Bugatti : c'est officiel, la firme alsacienne ne fait plus partie du groupe Volkswagen, vraiment ?
Après 30 ans sous l’égide de Volkswagen, Bugatti a changé de maison-mère. La firme alsacienne dépend majoritairement de Rimac.
C’est désormais officiel : Porsche a vendu ses participations dans Bugatti Rimac et Rimac Group. Une opération qui met un terme aux derniers liens capitalistiques directs entre le groupe Volkswagen et la marque de Molsheim, près de trente ans après le retour de Bugatti dans son giron sous l’impulsion de Ferdinand Piëch. Pour autant, Bugatti ne devient pas indépendante. La firme alsacienne poursuit son aventure sous le contrôle majoritaire de Rimac.
Porsche se retire totalement de Bugatti et Rimac
La transaction a été finalisée le 9 septembre après
avoir reçu l’approbation des autorités de régulation. Porsche récupère environ un
milliard d’euros grâce à cette vente. Dont 250 millions
d’euros sont déjà destinés à couvrir ses obligations de
retraite.
Le constructeur de Zuffenhausen
présente cette opération comme une manière d’optimiser son
portefeuille. Mais aussi de concentrer davantage ses
investissements sur son activité principale.
Mais cette décision possède surtout une forte dimension symbolique.
Elle clôt définitivement l’implication directe du groupe Volkswagen
dans Bugatti. Une histoire commencée en 1998 lorsque
Ferdinand Piëch avait acquis les
droits sur le nom de la prestigieuse marque française.
Cette même année, le groupe allemand avait également mis la main
sur Lamborghini et Bentley dans le cadre de son offensive sur le
marché automobile haut de gamme. Mais alors, qui possède
réellement Bugatti aujourd'hui ? Le montage capitalistique
de Bugatti mérite toutefois quelques explications.
Qui a qui, qui fait quoi ?
Depuis 2021, la marque de Molsheim est intégrée à la
coentreprise Bugatti Rimac. Lors de sa création, Rimac Group
détenait 55% de l'entité regroupant les deux marques. Contre
45% pour Porsche. Mais
le constructeur allemand possédait également, en parallèle, 20,6%
du capital de Rimac Group.
Porsche était donc présent directement dans Bugatti Rimac. Mais
aussi indirectement via une participation dans son actionnaire
majoritaire. C’est de ces deux participations que Porsche vient
désormais de se séparer.
Un consortium mené par HOF Capital, auquel participe
notamment BlueFive Capital, basé à Abu Dhabi, a repris les
parts jusqu’ici détenues par le constructeur allemand.
Concrètement, Porsche sort donc entièrement du capital de Bugatti
Rimac et de Rimac Group. Le groupe Volkswagen n’a ainsi plus de
participation directe dans la structure contrôlant la marque
alsacienne.
Cela ne signifie pas pour autant que la marque d'Ettore vole
désormais de ses propres ailes. Rimac Group conserve ses 55% de
Bugatti Rimac et reste donc son actionnaire
majoritaire.
Mate Rimac demeure par ailleurs PDG de l’entité et président de Bugatti Automobiles.
De la Veyron à la Bugatti Tourbillon, près de 30 ans d'histoire
L’aventure moderne de Bugatti reste indissociable de
Ferdinand Piëch. À la fin des
années 1990, l’ancien dirigeant du groupe Volkswagen
souhaitait faire renaître la marque autour d’un projet
automobile capable de repousser les limites de son
époque.
Cette ambition donnera naissance à la Veyron et à ses 1.001
chevaux. L’hypercar deviendra l’un des modèles
emblématiques des années 2000 et installera durablement
Bugatti parmi les constructeurs automobiles les plus
exclusifs.
Après la disparition de Ferdinand Piëch en 2019, la firme de Molsheim avait
d’ailleurs souligné le rôle déterminant joué par l’ancien patron
dans sa renaissance.
Le rapprochement avec Rimac en 2021 a ensuite ouvert un
nouveau chapitre. L’idée était alors de réunir le
savoir-faire de Bugatti en matière d’hypercars thermiques avec
l’expertise de Rimac dans les technologies électriques. Cette
nouvelle époque a notamment vu apparaître la Mistral, après la Chiron, puis
plus récemment la Tourbillon. Cette
dernière conserve un imposant V16 atmosphérique, associé à un
système hybride.
Bugatti poursuit donc une électrification différente de celle imaginée pour une hypercar entièrement électrique. Tout en conservant un moteur thermique au cœur de son modèle phare.
















