés, mais les ancrages des premiers
sont plus raides.
De plus, les porte-moyeux postérieurs sont aussi plus rigides, pour
davantage de réactivité et de neutralité dans les changements
d’appui. Car si l’Edition 50 est la Golf traction la plus puissante
jamais produite, n’allez pas croire que cette version anniversaire
est une Mégane R.S.
Trophy d’outre-Rhin. Quelques tours sur la piste totalement
détrempée de Castellolí, à une soixantaine de kilomètres au
nord-ouest de Barcelone, ont confirmé ce que nous savions déjà : la
Golf a eu mention très bien au bac de l’efficacité et de la
rigueur. Les gommes tendres Potenza Race réalisent un boulot
remarquable au vu des conditions, avec deux bémols : comme toute
gomme semi-slick, la limite d’adhérence n’est pas simple à cerner
et les relances des portions lentes doivent être tempérées, le
train avant élargissant, sans fourberie, sa trajectoire.
Impossible, avec cette météo exécrable, de jauger du potentiel sur
piste de l’Edition 50, qui m’a l’air de se comporter de façon tout
à fait identique à la GTI Clubsport, supertestée il y a quelques
numéros (voir SA no 764). Direction les pourtours de
Montserrat pour s’assurer que cette compacte n’est pas qu’un coup
marketing.
Volkswagen Golf GTI Edition 50 : la der des der
Honnêtement, les 25 ch supplémentaires sont imperceptibles. Ce
n’est pas une surprise, pas davantage qu’une tare, car si le 4
cylindres manque de caractère, il faut reconnaître qu’il excelle
dans sa propension à raccourcir les distances. Pour rappel, ce
bloc, alors en configuration 300 ch dans la Clubsport, nous avait
gratifiés d’un honorable 24”5 au 1 000 m D.A., comme un Z3 M.
Mais à l’inverse du roadster BMW, les relances sont expéditives,
voire punitives, surtout pour les Bridgestone, qui ne tolèrent pas
plus le goudron routier catalan que le tarmac du circuit. La
frustration est énorme car en dépit de pertes de grip bien trop
précoces, on sent le potentiel conjoint des gommes japonaises et du
train avant peaufiné.
Les passages en courbe se font à des allures que nombre d’autos
seraient incapables de tenir sur le sec, mais la direction peine à
renseigner en temps réel sur ce qui se passe sous les roues avant.
« T’as vu ce qu’il flotte ! » justifie le photographe. A raison.
Désolé pour l’essai au rabais, mais la GTI Edition 50 aurait mérité
plus de clémence de la part de Thor.
Sur le mouillé, l’autobloquant à pilotage électronique génère des
décrochages assez brusques. Ça tient, ça tient, mais quand ça ne
tient plus, c’est mieux si la voie d’en face est libre. On se
console avec des freins qui mordent fort et endurent les
sollicitations. On se réjouit de retrouver l’amortissement piloté
DCC (de série), lequel offre un éventail d’ajustements qui ravira
les metteurs au point dans l’âme, même si les derrières sensibles
pesteront contre une compression sèche, y compris en mode
Confort.
Heureusement, dès qu’on laisse parler la poudre, la suspension
gagne en cohérence, verrouille correctement les rebonds, bride
décemment le roulis et permet de se faire plaisir sans se désunir.
La boîte DSG est moins à la fête.
Volkswagen Golf GTI Edition 50 : en Auto, elle traîne la patte et en Manuel, ce n’est guère mieux !
Il faut dire que les petites palettes en plastique, solidaires
du volant, n’ont toujours pas mon affection. Facturée plus de 57
000 €, hors options et malus de 30 624 €, l’allemande va flirter
avec les 90 000 €, ce qui réduit fortement son espérance de percer
sur notre marché. Est-elle une Clubsport bis ?
Notre prise en main, vous l’avez compris peu objective en raison
des conditions, tend à l’affirmer. Mais est-ce un reproche ? Pas du
tout. On achète une Golf GTI pour ça : prendre le volant d’une
compacte B.C.B.G., facile à cerner, sans défaut rédhibitoire et
capable, de temps à autre, de faire quatre tours de piste.
Néanmoins, dans ce monde où tout bouge trop vite, et pas forcément
dans la bonne direction, impossible de ne pas ressentir un peu de
nostalgie. Et si c’était la dernière vraie Golf GTI ? Sans
électrification, sans ordinateur central qui vous intime de baisser
votre consommation. Il nous tarde alors d’en reprendre le volant,
aux beaux jours, avec une seule envie : vérifier que si c’est son
baroud d’honneur, la Golf GTI quittera la scène de la meilleure des
façons.
Vous dire que oui, les 2° de carrossage négatif à l’avant, liés au
pack GTI Performance (1,3° sans), ont une réelle incidence dans le
placement de ce train frontal qui a fait des merveilles sur le
Nürb’. Vous confirmer que les 25 ch grappillés affolent encore plus
le chrono et que ce 2 litres EA888, à défaut d’être le plus
volubile de la catégorie, est bel et bien un moteur recommandable.
Vous rappeler enfin, si vous ne le saviez pas déjà, que si les GTI
sont trop édulcorées aux yeux de beaucoup (dont les nôtres), ce
badge est celui qui fit naître tant de passion automobile
L'avis de Sylvain Vétaux : 4/5
Ces conditions d’essai trop particulières ne nous permettent pas de dresser un bilan objectif. Sans surprise, l’Edition 50 semble être avant tout une Golf GTI, avec tout ce que cela implique en matière de polyvalence, de performance et d’efficacité. Une prise en main sur le sec confirmera (on l’espère) la bonne impression laissée par ces liaisons au sol revues.
Volkswagen Golf GTI Edition 50 : fiche technique
- Moteur : 4 en ligne, turbo, 16 S
- Cylindrée : 1 984 cm3
- Puissance maxi : 325 ch à 6 500 tr/mn
- Couple maxi : 42,8 mkg à 2 000 tr/mn
- Transmission : roues AV, 7 rapports à double embrayage
- Antipatinage : de série déconnectable
- Autobloquant : de série piloté
- Poids annoncé : 1 470 kg (1 445 kg avec pack GTI Performance)
- L - l - h : 4 292 - 1 789 - 1 471 mm
- Empattement : 2 628 mm
- Pneumatiques : 235/40 R 19
- Prix de base : 57 100 €
- Prix des options/malus : 6 830/30 624 €
- Prix du modèle essayé : 94 554 € (malus compris)
- V. max. : 270 km/h
- 0 à 100 km/h : 5”3
Retrouvez notre essai de la Volkswagen Golf GTI Edition 50 dans le Sport Auto n°770 du 27/02/2026.















