McLaren va investir 675 millions de dollars pour doper sa production au Royaume-Uni
En misant 675 M$ sur ses usines britanniques et un premier SUV de performance, McLaren joue son redressement. Reste à voir jusqu’où ce pari peut transformer la marque et l’industrie auto du Royaume-Uni.
McLaren Automotive annonce un vaste plan d’investissement dans ses usines, accompagné d’un projet symbolique : son tout premier SUV de performance, pensé pour muscler sa présence sur le très lucratif marché du haut de gamme.
McLaren investit 675 millions de dollars au Royaume-Uni
Au total, McLaren va injecter 500 millions de livres, soit environ 675 millions de dollars, dans sa capacité de production et d’ingénierie au Royaume-Uni. Un virage assumé après plusieurs années de pertes, une restructuration douloureuse et l’arrivée d’un actionnaire principal venu d’Abou Dhabi. Le plan d’investissement vise d’abord les briques très concrètes de la chaîne de production. McLaren prévoit une nouvelle usine d’assemblage au Royaume-Uni et le renforcement de son McLaren Production Centre de Woking, de son site de composites près de Sheffield et de son centre de création à Bicester. Andy Burnham, responsable politique britannique, salue ainsi un constructeur qui : "renforce ses positions en Grande-Bretagne". À la clé, 1 000 emplois directs et indirects annoncés d’ici 2032, avec un possible doublement de la main-d’œuvre industrielle de McLaren au Royaume-Uni. L’entreprise, qui emploie plus de 2 500 personnes, compte aussi sur un effet d’entraînement pour ses fournisseurs. Un signal positif alors que d’autres groupes automobiles réduisent leurs usines ou leurs effectifs.
Le SUV, nouveau moteur de croissance de McLaren
Dans ce plan, le futur
SUV McLaren tient le premier rôle. Ce modèle encore
secret doit ouvrir la marque à de nouveaux clients, ceux qui
veulent une voiture très haut de gamme mais utilisable en famille,
comme l’ont fait les Lamborghini Urus, Ferrari
Purosangue ou Bentley Bentayga. Nick Collins,
directeur général de McLaren Automotive, promet un SUV "à la
manière de McLaren", avec quelque chose "d’unique au segment".
Déficitaire, McLaren doit croître pour baisser ses
coûts et respirer. Son directeur des opérations Michael
Straughan vise des marges comparables à celles de Ferrari
et admet : "Nous pouvons égaler les meilleurs, mais nous avons
encore un long chemin à parcourir". Les ventes sont passées
d’un peu moins de 3 300 voitures à environ 2 000 en un an, après le
passage à une production uniquement sur commande. Le futur SUV doit
relever ce volume sans sacrifier
l’exclusivité.
Ce changement de cap est rendu possible par un
nouvel actionnaire de poids : le fonds souverain L’IMAD d’Abou Dhabi, devenu principal
propriétaire du constructeur. Il s’est engagé à investir
1,5 milliard de livres sur cinq ans dans McLaren :
"Cet investissement nous donne la plateforme pour grandir,
développer et renforcer ce qui fait notre singularité",
souligne Nick Collins.
Une partie de cet investissement sera consacrée à la technique.
McLaren souhaite notamment concevoir et produire
en interne ses moteurs et ses boîtes de vitesses, avec au moins
deux nouvelles motorisations hybrides déjà en préparation. En
revanche, la marque ne semble pas pressée de passer au 100
% électrique : « Nous ferons un véhicule
électrique quand nos clients nous le demanderont », affirme
Nick Collins.
Un choix qui illustre la volonté de McLaren de privilégier les attentes de sa clientèle plutôt que de suivre à marche forcée la tendance du marché. Le futur SUV doit contribuer à augmenter les volumes et les revenus, tandis que les investissements dans la production et les nouvelles motorisations doivent permettre à McLaren de retrouver une trajectoire plus solide. Reste à voir si cette stratégie permettra à la marque de rivaliser durablement avec les références du très haut de gamme, tout en conservant l’exclusivité qui fait aujourd’hui sa réputation.














