McLaren va investir 675 millions de dollars pour doper sa production au Royaume-Uni

Publié le 16 septembre 2026 à 12:30
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En misant 675 M$ sur ses usines britanniques et un premier SUV de performance, McLaren joue son redressement. Reste à voir jusqu’où ce pari peut transformer la marque et l’industrie auto du Royaume-Uni.

McLaren Automotive annonce un vaste plan d’investissement dans ses usines, accompagné d’un projet symbolique : son tout premier SUV de performance, pensé pour muscler sa présence sur le très lucratif marché du haut de gamme.

McLaren investit 675 millions de dollars au Royaume-Uni

Au total, McLaren va injecter 500 millions de livres, soit environ 675 millions de dollars, dans sa capacité de production et d’ingénierie au Royaume-Uni. Un virage assumé après plusieurs années de pertes, une restructuration douloureuse et l’arrivée d’un actionnaire principal venu d’Abou Dhabi. Le plan d’investissement vise d’abord les briques très concrètes de la chaîne de production. McLaren prévoit une nouvelle usine d’assemblage au Royaume-Uni et le renforcement de son McLaren Production Centre de Woking, de son site de composites près de Sheffield et de son centre de création à Bicester. Andy Burnham, responsable politique britannique, salue ainsi un constructeur qui : "renforce ses positions en Grande-Bretagne". À la clé, 1 000 emplois directs et indirects annoncés d’ici 2032, avec un possible doublement de la main-d’œuvre industrielle de McLaren au Royaume-Uni. L’entreprise, qui emploie plus de 2 500 personnes, compte aussi sur un effet d’entraînement pour ses fournisseurs. Un signal positif alors que d’autres groupes automobiles réduisent leurs usines ou leurs effectifs.

Le SUV, nouveau moteur de croissance de McLaren

Dans ce plan, le futur SUV McLaren tient le premier rôle. Ce modèle encore secret doit ouvrir la marque à de nouveaux clients, ceux qui veulent une voiture très haut de gamme mais utilisable en famille, comme l’ont fait les Lamborghini Urus, Ferrari Purosangue ou Bentley Bentayga. Nick Collins, directeur général de McLaren Automotive, promet un SUV "à la manière de McLaren", avec quelque chose "d’unique au segment". Déficitaire, McLaren doit croître pour baisser ses coûts et respirer. Son directeur des opérations Michael Straughan vise des marges comparables à celles de Ferrari et admet : "Nous pouvons égaler les meilleurs, mais nous avons encore un long chemin à parcourir". Les ventes sont passées d’un peu moins de 3 300 voitures à environ 2 000 en un an, après le passage à une production uniquement sur commande. Le futur SUV doit relever ce volume sans sacrifier l’exclusivité.
Ce changement de cap est rendu possible par un nouvel actionnaire de poids : le fonds souverain L’IMAD d’Abou Dhabi, devenu principal propriétaire du constructeur. Il s’est engagé à investir 1,5 milliard de livres sur cinq ans dans McLaren : "Cet investissement nous donne la plateforme pour grandir, développer et renforcer ce qui fait notre singularité", souligne Nick Collins.
Une partie de cet investissement sera consacrée à la technique. McLaren souhaite notamment concevoir et produire en interne ses moteurs et ses boîtes de vitesses, avec au moins deux nouvelles motorisations hybrides déjà en préparation. En revanche, la marque ne semble pas pressée de passer au 100 % électrique : « Nous ferons un véhicule électrique quand nos clients nous le demanderont », affirme Nick Collins.

Un choix qui illustre la volonté de McLaren de privilégier les attentes de sa clientèle plutôt que de suivre à marche forcée la tendance du marché. Le futur SUV doit contribuer à augmenter les volumes et les revenus, tandis que les investissements dans la production et les nouvelles motorisations doivent permettre à McLaren de retrouver une trajectoire plus solide. Reste à voir si cette stratégie permettra à la marque de rivaliser durablement avec les références du très haut de gamme, tout en conservant l’exclusivité qui fait aujourd’hui sa réputation.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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